LeRomanais

Agir local, penser global. L’internet local à Romans-sur-Isère et ses environs (Drôme).

Archive for the ‘Environnement’ Category

Comment libérer des données publiques, concrètement ?

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Le canton de Bourg-de-Péage et du pays de Romans ont récemment édités un intéressant Guide de la vente directe, de la ferme à l’assiette (.pdf), qui présente et répertorie quelques 91 producteurs locaux de fruits, légumes, viande, etc. qui proposent des modalités de vente directe.

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Ce guide référence de très nombreux producteurs locaux, mais pas tous, et en les limitant à une circonscription administrative précise, qui ne correspond pas à nos bassins de vie, c’est-à-dire à la manière dont nous circulons sur le territoire. Le format sous lequel il est présenté, de surcroit, ne correspond pas vraiment, pour ma part, à la façon dont j’ai besoin de consulter ces informations : pour ma part, j’ai plutôt besoin d’une carte, avec des données que je puisse récupérer pour les agréger à mes propres cartes… Sur le site de l’Office de tourisme de Romans-Bourg-de-Péage, vous avez accès, via la cartographie, à l’ensemble de ces producteurs locaux, répertoriés sur une carte. Mais vous ne pouvez pas ajouter d’entrée, ni télécharger les données, ni agréger ces données à vos propres cartes. Et le moteur de recherche associé ne pointe pas sur la carte, mais uniquement sur les documents bruts du site : impossible par exemple d’accéder directement à une fiche ou à la carte en faisant une recherche.

La base de donnée des producteurs locaux devrait être libre et accessible aux citoyens comme bon leur semble. J’ai donc décidé, unilatéralement, de la libérer. Je suis persuadé qu’elle devrait intéresser de nombreux sites : sites de maisons de quartiers souhaitant promouvoir la production locale et pouvant donner accès autrement à une liste de producteurs locaux (les trois maisons de quartier de Romans proposent toutes des paniers d’Amap locales), sites d’écoles d’agriculture (Lycée horticole de Romans, MFR de Mondy et leurs nombreux sites satellites, comme l’excellent Un monde allant Vert) souhaitant utiliser ces données pour les mixer aux leurs et les compléter, sites de ces mêmes producteurs locaux, qu’ils soient référencés par les producteurs du coin ou de Ferme en Ferme ou pas (comme c’est le cas de la plupart des producteurs, qui ne sont pas référencés dans ces bases, ni toujours sur les PagesJaunes et qu’on trouve souvent au détour d’un panneau sur les routes qu’on parcours), simples citoyens désireux de contribuer à l’amélioration de ces données, au-delà de limites administratives fictives qui nous sont proposées, etc.

Comment faire ?
J’ai donc passé ce guide en tableur en utilisant Google Docs et notamment GoogleForm et GoogleSpreadsheet, les applications de Google permettant de créer très facilement des Formulaires en ligne et des bases de données.

Restait, une fois les données récupérées (via un simple mais patient copié-collé d’information – et oui, l’extraction de données publiques, c’est d’abord du copié-collé !), à géolocaliser les adresses. Et si cela peut être simple quand on a des données clairement référencées (avec des identités, des numéros, des noms de rues, un code postal précis), force est de constater qu’il est bien plus dur de géoréférencer des adresses en milieu rural où le quartier, le lieu dit, voir la seule identité du producteur fait office d’adresse. Les outils utilisables pour faire ce travail (comme BatchGeocode ou Click2Map – merci Loïc Haÿ et son WidgetOLab) produisent bien souvent des approximations. Cependant, ils ont également un avantage : celui de vous montrer les erreurs que vous avez fait dans la collecte des données.

Pour ma part, j’ai ajouté déjà 5 fiches au document originel : notamment celle du producteur de Pommes, pêches, cerises et abricots où je me fournis quasiment chaque semaine et qui n’était pas dans le guide. Et celles de quelques autres, qui n’entrent pas dans les limites administratives du guide, mais chez lesquels il nous arrive de passer (il n’y a que les administrations pour penser leurs limites avec des frontières étanches). Et je suis persuadé qu’il y en a encore beaucoup d’autres, qui ne sont pas indiquées dans les guides…

Ce qui est libéré !
Vous pouvez accéder au formulaire pour compléter le référencement. Voici le moteur de recherche qui permet de regarder si le producteur que vous souhaitez ajouté y est déjà. Et voici la base de donnée que vous pouvez réutiliser comme bon vous semble (disponible en de multiples formats .csv, Excel et OpenDocument si vous utilisez OpenOffice. La base est même disponible au format RSS pour surveiller les ajouts). Depuis la carte générée par BatchGeoCode (tout en bas de la page), on peut produire un fichier .kml que vous pouvez ensuite déverser dans n’importe quel outil générant de la cartographie Umapper par exemple ou Google Maps…).

