LeRomanais

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Archive for the ‘Environnement’ Category

Jardins partagés

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Prête jardin contre jardiniers en échange d’une partie de la production… en Drôme, à Romans et Bourg-de-Péage sur Plantez chez nous, Prêter son jardin ou le passe jardin.

Pas encore d’Incroyables Comestibles chez nous ni d’échangeurs de plantes… mais bientôt peut-être des greffeurs guérilleros ou des spécialistes de la Guerrila jardinière

Via Anne-Sophie Novel.

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Written by leromanais

19 avril 2013 at 15 h 25 mi

Publié dans Environnement

Questions locales pour 2030

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Né en juin 2010, le syndicat mixte du Schéma de Cohérence Territoriale (SCOT) Rovaltain Drôme-Ardèche se veut un nouvel outil au service de l’aménagement du territoire. Au terme de sa constitution, il devrait rassembler 300.000 habitants répartis sur 106 communes. Le Scot (Wikipédia) « est un document d’urbanisme qui détermine, à l’échelle de plusieurs communes ou groupements de communes, un projet de territoire qui vise à mettre en cohérence l’ensemble des politiques sectorielles notamment en matière d’urbanisme, d’habitat, de déplacements et d’équipements commerciaux, dans un environnement préservé et valorisé ». C’est donc un schéma de territoire qui a pour principe d’établir et de fixer des règles pour l’aménagement futur de celui-ci, un peu comme l’est le Plan local d’urbanisme (PLU, Wikipédia) au niveau des communes, si ce n’est que le Scot a pour principe d’être plus prospectif. Il doit dessiner l’avenir de notre territoire pour 20 à 30 ans (a priori, le Scot n’a rien à voir avec le projet de Grande agglomération (la Commission départementale de la coopération intercommunale, CDCI que critique vertement Gérard Bouchet depuis plusieurs mois), même si, bien évidemment, le mouvement de recomposition des communes et de l’intercommunalité engagé depuis 2008, n’est pas non plus complètement indépendant de chacune des étapes de rapprochement qui le rythme, à l’image du travail de prospective (.pdf) livré par le cabinet Arcadie pour Rovaltain en février 2010). Un avenir qui n’est pas sans objectifs, puisqu’il doit « contribuer à réduire la consommation d’espace en luttant contre la périurbanisation, équilibrer la répartition territoriale des commerces et services, améliorer les performances énergétiques, diminuer les obligations de déplacement des habitants ainsi que réduire les émissions de gaz à effet de serre ».

Les diagnostics en cours sont vraiment très très riches de données sur notre territoire et les évolutions en cours.

Dans ce cadre, le Scot prévoit un « dispositif participatif » qui consiste en un cours sondage en ligne de la population (rien de précis, rassurez-vous amis citoyens !) et quelques réunions publiques (le 1 février à 18h30, au Pavillon des congrès à Valence, le 2 février à 20h00, salle Charles Michels à Romans, le 9 février à 18h30, salle Georges Brassens à Tournon) où commencerons à nous être présentés les grandes orientations de ce schéma, dont l’essentiel du projet devrait être fixé en juin (voir le calendrier). Vu ces enjeux toujours si techniques qui dépassent les simples citoyens, n’espérons pas avoir beaucoup plus… D’ailleurs, le questionnaire ne comporte aucune question sur l’habitat, la mobilité ou l’imbrication commerciale : on ne nous parle que de l’image et de notre perception du territoire. Quoiqu’il en soit, les cabinets techniques vont rendre leurs conclusions que les élus parapheront.

En l’absence de document de synthèse provisoire, il est difficile de dire à quoi va ressembler ce schéma régional. Il devrait mettre néanmoins un coût d’arrêt à la périurbanisation, c’est-à-dire limiter l’étalement de l’habitat (430 à 450 ha de terrains agricoles ou naturels ont été consommés depuis 1999, soit une moyenne de 45 ha annuellement du côté drômois, ce qui correspond presque à la superficie de Mours Saint-Eusèbe explique l’une des études (.pdf)) – sans nous dire par quoi nous allons remplacer cette France pavillonnaire. Elle va certainement émettre des réglementations pour maîtriser le développement commercial des centres commerciaux, au profit de Valence et en limitant l’extension des centres commerciaux de Romans (voir cette étude (.pdf)). Sur le reste des options (performances énergétiques, déplacements), les documents publiés ne sont pas encore très très parlant… Mais il suffit de suivre l’actualité du Scot pour être au courant – dommage, à nouveau, que le site ne propose ni fil RSS ni lettre d’information. A croire qu’il ne faut pas trop outiller l’autonomie informationnelle du citoyen.

J’invite nos élus et les citoyens à se documenter sur ce qui les attends. Notamment, en lisant l’éclairant petit livre de l’urbaniste Jean Haëntjens, La ville frugale (qu’ils peuvent se procurer dans des librairies de proximité) (voir interview) ou encore l’étude de sur l’étalement urbain (.pdf) du Réseau Action climat (recommandé également par le blog de l’Ardèche Verte) et les inviter à lutter contre la France moche qu’ils nous ont si magnifiquement construite ces 30 dernières années.

