LeRomanais

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Les projets des uns, les maux des autres

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Dans le dernier numéro de Drôme Mag (.pdf), le président du Conseil Général, Didier Guillaume interpelle les drômois sur le fait qu’ils aient été bien peu nombreux à se déplacer pour voter aux dernières élections cantonales. Avec 52,3 % d’abstention, autant dire qu’une majorité de drômois ne s’est pas intéressé à ces élections locales. Pour Didier Guillaume, la faute en revient aux médias qui n’ont pas su mobiliser les gens…

« Les élections cantonales sont passées. Seule la moitié des cantons était renouvelable. En 2014 nous assisterons à un renouvellement général. Cette élection, dont les enjeux sont pourtant essentiels à notre vie quotidienne, n’a intéressé aucun grand média national. Est-ce pour cette raison que l’abstention a atteint un tel record ? En partie certainement, mais pas seulement. Lorsque l’abstention atteint 50 %, le malaise est profond. Je ne suis ni aveugle ni sourd.
Je sais que vous êtes nombreux à considérer que la politique n’est pas à même de changer votre vie quotidienne, que les dirigeants politiques parfois ne pensent qu’à eux et ne s’occupent pas des problèmes qui vous préoccupent. Peut-être n’avez-vous pas toujours tort. Mais ce n’est pas une généralité.

Dans la Drôme nous avons l’ambition de vous démontrer le contraire, de vous démontrer que nos pratiques politiques, nos comportements et nos actions en faveur des Drômois sont 100 % utiles.

La majorité départementale est sortie des élections renforcée en nombre et dans sa diversité. C’est pour moi une fierté, mais ce n’est pas une fin en soi. Avec mon équipe, nous porterons nos convictions et nos projets pour la Drôme et
les Drômois. Mais nous ne le ferons pas seuls. Je souhaite que l’Assemblée départementale dans son ensemble travaille de manière collective, respectueuse des idées et des personnes, dans un état d’esprit constructif.

Réhabiliter la politique est une urgence et une nécessité pour notre démocratie. Cela passe par des actes. Cela passe par des élus conscients de leurs responsabilités. Cela passe aussi par des citoyens actifs. Je souhaite que tous les acteurs de la vie sociale, économique, culturelle, se mobilisent pour mettre la Drôme en mouvement. Pour créer les conditions d’un développement harmonieux et solidaire.

A l’aube d’un nouveau mandat de trois ans, je veux l’affirmer : ce n’est pas pour nous-mêmes que nous nous sommes engagés dans la politique locale. C’est au service de tous, de l’intérêt général, non pas pour diviser mais pour rassembler.
L’ambition n’exclut pas la modestie. C’est ensemble que nous avancerons. »

Didier Guillaume

On peut toujours repousser la faute sur les autres, comme le fait facilement Didier Guillaume en s’en prenant à la presse. Mais le plus intéressant à décrypter dans ce discours, c’est comment il se retourne sur lui-même. Plutôt que de remettre en cause la méthode politique, le président du Conseil général la réaffirme, dans un jeu entre le nous (les élus) et le vous (les citoyens). La politique est au service des gens, mais ce sont les élus qui la « démontrent », qui la font « au service de tous », qui portent « nos convictions et nos projets »… Ce petit discours plein de formules en dit surtout beaucoup sur la manière dont nos hommes politiques font de la politique. Ils la font pour l’intérêt général. Ils font le bien des citoyens – contre leur gré. Ils prennent les décisions (« leurs projets, leurs convictions, leurs actions, leurs pratiques, leurs comportements… ») pour les autres. Ils en justifient l’utilité totale (100 %).

Tant qu’on envisagera la politique de cette manière, il sera effectivement difficile de réduire le malaise et l’indifférence. Au contraire. La politique ce n’est pas des élus « au service » des citoyens. Mais ce sont des élus qui prennent des décisions avec les citoyens et qui appliquent non pas « leurs projets et leurs convictions » mais les discutent, les amendent… Les politiques ont pris l’habitude de prendre des décisions à la place des autres, pour leur bien. Selon moi, c’est la pire posture qui soit. Sans concertation, sans participation des citoyens aux décisions, aux projets, aux budgets, il n’y aura pas de remède à l’indifférence. Le pire est que, pour beaucoup, le remède pourrait bien être un placebo. Car dans bien des cas, la participation est traitée par dessus la jambe, comme un cautère sur une jambe de bois. On créé des comités théodules sans attributions ni budgets ni pouvoirs, qui ne servent à rien d’autre qu’à vider de sens ce que la co-conception pourrait être (exemple local).

Dans toute la promotion de marketing politique que le magazine départemental nous sert sur 32 pages, quelles sont les actions qui ont été décidées avec les citoyens, qui ont été coconçues pas seulement avec d’autres institutions, mais bien avec des citoyens dans leur diversité ?

Il serait effectivement grand temps de désorganiser les organisations !

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Written by leromanais

26 avril 2011 à 13 h 47 mi

Publié dans Politique

3 Réponses

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  1. tres bonne analyse hubert mais ne suis pas sur que nos édils preferent la salade romanaise ouverte a tous qu’une salade avec sauce interne …!!!!!

    fournier alain

    29 avril 2011 at 7 h 32 mi

  2. Si je partage une bonne partie de ton analyse Hubert, une chose dont je suis convaincu c’est que nous avons besoins de débat sur la démocratie et l’intervention politique et pas seulement en France. Nous subissons un mode représentatif qui pour le coup ne représente pas la population. Si les absentions sont comptabilisées n’oublions pas les électeurs potentiels non-inscrits. La posture du PS sur cette question de démocratie mérite d’être regardée de près, au-delà des discours. Voilà un parti politique qui s’acharne à combattre les pouvoirs d’intervention des citoyens, même si sur ce plan l’UMP est sans conteste bien plus vigoureux. Il n’est qu’à voir l’attitude des politiques vis-à-vis du mouvement syndical. Le PS a créé de toute pièce SUD dans les PTT en 1988 pour permettre les privatisations de France Télécom puis de La Poste. L’UMP dont le ministre du Travail essaie d’expulser les syndicats de leurs locaux dans plusieurs villes de France. La santé d’une démocratie se mesure, entre autre, à la capacité qui est donnée aux contre-pouvoirs. Ce qui me fait penser que notre démocratie est profondément malade.

    domard

    14 mai 2011 at 11 h 02 mi

  3. Oui Yves. Totalement d’accord.

    Hubert Guillaud

    14 mai 2011 at 11 h 24 mi


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