Cette dernière carte, pour l’instant, n’est pas finalisée. Google Maps n’a pas sauvegardé toutes les données, notamment les regroupement par catégories tels qu’on les distingue ici. Pour qu’elle soit fonctionnelle, il faut corriger la mise en page et visiblement (hélas) rééditer à la main les catégories (fait)…

(et oui, c’est pas facile tout ces systèmes incompatibles entre eux).

Mais le but, désormais est que vous puissiez utiliser ces données pour tout autre chose : créer des graphes, les ajouter à d’autres données (par exemple sur un répertoire des commerces qui proposent des produits locaux, je ne sais pas), les mixer à d’autres données (on pourrait les combiner par exemple avec des images issues de Flickr pour faire qu’à chaque fiche corresponde une image piochée automatiquement dans la base de données géographique – il faut que j’essaie de faire cela avec un YahooPipes ! – je vous tiendrais au courant)…

Si vous souhaitez utiliser ces données, libre à vous, mais je vous serais reconnaissant de le faire savoir en commentaire.

Tout ça pour quoi ?
Tout ça pour mieux comprendre, concrètement, à ma modeste échelle, sans être programmeur, ni utiliser des outils de récupération de données évolués, ce vaste discours sur la libération des données publiques – duquel je participe. J’ai voulu, volontairement, prendre un exemple concret, précis, et voir ce qu’il était possible de faire.

On peut imaginer faire cela sur bien d’autres répertoires de données, à la manière de ce que font les gouvernements britanniques ou américains, ou ce que font des collectifs français comme Regards Citoyens.

Ce petit exemple montre en tout cas que l’exploration pratique dans les territoires n’est pas si simple. Que l’accès aux données (à des données fraiches, datées, à jour, complètes…) est compliqué. Et qu’il est même difficile d’imaginer ce qu’on peut en faire, concrètement. Comme le soulignait Benoït Thieulin de la Netscouade lors de l’Open Data Camp de janvier dernier : quelles sont les données qui sont exploitables ou disponibles dans de multiples autres domaines que le tourisme ou le transport, qui sont souvent les secteurs les plus structurés par les données ? Quelles données environnementales les services de la ville ou du département amassent ou pourraient donner accès ? Quelles données économiques (notamment sur l’emploi) sont accessibles et seraient libérables ? Quelles données d’exploitation de services publics pourraient donner naissance à des applications « décisives » ?

On le voit en tout cas, localement, l’enjeu est de donner accès à des petits répertoires de données bien souvent, qui peuvent permettre à d’autres acteurs locaux de gagner du temps. Qui mis bout à bout peuvent prendre du sens. Hormis les données récoltées automatiquement, beaucoup auront besoin d’embarquer les citoyens pour les améliorer et les rendre plus utilisables : car sans leurs enrichissements, finalement, ces données libérées n’auront bien souvent que peu d’impacts…

Reste encore à les rendre utilisables par tous… Et on devine que là ce n’est pas aussi simple qu’on voudrait le croire…

On voit bien qu’il ne suffira pas d’en parler, et les bons exemples d’OpenStreetMap ne suffisent pas (la cartographie libre et collaborative, qui seule permet d’avoir des données précises d’accessibilité sur une ville par exemple, car les données d’OSM peuvent être corrigées par les gens, là où celles de GoogleMaps ne peuvent pas l’être : par exemple, la rue du 19 mars 1962 à Pizançon est accessible dans les 2 sens sur OSM (ce qui est le cas) alors que sur GoogleMaps elle est faussement indiquée en sens unique). La libération des données publiques, même au niveau local reste encore un chantier…

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Written by leromanais

2 février 2010 at 17 h 59 mi

Parking à l’encan !

