LeRomanais

Agir local, penser global. L’internet local à Romans-sur-Isère et ses environs (Drôme).

De la ceinture verte de Valence… à l’émancipation sociale

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L’année dernière, j’étais sur les traces de l’innovation sociale britannique, cette année je reviens d’un passionnant voyage en Suède et au Danemark sur les traces de l’innovation sociale scandinave (toujours à l’invitation de la 27e Région, ce laboratoire d’innovation publique). Je vous invite à prendre le temps de parcourir le dossier que j’en ai ramené pour InternetActu.net :

J’avoue qu’à chaque fois que je m’immerge dans ces nouvelles méthodologies (voir également le dossier réalisé sur l’étude des comportements à partir du livre de Case Sunstein et Richard Thaler, les conseillers d’Obama, qui montrent que les consommations d’aliments dans des cantines changent de 10 à 20 % simplement en agissant sur la façon dont sont présentés les produits à ceux qui y mangent), j’ai du mal à comprendre qu’on puisse encore faire de la politique autrement qu’en pariant sur l’émancipation citoyenne et la cocréation, la participation active des citoyens… Qu’on puisse réfléchir à des aménagements de circulation sans d’abord les associer, à de nouvelles constructions sans d’abord leur en faire part et décider avec eux plutôt que seulement pour eux.

Pendant ces trois jours, le designer italien Enzo Manzini évoquait, assez accablé, le délitement de la politique italienne, en nous expliquant son combat pour maintenir la ceinture verte de Milan loin de la promotion immobilière à tout va. “Il n’est pas facile de faire prendre conscience aux citoyens que cette ceinture verte du Sud de Milan relève de la qualité de vie de Milan”. Or la zone agricole pourrait nourrir la ville et offrir aux Milanais de nouvelles opportunités d’activités liées à la nature et à l’agriculture. Pour cela il faudrait que les pouvoirs publics participent à la construction de nouveaux réseaux d’acheminement de la nourriture, développent l’agriculture biologique et promeuvent le “zero miles food and tourism”, c’est-à-dire l’agriculture et le tourisme de proximité, comme il l’explique dans sa présentation. J’avais tendance à penser qu’une telle horreur ne fonctionnerait pas chez nous, où la corruption politique n’a pas encore atteint le stade avancé de l’Etat italien, comme semblait me le confirmer la vivacité de l’agriculture de proximité de la région romanaise. C’était sans rien connaître du projet valentinois d’extension des zones commerciales que dénonce le Parti de Gauche de la Drôme, l’écologiste Danielle Persico, la Frapna, Court-Circuit ou les Verts de la Drôme

Face au projet local d’extension de la ceinture commerciale, nombreux sont ceux qui ont décidé de se réunir pour donner de la force à la solution alternative de ceinture verte valentinoise permettant d’installer un maraîchage de proximité, du tourisme et des activités de proximité plutôt que de nouvelles grandes surfaces, comme visiblement en a le projet plusieurs politiques locaux. C’est sûr que c’est avec des grandes surfaces, des grands complexes sportifs et des décisions venues d’en haut, plutôt qu’avec jardins collectifs ou des actions d’implications d’habitants dans les décisions qui les concerne qu’on transforme et détériore le plus le « vivre ensemble ». Il est temps de passer à la transition.

