LeRomanais

Agir local, penser global. L’internet local à Romans-sur-Isère et ses environs (Drôme).

Archive for the ‘Economie’ Category

L’essor de la création… locale

leave a comment »

Le web local est toujours en changement, sans que personne ne se préoccupe vraiment ni d’en mesurer l’ampleur, ni de le révéler.

Depuis quelques mois je vois apparaître beaucoup de sites de créateurs locaux – peut-être parce que l’espace qu’a ouvert récemment mon épouse m’a poussé à mieux m’intéresser à ce secteur. A moins que les artistes et artisans créateurs se soient mis à utiliser le web pour mieux se mettre en réseau. L’espace d’expression ouvert par l’internet (certainement poussé par le développement de l’autoentreprenariat) a offert un renouveau au Craftware, le loisir créatif. Les gens se sont mis à ouvrir des blogs pour parler de ce qu’ils faisaient. Puis se sont mis à ouvrir des boutiques pour vendre les objets qu’ils réalisaient. C’est la mode du Craftware, des créateurs indépendants entre l’art et l’artisanat, que propulsent des plateformes comme Etsy, ThreadandNeedles, A little Market (25 000 inscrits en France), Samoz, Dawanda

C’est également la mode des plateformes qui permettent de commander et de fabriquer des produits depuis son ordinateur, comme le souligne Chris Anderson dans son dernier ouvrage, Makers. “La révolution de la fabrication permet désormais à chacun de mettre des usines en marche d’un simple clic de souris”, qu’elles soient ici, comme à l’autre bout de la Chine. Il est désormais possible de personnaliser a peu près tout et n’importe quel objet standard sur CafePress ou Threadless… Des tee-shirts ou des mugs, mais aussi désormais n’importe quel habit, des oreillers comme portefeuilles ou des couvertures… Et demain, cela s’appliquera à bien d’autres objets encore comme le dessinnent Ponoko ou Shapeways, qui permettent de produire des objets depuis un simple fichier composé sur son ordinateur.

march_de_cratrices2

Les loisirs créatifs permettent eux une autre forme de personnalisation. Celle de la production unitaire. Et ce mouvement touche autant la Drôme que le reste du monde. Les créateurs et artistes locaux ouvrent leurs blogs, parlent de ce qu’ils font dans leurs ateliers, sur leur table de travail… et ouvrent parfois des boutiques. A Romans, pêle-mêle, on trouve ainsi le site du peintre et illustrateur Jean-Luc Boiré, de la créatrice d’images Myriam Gauthier-Moreau, de Valérie Dumas… mais également les bijoux de Gadouille, de Biloba (boutique), de l’illustratrice Catherine Samuel (et ses créations), les créations de textiles de Lucie Mercier, Catherine Tourel, Céline Cron, les bavoirs de lilipastille (boutique)… les sculptures de Cécile Lienhard, les plafonniers d’Estelle Berthelon

1332066666-459

Les créatrices (car ce sont souvent des femmes) semblent également nombreuses dans les environs de Die (comme Tournico ou Chloé Marcel… voir également les créations textiles naturelles de Magali Bontoux), ou en Ardèche (les mosaïques de Muriel Ligerot, les faïences émaillées de Rouge Petit Coeur (boutique), les bijoux de Gabounette (blog), Les ateliers récréatifs de Fanie…)…
Mais c’est à Valence qu’elles semblent les plus nombreuses et les organisées en ligne. Des ateliers de Tricot Thé, aux boutiques (8grandeRue ou Le comptoir des bambins…), en passant par les soirées organisées par les Récréateurs ou les marchés de créateurs organisés de main de maître par l’équipe des Mouchettes depuis juin 2009, qui est devenu le pilier de l’organisation de ce réseau.

Reste qu’il est encore difficile de s’y repérer dans la création locale. Beaucoup cumulent les espaces (sites, blogs et boutiques). Les places de marché ne proposent pas souvent d’entrée géographique (pour trouver tous les créateurs d’un pays ou d’une région), les index sont inexistants (et compliqués à mettre en place car le plus souvent les créateurs font plusieurs choses) et les créateurs ne se relient les uns les autres que par des liens, des blogrolls de noms ésotériques marques d’un vaste univers identitaire à explorer.