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L’Impartial nous l’annonçait en janvier, dans un article reprenant scrupuleusement le communiqué de presse (.pdf) émis par les autorités : « Rovaltain a mis à disposition de la SNCF un terrain pour la création de 430 places de parking supplémentaires, mises en service au printemps prochain. » Pas de contre avis. Pas d’avis d’usager. Pas de regard sur la situation actuelle. Un article au service minimum, comme bien souvent. J’ai réagit à l’époque en commentaire sur le site internet de L’Impartial, mais un commentaire n’a pas la même force qu’un billet. Je profites d’avoir enfin un peu plus de temps pour m’épancher…

Les 830 places de parkings actuels qu’exploite Eiffa en concession ne sont pas remplis chaque jour. Non. Une estimation à la louche, me ferait dire que le taux d’occupation doit tourner autour de 60 à 70 %. Les 40 à 30 % restant pourraient tout à fait être largement remplis par les voitures qui stationnent partout en-dehors des parkings, le long des bas-côtés, et sur tous les autres parkings (gratuits) de Rovaltain. Il manque effectivement de places de parking, mais pourquoi le taux d’occupation des parkings d’Eiffa n’est-il alors pas de 100 % ? Visiblement, c’est une question que nul ne cherche à se poser. Le parking payant de Rovaltain coûte cher. 24 heures de stationnement coûte 9,60 euros. 12 heures : 7,80 euros, nous rappelle ResaPlace. Auquel il faut encore ajouter votre billet de train (qui lui aussi est rédhibitoire, même avec un abonnement ou des cartes sensées être de réduction). On comprendra que beaucoup de voyageurs souhaitent faire attention à leur budget. Le développement du stationnement sauvage à Rovaltain n’est pas un problème de place disponible, il est d’abord un problème de prix. Qu’on souhaite garer sa Mercedes dans un parking payant et fermé, on peut le comprendre. Mais quel est l’intérêt pour bien des gens dont la voiture n’est pas luxueuse et pour qui les trajets sont déjà couteux, de payer un tel stationnement ! En tout cas, la solution esquissée, de vendre l’espace public au secteur marchand, ne me semble pas être le résultat d’une bonne analyse de ce qu’il se passe à Rovaltain.

Les bus permettant de se rendre à la gare le matin notamment (le train de 6h50 pour Paris, notamment, souvent bondé) n’existent pas. Impossible d’utiliser les transports en commun donc. Pourquoi, plutôt que de concéder 430 places de stationnement supplémentaires à Effia, ne pas avoir imaginer une solution de covoiturage, qui offrirait un parking gratuit à ceux qui arrivent en voiture à plusieurs sur le site ? Certes, ce nouvel espace de stationnement, plus éloigné, bénéficiera d’une tarification réduite (on regardera les prix, promis). Mais est-ce que ce sera une solution suffisante ?

Bien sûr, si l’exploitation de Rovaltain commence enfin un jour (ce n’est pas les trois bâtiments qui composent le site après 10 ans d’exploitation qu’on peut appeler une réussite), il y aura certainement besoin de ce parking. Reste qu’il aurait pu s’accompagner également d’autres mesures, plus soucieuses d’environnement, de développement durable et social (et pas seulement celles de normes de construction : si on croit que le développement durable s’imposera uniquement par les normes et la technique…). Le problème, c’est que la concession sur une durée fixée, limite ensuite toute innovation. Quand nos élus vendent l’espace public, les citoyens se doivent de se conforter aux règles établies par l’espace privé. Et celui-ci n’a pas intérêt à innover dans son modèle économique. Le secteur public concessionnaire pourrait imposer non seulement des règles de construction (et de marché public, ce qu’il fait déjà) mais aussi et surtout des règles d’usages et même des tarifs pour celui qui reçoit la concession (et de même, mieux évaluer la rentabilité économique d’un site qu’il concède : d’ailleurs, toute concession devrait faire état de la rentabilité prévue et en fin de mandat, de la rentabilité effective, afin de mieux mesurer les choix de nos élus). Bien souvent, il n’en fait rien. Or ce sont dans les usages que les réservoirs d’innovation sont les plus forts. Un parking qui accueillerait gratuitement des abonnés à un service de covoiturage, voilà une solution durable, sociale et innovante pour fabriquer du plaisir et du désir, pour fabriquer une Mobilité plus libre et plus durable. Avec la concession sans conditions d’usages, nous en sommes très très loin. C’est jusque dans la passation de ses marchés que le secteur public doit être innovant. Y’a du travail !