Et puis à aller donner leur avis, parce que même si visiblement on ne nous permet pas de dire des choses importantes, il faut toujours saisir l’occasion de le faire.

Written by leromanais

13 janvier 2012 at 12 h 49 mi

Le projet Siper à Bourg-de-Péage : comprendre les impacts de la méthanisation

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Hier soir avait lieu à Bourg-de-Péage une réunion d’information autour du projet d’implantation d’usine de méthanisation (le projet Siper), organisée à la demande de Bruno Rivier, l’enquêteur public. Lors de toute implantation liée à l’environnement, un enquêteur public est nommé par le Préfet pour recueillir les réactions et émettre un avis argumenté (qui sera rendu le 10 octobre 2011). Les nombreuses réactions d’incompréhension voire d’hostilité que l’enquêteur a recueilli l’ont encouragé à organiser cette réunion d’information où se sont réunies plus de 500 personnes.

Sur les 2h30 qu’a duré ce match, nous avons surtout eut droit à beaucoup d’avis d’experts tels que :

  • Gilles Geffray de la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement, un service du ministère de l’environnement qui instruit les dossiers des installations classées pour le compte du préfet. La Dreal a donné un avis positif pour le projet.
  • Bertrand Jamonet (Facebook), le porteur du projet (Facebook) qui est venu défendre son installation en rappelant qu’il n’avait rien à cacher.
  • Lionel Tricot, de l’Agence régionale de l’énergie qui accompagne en Rhone-Alpes une trentaine de projets d’implantation d’usines de méthanisation, qui est venu rappeler que Siper n’est pas un projet isolé en Rhone-Alpes.
  • Cyr Sallé de la société Valersys, bureau d’étude qui accompagne le projet Siper depuis 4 ans.

La soirée a commencé par la présentation du projet par son porteur, Bertrand Jamonet, qui a expliqué qu’il travaillait sur ce sujet depuis 4 ans, pour le rendre viable techniquement et économiquement. Plusieurs bureaux d’études l’ont assisté pour détailler tous les éléments de l’enquête public, qui représente un dossier de quelques 2000 pages – consultable en mairie, mais hélas indisponible en ligne, on ne cessera de le regretter ! Parmi ceux-ci, outre Valersys, l’étude de dangerosité a été confiée au cabinet spécialisé Asphaleia. De nombreux partenaires sont déjà impliqué dans le projet : des industries locales prêtes à confier leurs déchets comme les brioches Pasquier ou Markal par exemple, mais également des sous-traitants, comme Veolia qui traitera les digestat, une partie des résidus liée à la méthanisation.

Comment ça fonctionne ?

Comme cela a été le cas tout le long de la soirée, Jamonet est revenu longuement sur le processus de méthanisation, qui n’est rien d’autre qu’une fermentation de déchets agricoles ou industriels pour produire du méthane. La Drôme-Ardèche est riche en matière première : plutôt que d’enfouir ces déchets ou de les expédier dans des pays étrangers, Siper propose donc de les traiter dans son usine. Siper achète donc des « jus de traitement », des résidus de l’industrialisation de l’alimentation, mais également des excréments animaux (lisiers) pour les transformer dans des cuves fermées (bachées) sans contact avec l’air extérieur. Ces cuves, appelées digesteurs, reproduisent un processus de fermentation qui produit du gaz, qui est stocké à très faible pression. Ce gaz est utilisé pour produire principalement de l’électricité (et également un peu de chaleur). Reste qu’il faut traiter le digestat, le résidu de cette fermentation, qui, épuré de son gaz, semble un fertilisant de qualité pour être épanché sur les terres agricoles des communes environnantes, dans des proportions réglementées par l’Etat. Les intrants (ce qui va servir à nourrir les digesteurs) devraient être à 57 % industriels et à 43 % d’origine agricole. Visiblement, Jamonet aurait décidé d’écarter les lisiers de ses intrants, mais les informations à ce sujet étaient contradictoires. Les déchets recueillis devraient être plutôt du type déchets de silos de céréales, drêches de fruits et d’industries alimentaires locales. Il n’y aura pas de boues ni de graisses d’épuration urbaines car elles sont chargées en métaux lourds et Siper ne veut pas en avoir dans les digestat qu’il va devoir épandre ensuite sur les terres agricoles.


Image : Bertrand Jamonet défendant son projet devant une salle comble.

L’installation devrait accueillir chaque année 42 000 tonnes d’intrants (même si elle est dimensionnée pour en accueillir plus voir même accueillir un troisième digesteur si besoin est). Le digesteur est une cuve où la matière fermente pour créer un « ciel gazeux » composé à 50 voire 60 % de méthane qui va servir à produire de l’énergie. Il produit d’autres gaz : du CO² (3à à 45 %), du souffre (1 %) et des dioxygènes et dioazotes – dommage à nouveau que tout cela ne soit pas accessible sur le site de Siper !