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Written by leromanais

29 juin 2010 à 22 h 38 mi

3 Réponses

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  1. Bonsoir,
    Tout d’abord félicitations pour votre blog qui est très intéressant.
    Je vais réagir à votre article et vous donner mon opinion en tant que citoyen Valentinois. Tout d’abord pour vous dire combien je suis mécontent de lire votre avis de citoyen romanais (ou péageois) sur un projet Valentinois. J’ai envie de vous dire ami romano-péageois : occupez-vous de vos affaires ! C’est comme si moi j’écrivais un article pour dire combien Marques Avenue ou le nouveau centre aquatique de Bourg de Péage ont un effet dévastateur sur l’environnement à Romans en demandant leur fermeture immédiate.
    Visiblement, vous ne connaissez pas la nature du projet Oxylane. Ce n’est pas une grande surface classique dont il est question mais d’une base de loisirs qui proposera aux Valentinois (et leurs voisins) des services commerciaux et des équipements que la Ville de Valence n’est pas en mesure de proposer. C’est un équipement, certes privé (et alors?), mais dont bénéficieront directement les habitants de nos territoires. De plus, ce projet s’inscrit dans une démarche environnementale et il ne remet pas profondément en cause le projet de ceinture verte. Les verts exagèrent (comme ils ont coutume de le faire sur d’autres sujets) le réel impact sur l’environnement de ce projet et leurs propositions de rechange sont dérisoires. Ils se moquent des citoyens. Pour 3 agriculteurs, trois champs (qui ne proposent pas aujourd’hui de production agricole bio) et deux riverains, ils veulent sacrifier l’emploi, les loisirs des Valentinois et l’économie locale.
    Car enfin et cela me semble le plus important, ce projet propose la création de 100 à 200 emplois. En cette période de hausse du chômage et de la précarité, ce n’est pas négligeable. Merci de ne pas mépriser cet aspect primordial. Dans leur égoïsme et au nom de leur aveuglement idéologique, les verts et autres « défenseurs de l’environnement » sont prêts à priver les Valentinois d’un nouvel équipement de loisirs et de dispenser de travail des chômeurs de longue durée.
    Etrangement les verts se taisent sur l’expansion du secteur de Rovaltain qui lui se situe en plein champs et se trouve être nettement plus dévastateur pour l’environnement que le seul projet Oxylane. Des hectares entiers disparaissent pour établir des parkings, des zones industrielles qui au lieu d’être construites en hauteur s’étalent et s’étalent encore. Un peu de cohérence ne nuirait pas à leur crédibilité.
    Cordialement.

    levalentinois

    28 août 2010 at 19 h 06 mi

  2. @levalentinois : à l’heure où se projette une énorme communauté d’agglomération, il va pourtant bien falloir comprendre que l’avis des autres est à prendre en compte, d’autant plus, si, comme vous le dites, ça doit généreusement bénéficier à tous… Ah, tout ces gens qui veulent faire le bonheur des autres surtout sans leur demander leur avis. A croire que c’est l’essence de l’homo-politicus.;-) En tout cas, si vous souhaitez donner votre avis sur la politique romano-péageoise, n’hésitez pas !

    Sincèrement, il me semble que nous avons déjà de quoi en matière de centre commerciaux pour ne pas en ajouter d’autres. Mais vous avez raison : nous ne savons pas grand chose du projet, puisqu’aucun document n’est accessible en ligne hormis chez des opposants. Y’a-t-il donc quelque chose à cacher ? Quant au prétexte des emplois : il nous a été si souvent servi pour nous vendre n’importe quoi que sincèrement, je ne sais pas bien qui peut encore souscrire à cet argument aveuglément. Mais le loisir vu par Décathlon me laisse assez songeur : demain, on pourrait faire aussi un village pour vieux, un autre pour rom, etc. Je ne suis pas sûr que ce soit la société vers laquelle je souhaite aller.

    Hubert Guillaud

    30 août 2010 at 8 h 28 mi

  3. Je réagis avec un peu de retard, désolé.
    Pour Oxylane, ce serait se priver d’un parc de loisirs innovant (ça n’existe pas sur Valence) et plus d’une centaine d’emplois. Je vous invite à visiter leur site pour constater tout l’intérêt écologique et social de ce projet.

    Je ne suis pas l’actu Romano-Péagoise aussi bien que l’actu Valentinoise. Et pour cause, je suis Valentinois de cœur et pas Romanais, désolé. A mes yeux ce sont deux agglos, deux bassins de vie voisins mais distincts et parler déjà de fusion entre ces deux zones alors que Valence Agglo n’a que huit mois d’existence est bien prématuré.