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26 mars 2009 at 22 h 55 mi

Stop la pub !

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L’autocollant Stop la pub !, n’est pas si facile à trouver car toutes les collectivités n’en distribuent pas. Mais le problème est qu’il n’est pas toujours respecté, loin s’en faut. Installé depuis 2 mois sur notre boîte aux lettres, le résultat n’est pas flagrant.

De Un automne à Romans

Mais à qui se plaint-on ? La Poste ? Mediapost ?

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17 novembre 2008 at 14 h 59 mi

Publié dans Environnement

SOS Antennes-Relais : la mobilisation continue

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sosantennesrelaisromans.jpg
En ce moment même (lundi 21 juillet, dès 8 heures du matin), les membres du collectif SOS Antennes-Relais de Romans et Bourg-de-Péage, sont en train de réaliser une chaîne humaine pour se mobiliser contre l’installation d’antennes de téléphonie mobile sur l’immeuble Aurore à Romans, 1 bd de la Libération à Romans (ici), à moins de 100 mètres du centre multi-accueil Pom d’Api, situé rue Paradis (ce serait la 18e antenne de téléphonie romanaise, selon ChérieFM).

L’ONG Next-up a d’ailleurs réalisé un formidable petit film sur l’immeuble Aurore à Romans et le désastre sanitaire des antennes relais de téléphonie mobile.

Pour ceux qui souhaitent faire un peu d’histoire sur les antennes à Romans, reportez-vous aux archives du Romanais.

Written by leromanais

21 juillet 2008 at 8 h 04 mi

Publié dans Actualité, Environnement, Société

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Un centre nautique pour qui ?

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C’est l’été. Le temps des baignades. Pas facile pourtant de trouver une piscine publique autour de chez nous. A Romans, la piscine Caneton est fermée (la piscine Diderot, en extérieur, et Triboulet, en intérieur, fonctionnent). A Valence, la piscine extérieure Jean Bouin est fermée (les 3 autres, couvertes, fonctionnent). Même schéma, même disette. Reste les piscines extérieures de Bourg-de-Péage et de Chabeuil (qui ne sont ouvertes que l’été)… Celle de Saint-Vallier ou de Saint-Jean-en-Royans qui sont tout de même plus éloignées. Rien à Saint-Marcel ou Chateauneuf-sur-Isère. Autant dire qu’on a l’impression que nos élus ont été un peu légers. Un peu légers à prévoir les besoins, à anticiper les renouvellements d’équipements. Autant dire que notre territoire souffre d’un réel déficit d’équipement en la matière.

La Communauté de commune de Bourg-de-Péage réfléchit depuis plusieurs mois à construire un nouvel équipement. Le projet est en train de voir le jour et devrait être voté dans les prochaines semaines. C’est un beau projet de complexe nautique qui s’adressera à tous : aux scolaires (les scolaires – écoles et collèges – des communes du canton de Bourg-de-Péage n’ont pas accès à une piscine hormis celle de BDP, en extérieur, et qui n’est accessible qu’en juin, juillet et août et, si le temps est mauvais, comme cela a été le cas cette année… pas question d’apprendre à nager à l’école), aux associations (clubs de natation…), au grand public et qui souhaite drainer également une clientèle de séjour.

Le projet est plutôt séduisant, il s’agit d’un véritable complexe nautique qui comprendra piscines mais aussi toboggans (on dit pentagliss), espace de pique-nique extérieur, beach soccer (une petite sable de plage comme l’espérait Thomas), jeux d’eau, plages extérieures… Ainsi qu’un espace aquafitness (SPA, Sauna, Hamman), géré par le service public et un espace « musculation »/fitness qui sera vendu au privé. Au final, le complexe devrait être à la fois un espace ludique et sportif, à l’image de l’espace loisir de Villards-de-Lans, mais en un peu plus grand, plus ambitieux… Un projet qui devrait créer 8 emplois et ouvrir d’ici l’été 2011.

Très bien me direz-vous. Oui. Presque. Mais il y a 3 questions que ce projet me pose alors qu’il devrait être voté dans les prochaines semaines.