Les risques

Selon les études, il y a 4 types d’incidents possibles liés à une installation de ce type (voir l’avis de l’autorité environnementale rendue à la préfecture de la Drôme, qui fait le point sur les risques) :

  • Le débordement de digesteurs entraînant une pollution des sols : cet incident est souvent lié à de mauvais intrants créant des dépôts de sables et empêchant la dégradation à l’intérieur des cuves. Siper répond à ce risque en sélectionnant ses intrants et en établissant un contrôle des produits à l’entrée et un contrôle électronique des cuves par capteur. La construction doit répondre également à des contraintes techniques de contrôle des eaux pluviales et des épandages très strictes.
  • Les nuisances sonores et olfactives : les moteurs de cogénération (qui transforment le gaz en électricité) sont dans des cabines anti-bruit et les déchargement de sous-produits et déchets ont lieu dans un bâtiment fermé et mis en dépression. Un « biofiltre » est censé réduire de 90 % les odeurs !
  • Le dégagement d’hydrogène : c’est le risque le plus grave. Celui d’une explosion de gaz suite à une rupture de canalisation provocant une explosion localisée (pas une déflagration atomique a priori). Lors d’un incident de ce type en Allemagne, 4 employés sont effectivement morts. Siper répond en installant un système de détection de gaz et plusieurs chaînes de sécurité dans son établissement. C’est le moindre qu’on puisse attendre.
  • L’envol d’une membrane de digesteur.
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Si l’on en croit le résumé non technique fournit à la préfecture par Valersys dans le cadre de son dossier de demande d’autorisation d’exploiter les risques demeurent modérés (le plus important étant la rupture de canalisation) avec une probabilité faible. Bien sûr, la production de gaz ne s’arrête pas simplement, mais on n’arrête pas plus simplement un réacteur nucléaire.

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Le niveau de risque n’est tout de même pas très élevé. Bien moindre en tout cas que celui que nous fait courrir la FBFC à Romans par exemple.

Bertrand Jamonet est passé rapidement sur les avantages du projet, qui n’ont pas été très discutés durant cette soirée. L’unité Siper devrait être alimentée par 42 000 tonnes d’intrants chaque année et produire 10 000 tonnes de digestat par an (qui seront épanchés sur les champs environnants, visiblement, le listing précis est disponible dans le dossier consultable en mairie). L’unité devrait permettre de produire l’équivalent de la production électrique de 3000 logements et thermique de 2000. Il devrait permettre d’économiser 8000 tonnes de CO² par an. Le projet coûte 8 millions d’euros, dont 11,4 % d’aides publics.

Lionel Tricot nous a invité ensuite à aller voir des unités existantes en Rhone-Alpes… Sauf qu’il n’y en a pas vraiment beaucoup à l’heure actuel et qu’il serait mieux d’organiser une visite pour les opposants au projet, plutôt que de simplement la proposer. Au niveau national, on compte 35 projets en services et 41 devraient émerger d’ici l’année prochaine, ce qui fait encore peu de projets par région. Les Allemands, qui investissent cette technologie depuis 12 à 15 ans, auraient 12 000 unités en services (mais beaucoup sont agricoles et elles traitent des quantités bien plus faibles que celles dont on parle ici). Actuellement, il n’y a que 3 unités de méthanisation fonctionnelles en Rhone-Alpes. Deux de leurs porteurs étaient d’ailleurs là : Marcel Demange, producteur de lait dans un Gaec à Gruffy en Haute-Savoie (vidéo), qui ne traite que 5000 tonnes d’intrants par an, et Thierry Croissard, directeur d’exploitation du Lycée agricole de la Motte Servolex qui a également construit un petit digesteur dans son lycée. Deux exemples certes sympathiques, mais qui n’ont pas la même ampleur que le projet en question. On sent d’ailleurs bien que ces deux exemples réussis énervent la salle : quelqu’un intervient : « Les intrants, c’est du prévisionnel, on ne sait pas comment ça va évoluer ! Aucun organisme ne contrôle leur quantité et leur qualité ! »

Les opposants

Le commissaire enquêteur, Bruno Rivier, donne alors la parole aux opposants au projets, qui ont déposé en mairie un mémoire de leurs griefs. D’une manière surprenante, les opposants sont des industriels de la Zone d’activité Sud de Bourg-de-Péage qui voient d’un mauvais oeil l’implantation de ce nouveau voisin. Parmis les meneurs de la Fronde, on trouve des gens de PMD Vallon, Courbis et Wolski. Ils précisent d’emblée qu’ils sont favorables aux énergies vertes et durables et procèdent à une critique factuelle des informations contenues dans le rapport déposé en mairie.
C’est 9400 m3 de stockage dont il est question (2 digesteurs de 6 100 m3 + un bassin de 1 200 m3 de stockage de réception et un autre de 2100 m3 de stockage après digestion). Le bâtiment principal fera 12 mètre de haut, alors que la société Vallon, la plus proche, ne fait que 6 mètres. L’usine ne doit créer que deux emplois. Les filtres doivent réduire les odeurs de 90 % : mais quid des 10 % restants. La pression de gaz doit toujours être constante.
Leur critique essentielle porte sur la localisation du projet. Il se situe là même où la zone artisanale devait s’étendre. Les industriels s’inquiètent d’aller et venue de camions « souillés » (7 par jours selon le porteur de projet, 10 à 15 selon les opposants) chargés de déchets passant à côté de leurs industries, parfois alimentaires.


