LeRomanais

Agir local, penser global. L’internet local à Romans-sur-Isère et ses environs (Drôme).

Hyperlocal : penser local, agir global

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L’un de mes objectifs en ouvrant en 2002 leRomanais a toujours été de comprendre le fonctionnement du web local, par une observation active et participative, seule manière d’observer et de comprendre le fonctionnement du numérique sous un angle local. Regarder ce qu’il se passe sur le web local et regarder ce qu’il se passe de local dans les silos du web 2.0 a toujours été l’un des axes sous lequel j’ai observé le web à Romans.

Une observation de terrain et une réflexion qui porte ses fruits puisqu’elle est en passe d’inspirer à la Fondation internet nouvelle génération, dans le cadre de son programme de réflexion sur l’avenir de nos villes modifiés par leurs habitants, un vaste programme d’action sur l’hyperlocal.

L’idée qui anime ce programme est d’observer les pratiques numériques locales, pour les révéler, les cartographier, les identifier pour mieux les utiliser, les développer, les accompagner.

Révéler l\'hyperlocal

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Cette cartographie n’aura pas lieu à Romans-sur-Isère, dans la Drôme, mais SurLaRiveDroite de Bordeaux, en Gironde, autour des villes de Bassens, Cenon, Floirac et Lormont. Le but du projet est de se servir d’un territoire pour développer des outils de modélisation, de représentation et de fouilles des usages numériques locaux. L’objectif est de créer une méthodologie d’enquête, de cartographie et de fouille de données qui servira de base à d’autres diagnostics territoriaux plus orientés sur les pratiques et les usages des internautes que sur l’équipement numérique des habitants, comme nous le proposent déjà de nombreux observatoires comme le baromètre de la société de l’information en Région Rhône-Alpes (.pdf). Permettre de repérer et chiffrer les usages, de cartographier les profils que les internautes locaux répandent sur la toile, d’observer les pratiques pour dresser, depuis les usages sociaux, le graphe du territoire et mieux comprendre les coordinations et échanges numériques locaux. Tel est le but de cette étude.

Mais le projet ne se limitera pas à l’étude, il devra aussi donner des pistes pour son animation. Comment utiliser au mieux demain ces sites sociaux pour une entreprise locale ou une administration ? Comment favoriser les coopérations entre les différents acteurs de ce territoire ? Comment mieux relier les initiatives réelles aux initiatives numériques ? Comment développer des initiatives dans le numérique pour développer le lien social dans le réel ? Comment mieux hybrider le réel et le virtuel ?

Depuis quelques temps, il y a un exemple que j’aime bien prendre qui me permet de faire comprendre que tout cela n’est pas réserver au seul domaine des idées, mais a des incidences concrètes et opérationnelles. Aujourd’hui, un théâtre ou une salle de spectacle a peu de solutions qui s’offrent à elle pour réagir rapidement à une désaffection brutale du public. Mettez-vous à la place d’un administrateur de théâtre qui ce soir n’a seulement que 30 % de ses places qui sont réservées. Que peut-il faire ? Annuler la représentation car elle ne sera pas rentable ? Brader ses places pour essayer de circonvenir un peu à l’hémorragie ? Mais comment ? Il est trop tard pour faire de la publicité dans les médias traditionnels. Il peut encore imprimer des bons de réduction et essayer de les distribuer dans les artères passantes de sa ville, mais ce n’est pas si simple. Le seul fichier de contacts par mail dont il dispose, bien souvent, n’est autre que son fichier d’abonné qu’il a déjà sursollicité. Sait-il qu’à un clic de lui, il pourrait pourtant toucher des utilisateurs locaux de Facebook, de Viadeo… qui lui permettrait de joindre des centaines de personnes habitant à proximité de son théâtre ? D’un clic, il serait capable de proposer des places à prix réduit, de joindre de nouveaux publics, de réagir en temps réel…

Le territoire est « pénétré de technologies de l’information d’une manière qui conduit à un changement qualitatif du territoire tout entier » pourrait-on dire pour paraphraser Tim O’Reilly (via Francis Pisani). Dit autrement, comme je le répète depuis un certain temps, « pour bâtir des politiques publiques numériques adaptées aux usages locaux, pour aider les entreprises à développer des services adaptés aux pratiques locales, pour aider les citoyens à mieux s’organiser et à mieux lire les actions qui ont lieu sur leur pays, il faut que celui-ci soit numériquement plus lisible ». C’est à cela que va s’atteler ce programme pour lequel ce que nous avons essayé de construire et de montrer à Romans-sur-Isère a servit de socle.

Le plus difficile dans ce travail qui attend la Fing et la rive droite de Bordeaux sera certainement de faire comprendre le dernier axe du programme, celui qui me semble le plus important : le rôle central de l’animation. Il va falloir faire comprendre à des acteurs qui ont l’habitude d’observer que l’observation distanciée héritée des Lumières n’est plus de mise avec le numérique. Que la production et la coproduction sont les seuls moyens de nourrir le territoire numérique. La participation des uns créé l’émulation des autres. Pour être présent sur un site social, pour avoir des « amis » sur Facebook, il faut y être actif. Pour toucher les milliers de jeunes qui bloguent dans chaque ville, il faut être présent sur leurs blogs et pas seulement utiliser ces outils comme des canaux de transmission d’information. Pour toucher les centaines de cadres de Romans et des environs qui ont un profil sur Viadeo et pouvoir les joindre d’un mail, il faut soit-même être très actif sur Viadeo pour être relié aux uns et aux autres. Regardez le calme actuel de la blogosphère romanaise ! L’absence d’activité encourage l’absence d’activité. Sur l’internet – local ou pas -, l’émulation est plus forte qu’ailleurs. C’est l’activité apparente des autres internautes qui est primordiale.

Pourtant, les usages locaux d’internet n’ont pas disparus avec la fin des campagnes électorales et la disparition de certains blogs romanais actifs. Ils se sont pour beaucoup déportés : sur des sites qui ne sont plus locaux ou dans de nouvelles pratiques. Ce qui est sûr, c’est que les usages ne cessent de progresser, de se transformer : les usagers du net sont aussi nos voisins. Ils sont comme nous : sur Viadeo, sur Facebook, sur Twitter, sur Meetic, sur Match.com ou OnVaSortir… Les usagers d’internet n’ont pas disparus. Ils vont là où ils sont sollicités, là où il y a de l’activité, comme les papillons vers la lumière. L’observation ne se suffit pas à elle-même. Tout l’enjeu est de trouver des modalités d’animations qui permettent le débat, qui permettent la coproduction et qui permettent surtout de créer un web coopératif et pas seulement des miroirs de nos activités en ligne, qui demeurent des formes dégradées de nos coopérations. Dans un web toujours changeant, l’enjeu est ici beaucoup plus difficile à tenir.

PS : J’en profite pour vous signaler un autre programme de la Fing mené en association avec l’Association des Régions de France, intitulé la 27e Région et notamment le programme Territoires en résidences qui pourra peut-être inspirer certains d’entre-vous à porter candidature…

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Written by leromanais

30 décembre 2008 à 16 h 47 mi

Publié dans Actualité, Internet

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