Son emplacement. Visiblement, nos élus ont choisi. Ca sera ici. A la sortie de Bourg-de-Péage, vers l’Hôtel Formule 1, de l’autre côté de l’autoroute (super, ça ne nous changera pas trop, la piscine de BDP jouxte déjà le boulevard Alpes-Provence avec son charmant bruit de fond de circulation continue qui profite à la tranquilité des baigneurs).

Un emplacement qui pour ma part me pose question du fait de son éloignement du centre ville de Romans et BDP. Personne ne pourra s’y rendre à pied. Remonter toute le boulevard Alpes-Provence et son flot de voiture, le fait que le centre soit à plus de 200 m de toute habitation laisse à penser que personne ne pourra ni ne voudra s’y rendre à pied, même les scolaires (vous connaissez la règle des 200 mètres qui dit que dès qu’on à plus de 200 mètres à faire, on choisisse sa voiture plutôt que ses pieds). Il faut compter 1,5 km pour se rendre à l’entrée de Bourg-de-Péage, au pied du Bois-des-Naix. Ne comptons pas non plus nous y rendre en vélo. Monter la côte du boulevard Alpes-Provence en vélo, en famille, est un exploit sportif, pas tant physique que de stress, puisqu’il faut y cotoyer un flot de circulation assez dense et étroit (mais peut-être que ce sera l’occasion de créer une piste cyclable pour nous y rendre ?) Sans compter que grimper la côte reste, d’où qu’on la prenne, difficile. Pour nous y rendre, il nous faudra donc prendre le bus ou la voiture. Cet emplacement excentré ne me convainc pas pour ma part. On aurait préféré quelque chose de plus central. La piscine est un équipement de proximité pour les habitants. Pourquoi n’avoir pas choisit l’emplacement de l’actuelle piscine ? Ou un espace entre entre Bourg-de-Péage et Pizançon ? Ou alors, quitte à l’excentrer, pourquoi ne pas faire le pari de la campagne péageoise, ou de Chatuzange, qui est la ville qui se développe le plus dans la communauté de communes ? En tout cas, l’accès à cet équipement me semble dès à présent poser problème et nécessiter, bien avant sa construction une vraie réflexion et surtout des vrais engagements.

Son bassin de recrutement. Le fonctionnement du complexe, pour l’instant, est calculé sur la seule communauté de commune de Bourg-de-Péage. Oui. Oui, vous avez bien compris, on a calculé et évalué le fonctionnement de ce centre sans prendre en compte ni les habitants de la ville de Romans ni ceux de la Communauté de commune de Romans… Le potentiel, le coût de fonctionnement (et derrière le coût de chaque entrée), les capacités, sont calculées par rapport à 30 000 personnes et pas 60 à 80 000. Ni Romans, ni la communauté de commune de Romans n’ont été consultées ou associées. On continue à faire comme par le passé. Comme si les Romanais n’allaient pas utiliser cet équipement (c’est peut-être pour cela qu’on veut le mettre si loin d’eux) ! Peut-être faudra-t-il qu’on arrête les bus qui arrivent de Romans et qui s’y rendront pour que les Romanais n’aient pas le droit d’y aller ?

Oui, on ne prend pas en compte le déficit de piscine de l’autre côté de l’Isère ou sur la plaine Valentinoise, comme si on ne voulait pas voir, que, dès cet été pourtant, la piscine de BDP ou la piscine Diderot à Romans sont pleines à craquer, qu’on n’a pas même la place de nager dans le petit bassin tant le public est nombreux. Va-t-on avoir, comme quand on utilise la bibliothèque de Romans venant de BDP un tarif différent pour les utilisateurs qui ne sont pas du canton de BDP ? Quand on voit ce genre de projet, on pourrait tout à fait le croire. Messieurs nos élus, quand est-ce que vous allez arrêter ce genre d’âneries ?

Sa complémentarité. Vous l’aurez compris, la troisième question est de savoir que sera-t-il fait de la piscine d’été de Bourg-de-Péage. Sera-t-elle supprimée, comme cela semble devoir être le cas ? Pourquoi ? A cause de sa vétusté (pour ma part, je la trouve encore tout à fait agréable et fonctionnelle) ? Pour ne pas faire concurrence au nouveau centre nautique (alors qu’on manque de piscine sur notre territoire ?) Ne peut-on pas imaginer qu’il y ait des publics et des besoins différents ? Je suppose que le prix d’entrée de ce complexe (avec tout ce qu’il propose), ne sera pas le même que celui de la piscine d’été de Bourg-de-Péage ou que celles de Romans. Est-ce une piscine de riche qu’on nous construit, comme celle de Villard de Lans (entrée à 4,8 euros pour les enfants et 5,10 euros pour les adultes contre 1,5 euros à 2 euros à BDP actuellement) ? Bien évidemment, si la piscine de BDP est maintenue, il est plus difficile de justifier l’emplacement du centre nautique sur BDP. Ceci compte aussi certainement un peu dans la perspective, de voir la piscine d’été de BDP démolie.