Image : la zone de risque vue par les opposants au projet Siper.

« Pourquoi donc ce projet ne s’implante-t-il pas en zone agricole ? », répètent les opposants. Ils pointent également du doigt les nuissances olfactives. L’usine Amethyst de Montpellier, qui devait être une perle technologique également, n’a cessé depuis sa naissance d’être une source de nuisance pour les riverains (mais à nouveau Amethyst traite des ordures ménagères, ce qui n’est pas le cas de ce projet). Quant aux risques d’explosions, ils existent, vue les volumes et la présence de méthane et ceux-ci sont d’autant plus importants que les digesteurs sont importants. Les risques d’incendies existent, ainsi que les risques chimiques (dégagement de sulfure d’hydrogène) et les risques de pollution (notamment d’épandage de métaux lourds, car la méthanisation créé de la concentration de métaux lourds : mais Siper répond par la sélection des intrants pour les éviter car il doit rendre des compte sur ce qu’il épandra dans les champs). Enfin, les opposants s’étonnent de la discrétion dans laquelle a été menée ce projet. Le responsable de Courbis n’a appris son existence qu’en septembre 2011, alors que le permis de construire a été déposé en septembre 2010.

Les opposants terminent par une longue liste de questions sur la saisonnalité des intrants et des stockages, sur la qualification à venir des employés, sur l’expérience du porteur de projet, sur comment on stoppe le digesteur en cas de problème, sur les assurances (Siper est-elle assurée pour les pertes d’exploitation des entreprises environnantes ?), sur l’impact économique que va avoir cette implantation (quelle indemnisation est prévue pour la décote des bâtiments industriels et particuliers environnants ?), sur les clients et les fournisseurs de Siper. Quid du Benzène émis par l’usine de méthanisation ? Du monoxyde de carbone ? Y aura-t-il des nez électroniques mis en place ?

Des questions d’industriels bien sûr, mais auxquelles ceux qui les posent ne répondraient certainement pas eux-mêmes. Au final, les voisins du projet estiment que ce projet apporte un risque dans la Zone artisanale : un risque olfactif (alors que plusieurs font des produits alimentaires), un risque chimique, un risque de pollution, un risque d’explosion, un risque d’incendie.

Reste que cette belle prestation a été complètement dégonflée par une question du public. « Vous de la société Courbis qui avez une installation classée Seveso à Romans, pensez-vous que cette entreprises est plus ou moins dangereuse que la vôtre ? » L’industriel a bégayé une réponse qui faisait tomber bien de son acharnement, en prétextant que l’unité de Bourg-de-Péage, elle, n’était pas classée Seveso.

Les points qui posent problème

Le rapport du commissaire enquêteur (qui n’est pas encore rendu) liste 60 points qui posent question, auquel le porteur de projet devra répondre avant que les autorités préfectorales ne statuent sur l’implantation. De ces 60 points, 4 lui semble importants : les odeurs, le risque d’explosion, le risque sanitaire du digestat et le choix du lieu d’implantation.

La réponse de Bertrand Jamonet est ici plus fragile.

Sur le lieu d’implantation, il explique qu’il a réalisé une étude de faisabilité dès 2008. Qu’ils avaient un autre terrain de disponible, mais qu’ils n’ont pas réussi à trouver un chemin d’accès d’accès convenable. Pour Siper, il était opportun de s’implanter à proximité de consommateurs potentiel de chaleurs, pour pouvoir la leur revendre : d’où le choix d’une zone industrielle. Enfin, son installation étant industrielle, elle ne peut être installée sur une zone agricole. Mais on voit bien que c’est là une faiblesse du dossier. Le lieu n’a pas été choisit d’une manière concertée. Il est imposé aux élus et aux riverains. Aurait-on pu trouver un autre emplacement sur la Zone Artisanale ? Peut-être… Mais visiblement, ce n’est pas ainsi que les choses se font. C’est la propriété du terrain qui décide. Qu’importe les conséquences. Ca reste une réponse assez légère pour le voisinage de proximité et une réponse assez légère des autorités locales.

Sur les odeurs. Il explique que le bâtiment sera maintenu en dépression (ventilation) grace à un biofiltre dont les constructeurs garantissent l’efficacité. C’est là encore une réponse assez légère. Techniquement, visiblement, il semble qu’en fait le procédé de méthanisation limite les odeurs dans les digestat produits, à l’aval du processus. Mais quid de la méthanisation elle-même ? Une étude d’odeur, l’implantation de nez électroniques produisant des mesures accessibles à tous n’ont pas été retenues pour le moment. Les composts dans les décharges à ciel ouverts sentent mauvais et leurs odeurs sous certains vents et notamment quand il fait chaud peuvent être particulièrement tenaces. Pour lever les doutes sur les odeurs, il me semble qu’une visite d’un site similaire est essentiel. Bertrand Jamonet l’a proposé, mais je pense qu’il faudrait surtout l’organiser.

