LeRomanais

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Parking à l’encan !

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L’Impartial nous l’annonçait en janvier, dans un article reprenant scrupuleusement le communiqué de presse (.pdf) émis par les autorités : « Rovaltain a mis à disposition de la SNCF un terrain pour la création de 430 places de parking supplémentaires, mises en service au printemps prochain. » Pas de contre avis. Pas d’avis d’usager. Pas de regard sur la situation actuelle. Un article au service minimum, comme bien souvent. J’ai réagit à l’époque en commentaire sur le site internet de L’Impartial, mais un commentaire n’a pas la même force qu’un billet. Je profites d’avoir enfin un peu plus de temps pour m’épancher…

Les 830 places de parkings actuels qu’exploite Eiffa en concession ne sont pas remplis chaque jour. Non. Une estimation à la louche, me ferait dire que le taux d’occupation doit tourner autour de 60 à 70 %. Les 40 à 30 % restant pourraient tout à fait être largement remplis par les voitures qui stationnent partout en-dehors des parkings, le long des bas-côtés, et sur tous les autres parkings (gratuits) de Rovaltain. Il manque effectivement de places de parking, mais pourquoi le taux d’occupation des parkings d’Eiffa n’est-il alors pas de 100 % ? Visiblement, c’est une question que nul ne cherche à se poser. Le parking payant de Rovaltain coûte cher. 24 heures de stationnement coûte 9,60 euros. 12 heures : 7,80 euros, nous rappelle ResaPlace. Auquel il faut encore ajouter votre billet de train (qui lui aussi est rédhibitoire, même avec un abonnement ou des cartes sensées être de réduction). On comprendra que beaucoup de voyageurs souhaitent faire attention à leur budget. Le développement du stationnement sauvage à Rovaltain n’est pas un problème de place disponible, il est d’abord un problème de prix. Qu’on souhaite garer sa Mercedes dans un parking payant et fermé, on peut le comprendre. Mais quel est l’intérêt pour bien des gens dont la voiture n’est pas luxueuse et pour qui les trajets sont déjà couteux, de payer un tel stationnement ! En tout cas, la solution esquissée, de vendre l’espace public au secteur marchand, ne me semble pas être le résultat d’une bonne analyse de ce qu’il se passe à Rovaltain.

Les bus permettant de se rendre à la gare le matin notamment (le train de 6h50 pour Paris, notamment, souvent bondé) n’existent pas. Impossible d’utiliser les transports en commun donc. Pourquoi, plutôt que de concéder 430 places de stationnement supplémentaires à Effia, ne pas avoir imaginer une solution de covoiturage, qui offrirait un parking gratuit à ceux qui arrivent en voiture à plusieurs sur le site ? Certes, ce nouvel espace de stationnement, plus éloigné, bénéficiera d’une tarification réduite (on regardera les prix, promis). Mais est-ce que ce sera une solution suffisante ?

Bien sûr, si l’exploitation de Rovaltain commence enfin un jour (ce n’est pas les trois bâtiments qui composent le site après 10 ans d’exploitation qu’on peut appeler une réussite), il y aura certainement besoin de ce parking. Reste qu’il aurait pu s’accompagner également d’autres mesures, plus soucieuses d’environnement, de développement durable et social (et pas seulement celles de normes de construction : si on croit que le développement durable s’imposera uniquement par les normes et la technique…). Le problème, c’est que la concession sur une durée fixée, limite ensuite toute innovation. Quand nos élus vendent l’espace public, les citoyens se doivent de se conforter aux règles établies par l’espace privé. Et celui-ci n’a pas intérêt à innover dans son modèle économique. Le secteur public concessionnaire pourrait imposer non seulement des règles de construction (et de marché public, ce qu’il fait déjà) mais aussi et surtout des règles d’usages et même des tarifs pour celui qui reçoit la concession (et de même, mieux évaluer la rentabilité économique d’un site qu’il concède : d’ailleurs, toute concession devrait faire état de la rentabilité prévue et en fin de mandat, de la rentabilité effective, afin de mieux mesurer les choix de nos élus). Bien souvent, il n’en fait rien. Or ce sont dans les usages que les réservoirs d’innovation sont les plus forts. Un parking qui accueillerait gratuitement des abonnés à un service de covoiturage, voilà une solution durable, sociale et innovante pour fabriquer du plaisir et du désir, pour fabriquer une Mobilité plus libre et plus durable. Avec la concession sans conditions d’usages, nous en sommes très très loin. C’est jusque dans la passation de ses marchés que le secteur public doit être innovant. Y’a du travail !

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Written by leromanais

26 mars 2009 à 22 h 55 mi

Une Réponse

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  1. Je vais encore faire mon gauchiste, mais cela révèle bien la priorité dans ce genre d’aménagements (gare TGV, concessions…) qui est économique. Les communes et communautés de commune se foutent bien de l’avis des populations, elles cherchent de l’argent, quitte à faire passer ça pour du développement économique censé profiter à tous. Cela profite finalement aux compagnies qui exploitent ces équipements et assez peu aux citoyens (qui a les moyens de prendre régulièrement le TGV ?)

    FranckL

    27 mars 2009 at 12 h 02 mi


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