Peut-on penser que son côté excentré va permettre de drainer du public de passage vers nos commerces ? J’aurais plutôt tendance à reprendre directement l’autoroute plutôt que de faire un détour par BDP ou Romans pour ma part, comme son emplacement actuel le laisse supposer ?

Quel autre emplacement serait possible ? Faut-il fermer la piscine de BDP ? Et surtout, plus encore, pourrait-on demander à nos élus de revoir leurs chiffres, de prendre en compte, non pas la réalité des frontières territoriales, mais la réalité des usages territoriaux, des habitants qui y vivent. Vos guerres intestines nous fatiguent d’autant plus que c’est nous qui les payeront. Ce qui est sûr, c’est qu’on voudrait bien avoir des éclaircissements avant que vous ne preniez la décision, ça nous changerait.

PS : je n’ai pas parlé du coût de l’opération. Il est évalué à quelques 10 millions d’euros : 5 millions venant de « subventions » (Conseil général, Etat…), l’autre moitié à charge de la Communauté de commune de BDP (dont 3 millions d’emprunts).

Written by leromanais

15 juillet 2008 at 13 h 47 mi

Romans en services web… Verts !

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dechargesromans.jpgLes services web Verts sont à la mode. On peut certes regarder d’un oeil dédaigneux cette nouvelle économie de services qui vise à faire, bien souvent, du business avec le développement durable. Mais ce n’est pas toujours le cas et l’on peut aussi y trouver l’information ou le service qui nous manque. Pour cela, il suffit de s’alimenter à quelques sites plutôt pertinents, comme l’excellent Quotidien-durable, Pour un monde durable, NeoMansLand, le GreenPostBox, ou L’Ecolo du Jour par exemple (ou préférer la barre d’outils Ecolo Info). On peut déjà chercher de l’information sur un mode solidaire avec VeoSearch, un moteur qui reverse 50% de ses revenus publicitaires à des associations partenaires, agissant pour le développement durable. Sur le web, on peut signaler les décharges et les lieux pollués d’un clic (ouf, rien encore part chez nous !), etc. Le web Vert sort à peine de l’oeuf…

pailleendromefinal.jpgJe suis assez surpris du développement de l’internet local dans le champ du développement durable, en Drôme, en Rhône-Alpes et notamment autour de Romans. J’ai repéré récemment plusieurs sites, plutôt maintenus à jours et actifs sur la question. Outre le blog de Paysan Bio, que beaucoup connaissent déjà, vous avez peut-être remarqué L’écho des collines, maintenu par Stéphane Peron, le même qui anime Paille en Drôme et nous fait profiter de ses connaissances pour construire sa maison en paille.

Les gars d’IDnext, une société de conseil en informatique péageoise, ont mis en place Ecolo-Comparé, un service qui souhaite mettre en place un comparateur de produits sur le plan de leur valeur écologique réelle ou avérée de ceux-ci. Précieux, non ? Il y en a d’autre. Essayons de passer en revue le web Vert et local.

Auto-construction et habitat solidaire
serrehabitat.jpgA la confluence de la Drôme et de l’Ardèche, connaissez-vous la Cen (la Coordination pour la Nouvelle Education Populaire), dont le siège est à Cornas (Ardèche) ? La Cen organise une grande rencontre les 4-6 juillet à Saint-Fortunat en Ardèche sur le thème de l’auto-construction et l’habitat groupé solidaire. Pascal Caradec, notre paysan bio, depuis la célèbre Ferme de Cocagne romanaise, cherche d’ailleurs des idées pour affiner sa présentation sous le titre Comment construire des logements à moindre frais (comme une serre par exemple) ? Fin avril, à Romans était organisé une manifestation sur « Eco-Habiter autrement », organisée par le groupe Eco-Village du pays de Romans (quelqu’un a-t-il plus d’information ?) et par les associations Terre de Liens, qui accompagne des projets d’accès collectifs et solidaires au foncier, et Habicoop, qui travaille au développement des coopératives d’habitants en France.