Sur le risque d’explosion, le porteur de projet renvoie à l’étude de danger. Le risque d’explosion est nul sur la membrane, car il n’y a pas de pression. Le risque majeur repose sur l’explosion de la chaufferie qui est confinée à la manière du confinement d’une conduite de gaz naturel. Ca n’écarte pas toutes les craintes. Mais encore une fois il me semble qu’on a plus à craindre de la FBFC que d’un digesteur de méthane.

Sur le risque sanitaire lié au digestat, le représentant de la Chambre d’agriculture assure que c’est très contrôlé. Les agriculteurs doivent suivre les conseils de fertilisation validés par les services de l’administration. Des contrôles inopinés auront lieu sur les chantiers d’épandages, des parcelles de références sont régulièrement analysées et suivies…

Il reste quelques jours pour faire parvenir vos avis au commissaire enquêteur avant qu’il ne conclut son rapport, que le porteur de projet y réponde et que le préfet statue… Son représentant a tout de même signalé à une élue de la communauté de commune qui évoquait le fait que les élus pourraient refuser l’épandage local, que les décisions de refus doivent être motivées pour être valables.

Mon avis

On a bien compris que la méthanisation est un procédé à équilibre instable. Comme tout procédé, il comporte des risques. Il faut les évaluer en comparaison d’autres risques.

Les professionnels présents semblent tous sûrs de leurs affaires (mais ils le sont toujours, même si après rien ne fonctionne comme prévu : Amethyst devait être le fleuron de la méthanisation française !) et les inquiétudes des gens sont toutes légitimes.

La question est plus méta : doit-on constuire des installations écologiques industrielles ? C’est peut-être et ce demeure en tout cas une meilleure solution que des installations nucléaires ou chimiques industrielles.

Peut-on trouver une meilleur implantation géographique ? Peut-on étudier d’autres emplacements dans le périmètre de la Zone Artisanale ? Cela aurait été une question judicieuse à se poser avant que le projet ne démarre, dommage qu’elle n’ait pas été mieux traitée par les élus notamment. C’est maintenant certainement trop tard face à un dossier qui est lancé et qui attend sa validation. Discuter d’une manière plus ouverte d’une implantation semble indispensable. Et on constate même combien cela aurait été profitable au projet, plutôt que de susciter de l’opposition de ses voisins (et clients potentiels). La communauté de commune a indiqué qu’elle achèterait de la chaleur pour le centre nautique, quand celle-ci sera produite (mais c’est pas pour tout de suite). En attendant, le centre sera équipé d’une chaudière à gaz qui servira en appoint quand l’unité de méthanisation produira de la chaleur.

Si on peut être relativement rassuré sur les dangers, j’avoue pour ma part ne pas avoir été convaincu sur le sujet des odeurs. Le seul élément de réponse sur le sujet des odeurs tient dans un discours commercial qu’il faut croire les yeux fermés. Mais bon, en même temps, c’est un peu la merde qu’on produit qui va être transformée ici. On peut se la masquer en l’enfouissant ou en la faisant voyager très loin, comme on le fait actuellement, ce n’est pas une bonne manière d’en prendre conscience. Personnellement, je ne sais pas si la réponse par l’écologie industrielle est une bonne réponse. Par défaut, elle est meilleure que de ne pas apporter un réponse écologique en tout cas. Il me semble encore une fois qu’une visite dans un établissement similaire serait indispensable et qu’une analyse et une mesure des odeurs serait indispensable.

Je trouve aussi que rien n’est vraiment prévu en terme de dédomagement. Une femme s’est exprimée. Elle a expliqué qu’elle avait décidé de quitter la ville pour vivre à la campagne, il y a quelques années. Sa maison est l’habitation la plus proche du projet. Et pour elle, il n’y a rien de prévu. La décôte de sa maison, les nuisances de ce voisin… Elle, elle va les supporter véritablement. On peut se moquer du syndrôme Nimby comme le fait Nico à Chatuzange le Goubet Châteauneuf-sur-Isère [tiens, un blog local !], mais concrètement, ce type de projets devrait être assorti d’un fonds de compensation. Il y a là, bien souvent, une vraie lacune du droit. Si demain, une implantation de ce type a lieu à côté de chez vous, vous n’avez pas vraiment de recours. Les projets de ce type devraient se construire avec un fonds de soutien et d’assurance de compensation. Ce n’est que rarement le cas (ça existe pour les autoroutes, pour les décharges publiques aussi je crois), mais avec des règles souvent strictes (distances) et complexes (faut passer par la justice). Il y a certainement ici besoin que la législation soit plus adaptée. Que des fonds de compensation soient prévus dès l’origine des projets…