Hormis l’action des Mouchettes qui tente de rassembler les créateurs valentinois (et au-delà), force est de constater qu’il est encore difficile d’y voir clair dans ce que proposent les unes et les autres. La communauté et le réseau marchent fort entre créatrices : elles se connaissent et semblent beaucoup échanger entre elles, faisant parfois des actions communes, comme l’illustre la collaboration entre Catherine Pollak de Motifs et Cie (boutique, blog, et le blog des créatrices qui utilise ses imprimés) et la créatrice de mode Kate Yoko qui réalisent ensemble des tutoriels pour d’autres couturières. L’échange, la collaboration, l’entraide sont au coeur de ces pratiques créatives en ligne.

Reste que ces espaces demeurent souvent hermétiques à ceux qui n’en sont pas. Le design de nombre de blogs (ah maudit Over-blog !) rend l’accès difficile à qui n’est pas motivé pour participer de ces réseaux. Beaucoup d’artistes ne prennent pas même le soin de se présenter (pas de nom – que des surnoms -, ni d’adresse, pas toujours un téléphone… et parfois pas même de mail pour contacter l’auteur !). L’entre-soi demeure souvent confortable. Mais l’exemple des Mouchettes montre bien que ce réservoir de créativité cherche à s’organiser sur la toile, à se relier, à s’ancrer dans le territoire, pour relier les boutiques en ligne au monde réel et donner de la chaire aux commentaires laissés sur les blogs.

Les outils sont encore un peu frustes. Tant mieux, cela veut dire qu’il y a encore du travail pour l’organiser et le mettre en valeur.

En attendant, n’hésitez pas à faire un tour au WinterMarket de Romans les 7-8-9 décembre 2012… et à faire part d’autres blogs/boutiques/sites de créateurs locaux en commentaires.

wintermarket

Written by leromanais

5 décembre 2012 at 8 h 00 mi

Questions locales pour 2030

with one comment

Né en juin 2010, le syndicat mixte du Schéma de Cohérence Territoriale (SCOT) Rovaltain Drôme-Ardèche se veut un nouvel outil au service de l’aménagement du territoire. Au terme de sa constitution, il devrait rassembler 300.000 habitants répartis sur 106 communes. Le Scot (Wikipédia) « est un document d’urbanisme qui détermine, à l’échelle de plusieurs communes ou groupements de communes, un projet de territoire qui vise à mettre en cohérence l’ensemble des politiques sectorielles notamment en matière d’urbanisme, d’habitat, de déplacements et d’équipements commerciaux, dans un environnement préservé et valorisé ». C’est donc un schéma de territoire qui a pour principe d’établir et de fixer des règles pour l’aménagement futur de celui-ci, un peu comme l’est le Plan local d’urbanisme (PLU, Wikipédia) au niveau des communes, si ce n’est que le Scot a pour principe d’être plus prospectif. Il doit dessiner l’avenir de notre territoire pour 20 à 30 ans (a priori, le Scot n’a rien à voir avec le projet de Grande agglomération (la Commission départementale de la coopération intercommunale, CDCI que critique vertement Gérard Bouchet depuis plusieurs mois), même si, bien évidemment, le mouvement de recomposition des communes et de l’intercommunalité engagé depuis 2008, n’est pas non plus complètement indépendant de chacune des étapes de rapprochement qui le rythme, à l’image du travail de prospective (.pdf) livré par le cabinet Arcadie pour Rovaltain en février 2010). Un avenir qui n’est pas sans objectifs, puisqu’il doit « contribuer à réduire la consommation d’espace en luttant contre la périurbanisation, équilibrer la répartition territoriale des commerces et services, améliorer les performances énergétiques, diminuer les obligations de déplacement des habitants ainsi que réduire les émissions de gaz à effet de serre ».

Les diagnostics en cours sont vraiment très très riches de données sur notre territoire et les évolutions en cours.