Connaissez-vous enfin la Pascalière ? C’est un gîte « bio », sis à Beauregard-Baret, au pied du Vercors. Certainement l’un des premiers gites bio du département… D’ailleurs on sollicite déjà son auteur pour qu’il écrive un livre pratique sur le sujet… ;-).

Déplacements
Sur le sujet du déplacement, la Ville de Romans soutient beaucoup d’actions et notamment l’association EcoVoiturons, dont le site est pourtant terriblement dissuasif. De ce côté là, j’ai un peu de mal à y voir clair, tant l’offre de services est pléthorique : EasyCoVoiturage et beaucoup d’autres

J’ai un peu l’impression que c’est la grande hallali autour d’une foultitude de services dont aucun n’est capable d’atteindre une masse critique, sans que les actions publiques qui participent de leur soutien n’exigent par exemple des interfaces de programmation ouvertes, des données structurées et intéropérables, etc. On a un peu l’impression que dans toute la France, chaque Ville, département ou intercommunalité défend une association de covoiturage différente, dont les modalités d’accès semblent aussi floues les unes que les autres. Sans compter les services qui se démultiplient, à l’heure du pétrole cher (et ça risque de durer, comme l’explique Yves Cochet). Il faudra bien à un moment où à un autre qu’on finisse par y voir clair, surtout si l’on veut progresser vite.

Bio
Sur Paysans.net, on ne trouve pas encore de producteurs en Drôme au-dessus de Crest, mais on peut les faire ajouter à la base de recensement, assez facilement : c’est d’ailleurs fait pour ça. On ne trouve d’ailleurs pas de Paniers Bio dans la Drôme… Autant d’absence dommageables, car savez-vous que 4 des 9 Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne (Amap) de la Drôme sont romanaises ?

Le Bio est important en Drôme. Le département de la Drôme est le premier département français “bio” en nombre d’agriculteurs, 10% des terres agricoles sont cultivées selon les méthodes de l’agriculture biologique contre 2 % en moyenne sur la France. La communauté de communes du Val de Drôme a même souhaité travailler sur l’accompagnement et le développement de l’agriculture biologique et est en passe de lancer la BioVallée.

Ensuite, on trouve à l’Ineed, à Rovaltain, le pôle innovation du Cluster des produits biologiques en Rhône-Alpes, qui récompense chaque année 10 entreprises bio et organise plein de conférences, comme celle du 19 juin sur le commerce bio en ligne [PS: à quand un vrai agenda en ligne pour les évènements qui ont lieu à Rovaltain svp ?]

N’oublions pas non plus nos producteurs du coin, sans oublier la ferme bio Margerie de la zone commerciale de Romans, filiale de l’enseigne BioCoop. Les artisans du Monde de Romans. Le développement équitable et solidaire n’est pas en reste en Drôme, où l’on ajoutera bien sûr le Comptoir A Part à Romans, qui vend des vêtements éthiques.
Avec un peu de chance, peut-être trouvera-t-on d’autres produits équitables romanais sur Etikeco ?

Récupération
freecycle.jpg
On connaissait déjà le Sel du pays de Romans et ses 80 adhérents. Connaissez-vous FreeCycle, qui a un groupe actif sur Valence ? L’association met en relation des personnes souhaitant donner des objets avec d’autres souhaitant les récupérer. Il existe même un moteur de recherche pour le même type de démarche : GoodUse.
Ne pas oublier non plus l’association Un PC pour mon prochain, un peu plus bas dans le département.

Ecologie, nature
Comment ne pas penser d’abord à la Maison de la nature et de l’environnement à Romans, qui ne possède hélas pas de site internet dédié. Il ne faut pas non plus oublier les initiatives des écoles, comme celle de Mondy ou le lycée horticole de Romans. Mondy d’ailleurs, récemment mise à l’honneur d’un reportage de France 3, vient de mettre en ligne un nouveau site pour partager sa passion naturaliste. Sans oublier Teed.fr, pour mutualiser l’information en éducation à l’environnement sur le territoire de la Drôme des Collines…

Je suis sûr qu’il existe encore d’autres sites et réseaux sur ses sujets autour de Romans. Un recensement, un peu exhaustif serait certainement intéressant. Auriez-vous d’autres pistes à partager de sites ou de porteurs de projets sur les thémes du développement durable ?