Enfin, il me semble que tout cela manque cruellement de transparence. Une société comme Siper doit rendre des comptes auprès de l’adminisation, mais bien peu auprès de la population. Il faudrait que les projets avec des risques sanitaires ou environnementaux soient contraints de publier leurs données, les études, les analyses qui sont faites sur leurs matériaux. Que les données de leurs capteurs soient accessibles à tous. Les entreprises à risques devraient être légalement contraintes de publier les analyses qui sont faites, qui concernent également le public, et pas seulement l’administration. Ce que nous devrions demander à Siper, nous devrions également l’obtenir de la FBFC ou d’autres installations à risque (comme nous avons fini par l’obtenir via l’implantation d’une balise de la Criirad à la FBFC – dommage qu’elle ne produise pas des données brutes). Nous devrions avoir accès aux données environnementales de ces entreprises, à leur bilan écologique, à ce qu’elles utilisent… publié d’une manière transparente a minima annuellement.

De la même manière, les rapports préliminaires à l’enquête publique, le rapport de l’enquêteur devraient être accessibles en ligne, à tous. Aujourd’hui ce n’est pas une obligation légale. Il serait tant que les temps changent.

Written by leromanais

5 octobre 2011 at 11 h 43 mi

Publié dans Actualité, Environnement

De la méthanisation

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La ville de Bourg-de-Péage vient d’ouvrir une enquête publique liée à l’installation prochaine d’une unité de méthanisation dans la zone artisanale de Bourg-de-Péage : le projet siper.

Le principe de fonctionnement de cette usine est assez simple : utiliser les sous-produits de l’agriculture et des industries agro-alimentaires locales pour produire du biogaz, d’où est issu le méthane, capable de produire de l’électricité et de la chaleur qui sera revendue par l’usine (notamment à la ville pour chauffer la future piscine). Les sous-produits seront utilisés pour créer des fertilisants, substituts aux engrais chimiques. Voilà qui à l’air parfait, comme nous l’expliquent les éléments laudateurs qu’on trouve sur l’internet sur ce projet « innovant » et « novateur »… Reste que ce n’est pas si simple. D’abord parce que cela ne marche pas si bien. L’usine AMETYST de Montpellier, la plus grande usine méthanisation française, ne produit toujours pas d’électricité ni de fertilisants, plus de 2 ans après son ouverture. Il faut dire que cette usine, qui devait être le fleuron du groupe Vinci, a plutôt été depuis son lancement un ratage intégral.

Le contre exemple montpelliérain
L’usine AMETYST qui devait être capable de traiter 230 000 tonnes de déchets par an, <a href="« >n’est visiblement toujours pas capable d’en traiter la moitié. Construite trop près d’habitations, elle a surtout réussit à cristalliser la colère des riverains, qui ont monté une association de défense soutenue par un candidat écologiste local, et même des employés. Elle a déchainé contre elle la presse locale et nationale (vidéo).

Tant et si bien qu’on a parlé de ses dysfonctionnements et nuisances jusqu’à l’Assemblée nationale. Odeurs pestilentielles, pullulation de mouches agressives, de rats, réponse par des traitements insecticides très nombreux, pathologies ORL apparues chez les enfants… Rien de moins ! Son incendie en septembre 2010 a conduit l’usine dans une bataille judiciaire de plusieurs mois pour savoir qui allait payer (vidéo). A ce jour, j’ai du mal à vous dire si le fonctionnement a repris…

Le projet péageois
A Bourg-de-Péage, l’unité dont il est question est assez petite. Avec 42 000 tonnes de sous-produits entrants par an, on est loin de l’usine Ametyst construite à Montpellier, capable d’en traiter 230 000 – même si, encore une fois, pour l’instant elle est loin de les traiter. Alors que l’usine de Montpellier a coûté 80 millions d’euros, celle de Bourg-de-Péage devrait en coûter 7, ce qui serait presque étonnant d’ailleurs, car le rapport du coût au volume traité paraît d’un coup bien élevé à Bourg-de-Péage : 0,002 la tonne à Montpellier contre 0,006 la tonne à BDP. On pourrait même se demander si le coût a été bien évalué ou si c’est l’usine de Montpellier qui a été un gouffre financier.

Montpellier n’est pas Bourg-de-Péage. L’implantation prévue est assez éloignée des habitations. Le volume de traitement est différent. Est-ce qu’elle sera capable de produire de l’électricité pour chauffer le centre nautique à l’hiver 2012 ? Si on en croit l’expérience montpelliéraine, rien n’est moins sûr, mais souhaitons à son exploitant que ce soit le cas. A défaut de chaleur, siper risque surtout de porter une mauvaise effluve jusqu’au centre nautique, ce qui participera peut-être un peu plus de son échec annoncé.

Que pouvons-nous demander en tant que citoyens ?