Dans ce cadre, le Scot prévoit un « dispositif participatif » qui consiste en un cours sondage en ligne de la population (rien de précis, rassurez-vous amis citoyens !) et quelques réunions publiques (le 1 février à 18h30, au Pavillon des congrès à Valence, le 2 février à 20h00, salle Charles Michels à Romans, le 9 février à 18h30, salle Georges Brassens à Tournon) où commencerons à nous être présentés les grandes orientations de ce schéma, dont l’essentiel du projet devrait être fixé en juin (voir le calendrier). Vu ces enjeux toujours si techniques qui dépassent les simples citoyens, n’espérons pas avoir beaucoup plus… D’ailleurs, le questionnaire ne comporte aucune question sur l’habitat, la mobilité ou l’imbrication commerciale : on ne nous parle que de l’image et de notre perception du territoire. Quoiqu’il en soit, les cabinets techniques vont rendre leurs conclusions que les élus parapheront.

En l’absence de document de synthèse provisoire, il est difficile de dire à quoi va ressembler ce schéma régional. Il devrait mettre néanmoins un coût d’arrêt à la périurbanisation, c’est-à-dire limiter l’étalement de l’habitat (430 à 450 ha de terrains agricoles ou naturels ont été consommés depuis 1999, soit une moyenne de 45 ha annuellement du côté drômois, ce qui correspond presque à la superficie de Mours Saint-Eusèbe explique l’une des études (.pdf)) – sans nous dire par quoi nous allons remplacer cette France pavillonnaire. Elle va certainement émettre des réglementations pour maîtriser le développement commercial des centres commerciaux, au profit de Valence et en limitant l’extension des centres commerciaux de Romans (voir cette étude (.pdf)). Sur le reste des options (performances énergétiques, déplacements), les documents publiés ne sont pas encore très très parlant… Mais il suffit de suivre l’actualité du Scot pour être au courant – dommage, à nouveau, que le site ne propose ni fil RSS ni lettre d’information. A croire qu’il ne faut pas trop outiller l’autonomie informationnelle du citoyen.

J’invite nos élus et les citoyens à se documenter sur ce qui les attends. Notamment, en lisant l’éclairant petit livre de l’urbaniste Jean Haëntjens, La ville frugale (qu’ils peuvent se procurer dans des librairies de proximité) (voir interview) ou encore l’étude de sur l’étalement urbain (.pdf) du Réseau Action climat (recommandé également par le blog de l’Ardèche Verte) et les inviter à lutter contre la France moche qu’ils nous ont si magnifiquement construite ces 30 dernières années.

Et puis à aller donner leur avis, parce que même si visiblement on ne nous permet pas de dire des choses importantes, il faut toujours saisir l’occasion de le faire.

Written by leromanais

13 janvier 2012 at 12 h 49 mi

Une monnaie de proximité à Romans ?

with 3 comments

Très intéressant projet développé par le DAR (Des alters Romans), et l’Aiire (Association intercommunale d’information et de recherche en écologie) : celui de mettre en place d’ici septembre une monnaie complémentaire locale (nous apprend le Dauphiné), suite au Forum citoyen organisé l’année dernière.

Il existe de nombreuses monnaies complémentaires locales à travers le monde (comme le célèbre Chiemgauer), mais encore très peu en France (il y en a une à Villeneuve-sur-Lot, où l’association Agir pour le Vivant à lancé l’Abeille et surtout les SOL du réseau du même nom, qui se développent un peu partout en France). Celles-ci vont plus loin que les SEL (Systèmes d’échanges locaux) qui n’ont pas de convertabilité vers la monnaie principale (voir également le groupe de travail sur le sujet par des acteurs de l’économie sociale et solidaire de Brest). Un projet qui peut être potentiellement très riche à mesure qu’il arrive à fédérer une grande variété de commerces et de producteurs locaux, mais également d’associations et de structures locales. La réussite dépend souvent de la force de la solidarité du réseau et de l’offre associée qui permettent d’en faire une vraie alternative et pas seulement un système disponible entre initié… On va se brancher donc sur ces nouveaux blogs pour en savoir plus.