    Je ne suis pas pour la grosse agglo avec pour épicentre administratif et politique le site de Rovaltain, en tout cas pas avant 20 ou 30 ans. Il n’y a aucun argument valable du côté Valentinois qui plaide en la faveur de la constitution de cette agglo à deux têtes avec ses deux centres historiques ayant chacun sa propre histoire, sa propre identité. Les romanais n’accepteront jamais que leur ville devienne la banlieue de Valence.

    Je suis pour conforter l’agglo valentinoise dans un premier temps. Sachez aujourd’hui que la rive droite (côté Ardéchois) n’est même pas encore intégrée à Valence agglo alors que ces villes là font réellement partie de l’espace urbain Valentinois. Aux yeux d’un Valentinois les Granges c’est plus important que Romans.
    Romans et BDP ne font pas partie de l’unité urbaine Valentinoise (au sens où l’entend l’INSEE). Les communes ardéchoises, Les Granges, St-Peray, Cornas ont déjà signifié au Maire de Valence leurs craintes et ne souhaitent pas intégrer ce projet intercommunal, mais celui-ci s’en moque visiblement puisque malgré les craintes que suscitent ses projets il persiste à vouloir le mettre en place.
    D’autres communes du bassin Valentinois refusent d’y entrer aussi. Pourquoi ? Parce que les élus de ces communes n’ont pas confiance dans les projets du maire de Valence et qu’ ils craignent d’être noyés dans une espèce de sous-département dans lequel ils n’auront plus aucune marge de manœuvre.
    Excusez-nous amis romanais, d’avoir d’abord envie de consolider notre agglo avant de vouloir construire une agglo virtuelle. Il faut à mon sens se laisser le temps et ne pas se précipiter.
    D’autres arguments me viennent à l’esprit. Je ne suis pas pour payer des impôts qui vont servir à construire des équipements à Romans. Et je ne suis pas le seul Valentinois à penser cela. Pas plus que les romanais accepteront de financer un 3ème pont sur le Rhône (qui ne verra donc jamais le jour dans ce contexte politique incohérent). Les projets intercommunaux du maire de Valence sont donc prématurés et surdimensionnés. De plus celui-ci ne nous avait pas informé dans ses promesses de campagne de ses opinions sur le périmètre de cette agglo. Personne à Valence n’avait imaginé que le périmètre envisagé irait bien au-delà du périmètre réel du bassin de vie qui correspond à une trentaine de communes. Il a donc trompé les Valentinois qui découvrent avec effarement ses intentions réelles.

    Enfin je ne souhaite pas qu’un jour le maire de Romans puisse diriger une agglomération hybride dans laquelle Valence serait partie prenante. Cela serait tout à fait envisageable et légitime. Nous allons droit dans le mur. Romans et BDP n’ont même pas encore fusionné leurs structures intercommunales (ce qui paraît dingue). Cela montre combien il y a des antagonismes et des rivalités rien qu’entre ces deux communes. Imaginez avec Valence en plus au milieu.

    L’espace urbain Valentinois compte 175 000 habitants, c’est largement suffisant pour parvenir à s’en sortir sans Romans. Valence était l’une des dernières villes à ne pas s’être dotée d’une structure intercommunale et voilà que quelques mois après il faut créer un machin à 73 communes ? C’est totalement incompréhensible et incohérent.

    Le maire de Valence aurait certainement préféré se présenter à Romans car visiblement il croit plus en l’avenir de Romans qu’en celui de sa propre ville. Il pourra le faire en 2014 car à Valence plus personne ne voudra de lui après le délire intercommunal qu’il est en train de nous préparer au mépris total de l’avis des citoyens Valentinois.

    On va se charger de le mettre à la porte et il ira construire sa communauté d’agglo monstrueuse ailleurs.

    levalentinois

    8 septembre 2010 at 17 h 32 mi


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