  • Que soit dès à présent envisagé un mode d’assurance pour la compensation des riverains en cas de nuisance.
  • En savoir un peu plus sur le réseau de chaleur public envisagé : à-t-il pour vocation de n’alimenter que la piscine ? Que des sites publics ? Savoir à combien la communauté d’agglomération va acheter l’électricité produite, en quel volume, de quelle durée est le contrat de délégation et de quelle nature.
  • Organiser une visite citoyenne d’une usine équivalente existante pour que des citoyens et la presse puissent rendre compte de ce que c’est, de ce que cela produit, de l’odeur, qu’ils puissent rencontrer des riverains dudit projet afin de constater les inconvénients éventuels et qu’on leur explique ce qu’elle produit. Et cela pourrait tout à fait entrer dans le cadre des 1 % du budget dédié à la participation comme le défend Daniel Breuiller à Arcueil ou Geoff Mulgan en Angleterre.
  • Mais surtout qu’on établisse dès à présent une mesure de l’odeur (qui semble être la gène la plus courante). Qu’une étude de l’odeur soit commandée avant l’implantation de l’usine et qu’un suivit soit effectué avec des données accessibles à tout un chacun, en ligne, en temps réel, comme le proposent par exemple les gens d’OdoTech qui ont mis en place ce type de mesure pour une usine de méthanisation en Norvège par exemple. On pourrait même imaginer leur faire faire une simulation sur la portée des odeurs à partir d’études sur le vent et sur la portée depuis des usines similaires qu’ils ont pu avoir à traiter.
  • Qu’en cas d’utilisation de pesticides, la population soit mise au courant : des volumes, des pesticides utilisés, des fréquences…
  • Que le dossier de l’enquête publique soit accessible en ligne. 😉

Vous avez peut-être d’autres idées ! Allez donc rencontrer l’enquêteur public en mairie !

Written by leromanais

1 septembre 2011 at 18 h 23 mi

Publié dans Environnement

PLU péageois : des cartes qu’il faut se débrouiller à lire

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La ville de Bourg-de-Péage a mis en ligne un intéressant document de diagnostic et d’enjeux de son Plan local d’urbanisme (PLU) réalisé par le bureau d’urbanisme du Rhône, Latitude.

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Le document est intéressant à plus d’un titre, notamment parce qu’il dessine très bien les priorités de développement de la ville dans les années à venir, malgré son discours très formaté. L’un des enjeux esquissé est de « reprendre la maîtrise du développement urbain » (alors que c’est la ville qui a autorisé « la banalisation paysagère » que le document pointe du doigt : a savoir un habitat de petits pavillons et petits jardins attenants se répétant à l’infini). C’est plutôt effectivement un projet louable. Reste à savoir comment !

La réponse est certainement page 17, où le document démontre d’un point de vue purement comptable pourquoi il faut construire des cages à lapins où nous entasser tous ! L’urbanisation dense est donc sensée être plus économe ! Belle lapalissade, qui oublie de prendre en compte la qualité de vie à laquelle peuvent aspirer des gens qui ne vivent pas dans une grande ville. Cette optimisation de l’espace habité oublie certainement de prendre en compte les autres coûts de ce type d’urbanisation. Doit-on pour autant envisager des constructions qui transforment le village en grande ville, sans chercher à proposer un cadre de vie agréable : combien d’immeubles modernes proposent des jardins ou des piscines collectives qui permettraient de contrebalancer l’attrait de l’habitat pavillonnaire ? Fort peu.

Le document permet d’accéder à beaucoup de chiffres sur l’environnement, l’écologie, le paysage ou le trafic routier. On y aperçoit même un projet d’usine de méthanisation (ce que c’est – pas si loin du futur grand « Centre nautique », histoire de lui envoyer de bonnes odeurs – et oui, souvent ça pue, regardez à Montpellier ce qu’ils en disent !).

Les enjeux ne sont esquissées que sur des cartes, mais néanmoins on peut y percevoir les volontés de développement de Bourg-de-Péage à l’avenir. Une volonté de réaffirmer le centre-ville administratif (même s’il devient difficile de développer les commerces dans le centre ville ancien où les commerces sont de plus en plus épars, les rues trop étroites, les places de parking insuffisantes…), alors que les activités commerciales ont plutôt tendance à se développer hors du centre ancien. Quelles activités la ville doit-elle promouvoir pour réaménager le centre ancien ? Visiblement, les élus se posent la question.

On y constate aussi la volonté de revaloriser certaines rues qui vont des berges de l’Isère à la rue Jean-Jaurès, pour élargir les perspectives sur l’Isère.

A lire le document, on peut s’attendre à une modification du PLU existant pour développer un habitat moins pavillonnaire, ce qui est déjà le cas dans le centre ville ancien, mais qui risque de se prolonger dans la zone pavillonnaire de l’Est péageois. Reste à savoir ce que la ville envisage de faire des interstices urbains stigmatisés dans l’avant dernière page du document. La pensée « power-point » ne permet pas de savoir ce qu’il y a dans les projets des élus…

Reste la question de la réalisation de « coutures » urbaines pour relier l’Est péageois au centre ancien (avec la cicatrice du boulevard Alpes-Provence), et bien sûr pour relier le plateau (et son futur « Grand Centre de loisir ») à la ville : mais sur ces deux propositions, le document ne précise pas comment. Un document intéressant, auquel il manque le discours qui l’accompagne, les projets… Mais ceux-là, on ne les a pas trouvé sur le site de la ville.