PS : Le livre Monnaies régionales de Bernard Lietaer, l’un des spécialiste de la question, est en cours de reliure à la Médiathèque Monnaie. Dès que je l’ai fini, je vous le passe. 😉 Le livre est disponible en .pdf gratuitement sur le site de son éditeur !

View this document on Scribd

PS 2 : Pour ceux que cela intéresse, il y a à Grenoble les 28 et 29 mai les 12e rencontre de la démocratie locale, organisée par l’Adels, qui vont entre autre traiter de ce sujet. Je vous invite à y faire un tour.

Written by leromanais

25 mai 2010 at 8 h 38 mi

Publié dans Economie

Comment libérer des données publiques, concrètement ?

with 22 comments

Le canton de Bourg-de-Péage et du pays de Romans ont récemment édités un intéressant Guide de la vente directe, de la ferme à l’assiette (.pdf), qui présente et répertorie quelques 91 producteurs locaux de fruits, légumes, viande, etc. qui proposent des modalités de vente directe.

View this document on Scribd

Ce guide référence de très nombreux producteurs locaux, mais pas tous, et en les limitant à une circonscription administrative précise, qui ne correspond pas à nos bassins de vie, c’est-à-dire à la manière dont nous circulons sur le territoire. Le format sous lequel il est présenté, de surcroit, ne correspond pas vraiment, pour ma part, à la façon dont j’ai besoin de consulter ces informations : pour ma part, j’ai plutôt besoin d’une carte, avec des données que je puisse récupérer pour les agréger à mes propres cartes… Sur le site de l’Office de tourisme de Romans-Bourg-de-Péage, vous avez accès, via la cartographie, à l’ensemble de ces producteurs locaux, répertoriés sur une carte. Mais vous ne pouvez pas ajouter d’entrée, ni télécharger les données, ni agréger ces données à vos propres cartes. Et le moteur de recherche associé ne pointe pas sur la carte, mais uniquement sur les documents bruts du site : impossible par exemple d’accéder directement à une fiche ou à la carte en faisant une recherche.

La base de donnée des producteurs locaux devrait être libre et accessible aux citoyens comme bon leur semble. J’ai donc décidé, unilatéralement, de la libérer. Je suis persuadé qu’elle devrait intéresser de nombreux sites : sites de maisons de quartiers souhaitant promouvoir la production locale et pouvant donner accès autrement à une liste de producteurs locaux (les trois maisons de quartier de Romans proposent toutes des paniers d’Amap locales), sites d’écoles d’agriculture (Lycée horticole de Romans, MFR de Mondy et leurs nombreux sites satellites, comme l’excellent Un monde allant Vert) souhaitant utiliser ces données pour les mixer aux leurs et les compléter, sites de ces mêmes producteurs locaux, qu’ils soient référencés par les producteurs du coin ou de Ferme en Ferme ou pas (comme c’est le cas de la plupart des producteurs, qui ne sont pas référencés dans ces bases, ni toujours sur les PagesJaunes et qu’on trouve souvent au détour d’un panneau sur les routes qu’on parcours), simples citoyens désireux de contribuer à l’amélioration de ces données, au-delà de limites administratives fictives qui nous sont proposées, etc.

Comment faire ?
J’ai donc passé ce guide en tableur en utilisant Google Docs et notamment GoogleForm et GoogleSpreadsheet, les applications de Google permettant de créer très facilement des Formulaires en ligne et des bases de données.

Restait, une fois les données récupérées (via un simple mais patient copié-collé d’information – et oui, l’extraction de données publiques, c’est d’abord du copié-collé !), à géolocaliser les adresses. Et si cela peut être simple quand on a des données clairement référencées (avec des identités, des numéros, des noms de rues, un code postal précis), force est de constater qu’il est bien plus dur de géoréférencer des adresses en milieu rural où le quartier, le lieu dit, voir la seule identité du producteur fait office d’adresse. Les outils utilisables pour faire ce travail (comme BatchGeocode ou Click2Map – merci Loïc Haÿ et son WidgetOLab) produisent bien souvent des approximations. Cependant, ils ont également un avantage : celui de vous montrer les erreurs que vous avez fait dans la collecte des données.