Written by leromanais

17 juin 2008 at 23 h 41 mi

Publié dans Environnement, Internet

Innovons à Romans

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La soirée était dense (deux heures, 80 personnes), hier, à la Foire du Dauphiné où était venu se présenter de nombreux projets locaux lors de la conférence organisée par Romans d’Avenir sur l’innovation et le développement durable.

Bertrand Lazare (le blog) de Rhone Alley est intervenu longuement pour dresser le catalogue des innovations en lien avec le développement durable, en essayant de montrer que la Silicon Valley peut aussi avoir lieu chez nous. Mais les exemples ont surtout émergés après sa présentation : de nombreux responsables d’entreprises et de projets, sont venus exprimer ce qu’ils étaient en train de concevoir.

Pierre Savinel est venu parler des eaux de la Veaune et comment aujourd’hui le syndicat des eaux de Chavannes développe la protection de cette ressource précieuse, optimise les pompages en heures creuses, élargie la zone de protection des captages. On a entendu parler aussi d’e-ruches où comment, à l’exemple de ce qu’il se passe dans le Brabant on utilise l’abeille, sentinelle de l’environnement s’il en est, comme bio-indicateur et capteur de l’environnement.

Jean-David Abel est venu évoquer l’originalité du parc éolien de la Communauté de Commune du Pays de Romans qui n’en est encore qu’à l’instruction, et qui réside essentiellement dans la volonté de ne pas affermé le parc, mais dans un montage public/privé qui préserve le côté locatif de la plate-forme éolienne. Et l’élu Verts de Romans de rappeler que si l’approche développement durable est sûrement un moyen pour développer des services ou des emplois, le défi qu’il représente va plus loin. Le développement durable ne se résume pas à une vision de court terme pour faire du business, pour être compétitif et qu’il n’y a pas que des réponses technologiques à ces enjeux.

Marc Chambost de la société éponyme a rappelé que nous sommes encore loin de construire des maisons « passives » (économes en énergies) et encore plus loin de construire des maison « positives » (productrices d’énergie) en terme de développement durable. Etienne Dureau de la société IPM-France a évoqué le développement de l’administration électronique, avec des bornes d’accès et des guichets e-services dont le but est de diminuer les déplacements et de favoriser l’accueil privilégié et distant des citoyens. En appelant même, exagérément à mon goût, à la réduction de la fracture numérique via les bornes [j’ai personnellement beaucoup de mal avec cette vision distante de l’e-administration : je préférerai toujours un animateur multimédia à une borne]. On a également évoqué Naboco et son système de coloration naturel des boiseries et ses 58 emplois.

Yves Domard de l’Union locale de la CGT a rappelé que le développement durable était certes à la mode, mais qu’il n’avait pas qu’un aspect économique et environnemental : où est le pilier social ? Et de rappeler le besoin de dépasser le concept de ressource pour parler de capital. Pierrre Bannwarth est venu présenter un PC pour mon prochain, une association drômoise de revalorisation de matériel informatique qui souhaite monter une structure efficace sur ce sujet.

stockeethic.jpgThomas Huriez est venu présenter Comptoir à Part, un magasin de destockage et créateurs de mode éthique qui ouvrira le 16 octobre en face de Marque Avenue à Romans. Thomas a lancé depuis février dernier un blog qui raconte son installation, ses démarches et notamment comment passer tout son magasin en mode équitable, jusqu’aux cintres. Et il projette de lancer un magasin en ligne, StockEthic.com pour vendre à distance ses produits – très important, quand on sait que dans ce domaine cela peut compter jusqu’à une part très importante du CA.

Autre talent remarquable, celui de Samuel Cattiau de l’agence Etoile-Azélie, une agence d’éco-design installée à l’Ineed qui conçoit des emballages durables en réfléchissant sur les matières et en optimisant les processus : ils ont ainsi développé un format de plan de station de ski, version pocket, qui a permis déjà à plus de 18 stations de réduire leurs coûts d’impressions de 30 %.

La soirée était en tout cas l’occasion d’un joli bain de créativité sur notre territoire. On en redemande.

Written by leromanais

2 octobre 2007 at 14 h 13 mi