Written by leromanais

4 juillet 2011 at 18 h 23 mi

Romans en transition ?

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Si vous avez 50 minutes, prenez le temps de regarder ce reportage sur le mouvement des villes en transition en Angleterre, signalé par Michel Lepesant sur le DAR des Alters de Romans qui montre bien comment les alternatives locales, concrètes, mêmes à petites échelles… peuvent finir par créer de la cohérence et du lien social. Alors que le projet de monnaie locale (la mesure) à Romans avance, alors que les maisons de quartier (notamment Coluche) multiplient les AMAP de produits locaux… on se dit que ces initiatives mériteraient de se démultiplier, pour toucher, comme on le voit dans le reportage bien d’autres domaines, allant du partage de jardins, aux ateliers de couture et de récupération… par exemple. Et même à un vrai projet politique local vers la transition (en 12 étapes, comme il se doit).

Les villes en transition ne sont pas si nombreuses en France. Alors à quand, Romans en transition ?

En attendant, l’assemblée constitutive de l’association « Commune mesure », qui va lancer le projet de monnaie locale, se tiendra le 10 décembre à 19h30 au théâtre de la Courte échelle. Soyons nombreux.

Si on ne fait pas l’effort d’imaginer le futur, et qu’on ne s’y implique pas, on aura le monde qu’un autre aura voulu.

Written by leromanais

28 octobre 2010 at 20 h 33 mi

De la ceinture verte de Valence… à l’émancipation sociale

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L’année dernière, j’étais sur les traces de l’innovation sociale britannique, cette année je reviens d’un passionnant voyage en Suède et au Danemark sur les traces de l’innovation sociale scandinave (toujours à l’invitation de la 27e Région, ce laboratoire d’innovation publique). Je vous invite à prendre le temps de parcourir le dossier que j’en ai ramené pour InternetActu.net :

J’avoue qu’à chaque fois que je m’immerge dans ces nouvelles méthodologies (voir également le dossier réalisé sur l’étude des comportements à partir du livre de Case Sunstein et Richard Thaler, les conseillers d’Obama, qui montrent que les consommations d’aliments dans des cantines changent de 10 à 20 % simplement en agissant sur la façon dont sont présentés les produits à ceux qui y mangent), j’ai du mal à comprendre qu’on puisse encore faire de la politique autrement qu’en pariant sur l’émancipation citoyenne et la cocréation, la participation active des citoyens… Qu’on puisse réfléchir à des aménagements de circulation sans d’abord les associer, à de nouvelles constructions sans d’abord leur en faire part et décider avec eux plutôt que seulement pour eux.

Pendant ces trois jours, le designer italien Enzo Manzini évoquait, assez accablé, le délitement de la politique italienne, en nous expliquant son combat pour maintenir la ceinture verte de Milan loin de la promotion immobilière à tout va. “Il n’est pas facile de faire prendre conscience aux citoyens que cette ceinture verte du Sud de Milan relève de la qualité de vie de Milan”. Or la zone agricole pourrait nourrir la ville et offrir aux Milanais de nouvelles opportunités d’activités liées à la nature et à l’agriculture. Pour cela il faudrait que les pouvoirs publics participent à la construction de nouveaux réseaux d’acheminement de la nourriture, développent l’agriculture biologique et promeuvent le “zero miles food and tourism”, c’est-à-dire l’agriculture et le tourisme de proximité, comme il l’explique dans sa présentation. J’avais tendance à penser qu’une telle horreur ne fonctionnerait pas chez nous, où la corruption politique n’a pas encore atteint le stade avancé de l’Etat italien, comme semblait me le confirmer la vivacité de l’agriculture de proximité de la région romanaise. C’était sans rien connaître du projet valentinois d’extension des zones commerciales que dénonce le Parti de Gauche de la Drôme, l’écologiste Danielle Persico, la Frapna, Court-Circuit ou les Verts de la Drôme

Face au projet local d’extension de la ceinture commerciale, nombreux sont ceux qui ont décidé de se réunir pour donner de la force à la solution alternative de ceinture verte valentinoise permettant d’installer un maraîchage de proximité, du tourisme et des activités de proximité plutôt que de nouvelles grandes surfaces, comme visiblement en a le projet plusieurs politiques locaux. C’est sûr que c’est avec des grandes surfaces, des grands complexes sportifs et des décisions venues d’en haut, plutôt qu’avec jardins collectifs ou des actions d’implications d’habitants dans les décisions qui les concerne qu’on transforme et détériore le plus le « vivre ensemble ». Il est temps de passer à la transition.

Written by leromanais

29 juin 2010 at 22 h 38 mi