Pour ma part, j’ai ajouté déjà 5 fiches au document originel : notamment celle du producteur de Pommes, pêches, cerises et abricots où je me fournis quasiment chaque semaine et qui n’était pas dans le guide. Et celles de quelques autres, qui n’entrent pas dans les limites administratives du guide, mais chez lesquels il nous arrive de passer (il n’y a que les administrations pour penser leurs limites avec des frontières étanches). Et je suis persuadé qu’il y en a encore beaucoup d’autres, qui ne sont pas indiquées dans les guides…

Ce qui est libéré !
Vous pouvez accéder au formulaire pour compléter le référencement. Voici le moteur de recherche qui permet de regarder si le producteur que vous souhaitez ajouté y est déjà. Et voici la base de donnée que vous pouvez réutiliser comme bon vous semble (disponible en de multiples formats .csv, Excel et OpenDocument si vous utilisez OpenOffice. La base est même disponible au format RSS pour surveiller les ajouts). Depuis la carte générée par BatchGeoCode (tout en bas de la page), on peut produire un fichier .kml que vous pouvez ensuite déverser dans n’importe quel outil générant de la cartographie Umapper par exemple ou Google Maps…).

Cette dernière carte, pour l’instant, n’est pas finalisée. Google Maps n’a pas sauvegardé toutes les données, notamment les regroupement par catégories tels qu’on les distingue ici. Pour qu’elle soit fonctionnelle, il faut corriger la mise en page et visiblement (hélas) rééditer à la main les catégories (fait)…

(et oui, c’est pas facile tout ces systèmes incompatibles entre eux).

Mais le but, désormais est que vous puissiez utiliser ces données pour tout autre chose : créer des graphes, les ajouter à d’autres données (par exemple sur un répertoire des commerces qui proposent des produits locaux, je ne sais pas), les mixer à d’autres données (on pourrait les combiner par exemple avec des images issues de Flickr pour faire qu’à chaque fiche corresponde une image piochée automatiquement dans la base de données géographique – il faut que j’essaie de faire cela avec un YahooPipes ! – je vous tiendrais au courant)…

Si vous souhaitez utiliser ces données, libre à vous, mais je vous serais reconnaissant de le faire savoir en commentaire.

Tout ça pour quoi ?
Tout ça pour mieux comprendre, concrètement, à ma modeste échelle, sans être programmeur, ni utiliser des outils de récupération de données évolués, ce vaste discours sur la libération des données publiques – duquel je participe. J’ai voulu, volontairement, prendre un exemple concret, précis, et voir ce qu’il était possible de faire.

On peut imaginer faire cela sur bien d’autres répertoires de données, à la manière de ce que font les gouvernements britanniques ou américains, ou ce que font des collectifs français comme Regards Citoyens.

Ce petit exemple montre en tout cas que l’exploration pratique dans les territoires n’est pas si simple. Que l’accès aux données (à des données fraiches, datées, à jour, complètes…) est compliqué. Et qu’il est même difficile d’imaginer ce qu’on peut en faire, concrètement. Comme le soulignait Benoït Thieulin de la Netscouade lors de l’Open Data Camp de janvier dernier : quelles sont les données qui sont exploitables ou disponibles dans de multiples autres domaines que le tourisme ou le transport, qui sont souvent les secteurs les plus structurés par les données ? Quelles données environnementales les services de la ville ou du département amassent ou pourraient donner accès ? Quelles données économiques (notamment sur l’emploi) sont accessibles et seraient libérables ? Quelles données d’exploitation de services publics pourraient donner naissance à des applications « décisives » ?

On le voit en tout cas, localement, l’enjeu est de donner accès à des petits répertoires de données bien souvent, qui peuvent permettre à d’autres acteurs locaux de gagner du temps. Qui mis bout à bout peuvent prendre du sens. Hormis les données récoltées automatiquement, beaucoup auront besoin d’embarquer les citoyens pour les améliorer et les rendre plus utilisables : car sans leurs enrichissements, finalement, ces données libérées n’auront bien souvent que peu d’impacts…

Reste encore à les rendre utilisables par tous… Et on devine que là ce n’est pas aussi simple qu’on voudrait le croire…

On voit bien qu’il ne suffira pas d’en parler, et les bons exemples d’OpenStreetMap ne suffisent pas (la cartographie libre et collaborative, qui seule permet d’avoir des données précises d’accessibilité sur une ville par exemple, car les données d’OSM peuvent être corrigées par les gens, là où celles de GoogleMaps ne peuvent pas l’être : par exemple, la rue du 19 mars 1962 à Pizançon est accessible dans les 2 sens sur OSM (ce qui est le cas) alors que sur GoogleMaps elle est faussement indiquée en sens unique). La libération des données publiques, même au niveau local reste encore un chantier…

Written by leromanais

2 février 2010 at 17 h 59 mi

Après le tourisme, l’économie !

leave a comment »

Après le tourismece que j’en disais -, c’est à l’économie locale de bénéficier d’un site réalisé par Romans-Bourg-de-Péage Expansion (RBE), le syndicat mixte à vocation économique créé en juillet 2006, fusion des services économiques de la Communauté de Communes du Pays de Romans et de celle du Canton de Bourg-de-Péage. RBE, lance Relatio (étrange URL), qui se veut à la fois un annuaire professionnel local, un site d’information à destination des entreprises et une vitrine pour l’implantation d’entreprises.

relatiorbe

L’annuaire est plutôt intéressant, même s’il souffre des limites de ce type d’exercice (notamment de ne pas savoir de quand date la fiche !) : il permet néanmoins d’accéder à des fiches d’entreprises et à toutes celles qui travaillent sur un même secteur (comme toutes celles qui travaillent sur le domaine de l’internet par exemple). Il manque juste un accès par catégories de services d’une manière directe… Mais il suffit de trouver une entreprise du secteur pour accéder aux services. Chaque fiche comporte des informations minimum : secteur d’activités, responsables, CA, localisation, site web… Une belle exploitation de base de donnée, assurément. Elles sont facilement modifiables et l’on peut demander facilement à y être ajouté, ce qui est un rare progrès. Il pourrait être judicieux de permettre aux entreprises d’ajouter des liens vers Viadeo notamment, pour permettre à cette base de donnée d’offrir un accès vers des relations plus concrètes et permettre de passer des entreprises aux hommes. Ce serait une expérience en tout cas intéressante.

Le volet information est lui aussi intéressant. Notamment par la mise à disposition de contenus en libre téléchargement… Pour l’instant encore un peu sommaire, on espère que le RBE y publiera également quelques-unes des études économiques qui circulent dans ses bureaux, pour que les entreprises puissent également accéder aux études qui les concerne.

Ah, oui, l’ensemble dispose d’un flux RSS, auquel vous pouvez vous abonner.

Written by leromanais

5 juin 2009 at 18 h 38 mi

Publié dans Economie

Parking à l’encan !

with one comment

L’Impartial nous l’annonçait en janvier, dans un article reprenant scrupuleusement le communiqué de presse (.pdf) émis par les autorités : « Rovaltain a mis à disposition de la SNCF un terrain pour la création de 430 places de parking supplémentaires, mises en service au printemps prochain. » Pas de contre avis. Pas d’avis d’usager. Pas de regard sur la situation actuelle. Un article au service minimum, comme bien souvent. J’ai réagit à l’époque en commentaire sur le site internet de L’Impartial, mais un commentaire n’a pas la même force qu’un billet. Je profites d’avoir enfin un peu plus de temps pour m’épancher…

Les 830 places de parkings actuels qu’exploite Eiffa en concession ne sont pas remplis chaque jour. Non. Une estimation à la louche, me ferait dire que le taux d’occupation doit tourner autour de 60 à 70 %. Les 40 à 30 % restant pourraient tout à fait être largement remplis par les voitures qui stationnent partout en-dehors des parkings, le long des bas-côtés, et sur tous les autres parkings (gratuits) de Rovaltain. Il manque effectivement de places de parking, mais pourquoi le taux d’occupation des parkings d’Eiffa n’est-il alors pas de 100 % ? Visiblement, c’est une question que nul ne cherche à se poser. Le parking payant de Rovaltain coûte cher. 24 heures de stationnement coûte 9,60 euros. 12 heures : 7,80 euros, nous rappelle ResaPlace. Auquel il faut encore ajouter votre billet de train (qui lui aussi est rédhibitoire, même avec un abonnement ou des cartes sensées être de réduction). On comprendra que beaucoup de voyageurs souhaitent faire attention à leur budget. Le développement du stationnement sauvage à Rovaltain n’est pas un problème de place disponible, il est d’abord un problème de prix. Qu’on souhaite garer sa Mercedes dans un parking payant et fermé, on peut le comprendre. Mais quel est l’intérêt pour bien des gens dont la voiture n’est pas luxueuse et pour qui les trajets sont déjà couteux, de payer un tel stationnement ! En tout cas, la solution esquissée, de vendre l’espace public au secteur marchand, ne me semble pas être le résultat d’une bonne analyse de ce qu’il se passe à Rovaltain.

Les bus permettant de se rendre à la gare le matin notamment (le train de 6h50 pour Paris, notamment, souvent bondé) n’existent pas. Impossible d’utiliser les transports en commun donc. Pourquoi, plutôt que de concéder 430 places de stationnement supplémentaires à Effia, ne pas avoir imaginer une solution de covoiturage, qui offrirait un parking gratuit à ceux qui arrivent en voiture à plusieurs sur le site ? Certes, ce nouvel espace de stationnement, plus éloigné, bénéficiera d’une tarification réduite (on regardera les prix, promis). Mais est-ce que ce sera une solution suffisante ?

Bien sûr, si l’exploitation de Rovaltain commence enfin un jour (ce n’est pas les trois bâtiments qui composent le site après 10 ans d’exploitation qu’on peut appeler une réussite), il y aura certainement besoin de ce parking. Reste qu’il aurait pu s’accompagner également d’autres mesures, plus soucieuses d’environnement, de développement durable et social (et pas seulement celles de normes de construction : si on croit que le développement durable s’imposera uniquement par les normes et la technique…). Le problème, c’est que la concession sur une durée fixée, limite ensuite toute innovation. Quand nos élus vendent l’espace public, les citoyens se doivent de se conforter aux règles établies par l’espace privé. Et celui-ci n’a pas intérêt à innover dans son modèle économique. Le secteur public concessionnaire pourrait imposer non seulement des règles de construction (et de marché public, ce qu’il fait déjà) mais aussi et surtout des règles d’usages et même des tarifs pour celui qui reçoit la concession (et de même, mieux évaluer la rentabilité économique d’un site qu’il concède : d’ailleurs, toute concession devrait faire état de la rentabilité prévue et en fin de mandat, de la rentabilité effective, afin de mieux mesurer les choix de nos élus). Bien souvent, il n’en fait rien. Or ce sont dans les usages que les réservoirs d’innovation sont les plus forts. Un parking qui accueillerait gratuitement des abonnés à un service de covoiturage, voilà une solution durable, sociale et innovante pour fabriquer du plaisir et du désir, pour fabriquer une Mobilité plus libre et plus durable. Avec la concession sans conditions d’usages, nous en sommes très très loin. C’est jusque dans la passation de ses marchés que le secteur public doit être innovant. Y’a du travail !

Written by leromanais

26 mars 2009 at 22 h 55 mi

Poste à pourvoir

leave a comment »

Le Pôle numérique drômois recrute un chef de projet Services numériques (fiche de poste .pdf). Via Rhône Alley.

Written by leromanais

25 mars 2009 at 11 h 57 mi

Publié dans Economie