LeRomanais

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Incident de la FBFC : qui garde les gardiens ?

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Dans l’incident de la FBFC qui émeut la presse mondiale ces dernières 48 heures, tout le monde se veut rassurant : la ville, comme la préfecture, l’autorité de sureté nucléaire, l’Etat.

Selon l’ASN, on a constaté une rupture d’une canalisation enterrée de rejets d’effluents liquides uranifères qui a laisser s’écouler donc des eaux contaminées dans la terre. Les boues observées, au droit de la canalisation endommagée, ont fait l’objet d’une analyse concluant à la présence d’une très faible quantité d’uranium, précise la préfecture. Une inspection réactive diligentée par l’autorité de sureté nucléaire, la nuit dernière, a permis de confirmer que :
– l’incident est circonscrit à l’intérieur du site FBFC de Romans, dans la gaine technique bétonnée,
– n’entraine aucun impact sur l’environnement, notamment sur la nappe phréatique, ce qui ne présente aucun risque pour l’eau potable.
Un nettoyage serait en cours et les matériaux retirés seront analysés pour évaluer la teneur en uranium rejettée.

Reste que les activistes de NextUp accusent et dénoncent la présence d’un collecteur souterrain qui traverse Romans pour rejeter les eaux usées domestiques et épurées de l’usine dans l’Isère.

Rien ne prouve, dans les accusations du collectif, qu’il y a eu rejet dans l’Isère d’eaux non apurées le 18 juillet dernier (a priori, c’est même très peu probable, contrairement à ce qu’ils laissent entendre). Reste que la possibilité de camoufler ou minimiser une éventuelle pollution radioactive accidentelle en évacuant directement des eaux non apurées dans l’Isère est possible. On se demande d’ailleurs pourquoi la FBFC a reçu l’autorisation de construire un tel collecteur et pourquoi ce collecteur se déverse au milieu de l’Isère, alors que cela serait impossible à tout particulier ? On a un peu l’impression que tout est organisé pour qu’on ne puisse pas trouver d’éventuelles preuves de contamination. Et c’est cela qui me semble le plus grave : cette façon de gérer la défiance, cette façon de rendre toute surveillance plus difficile.

Les accusations sont là, mais pas les preuves, ce qui, je le crains, ajoute à la confusion plutôt qu’à l’éclaircissement. C’est un peu regrettable, il me semble. On comprend que le collectif utilise l’actualité pour essayer de faire avancer ses propositions, mais, à mon sens, il devrait tout de même être plus prudent dans ses accusations.

Reste que sa demande me semble assez fondée et assez légitime : que soit mis en place une station de contrôle et d’alerte indépendante et automatique à la sortie de cette canalisation, pour mesurer ce qui est évacué par ce collecteur et rejetté dans l’Isère.

En rappelant le manque de contrôle indépendant, Next-up souligne une chose essentiel pour la qualité du débat public : la confiance dans la sureté nucléaire ne peut exister que si des contrôles indépendants peuvent être faits. C’est cela qu’est censé faire l’ASN, mais l’indépendance d’une autorité « administrative » pose question. Mais peut-être qu’en travaillant mieux avec les associations, en permettant à des experts citoyens de surveiller les surveillants, de participer aux contrôles, d’être partis prenantes, on pourrait avoir la un moyen pour établir une plus grande confiance dans la chaîne de l’information et du contrôle nucléaire. C’est certainement là un bon moyen de tout remettre à plat, comme le dit monsieur Borloo.

Mise à jour du 20/07/2009 : Pascal Caradec fait un bon travail sur le sujet, en rappelant, via quelques billets, que la nappe phréatique sous la FBFC ne serait pas à 30 m, comme le prétend le maire de Romans, mais à 18m et nous rapporte les interressants propos de Roland Desbordes de la Criirad en provenance de l’Est Républicain :

« Certes, mais nous avons réalisé très récemment une étude sur l’ensemble du secteur pour la mairie de Romans . Nos mesures ont relevé quelques petites anomalies, un peu plus d’uranium que la normale, rien de scandaleux, mais cette demande a prouvé que la municipalité tendait le dos », ajoute Roland Desbordes. Pour une raison simple : il y a dix ans, la Criirad avait découvert que la FBFC rejetait ses effluents radioactifs dans les égouts de la ville ! « On retrouvait de l’uranium dans les boues de la station d’épuration, lesquelles boues étaient ensuite épandues dans les champs par les agriculteurs, voire incinérées…». Belle démonstration d’une technologie parfaitement sécurisée. Face à la levée de fourches, la FBFC avait accepté de réaliser une conduite spéciale qui envoie depuis cinq ans les effluents dans l’Isère, « en conformité avec la réglementation sur les effluents radioactifs, car exiger le zéro rejet, ça fait rigoler tout le monde dans les réunions », soupire le président de la Criirad. Mais avec ces incidents à répétition, plus personne ne rigole et surtout pas Jean-Louis Borloo. « Il faut bien comprendre que le nucléaire n’est pas une industrie banale. Il nécessite une culture de vigilance permanente. Je sais que des règles draconiennes de sécurité sont appliquées au niveau des réacteurs, mais dès que l’on s’en éloigne, je constate beaucoup trop de laxisme et un jour ou l’autre, ça se paie ».

Mise à jour du 24 juillet 2008 : La Criirad vient de publier une note sur l’incident du 17 juillet.

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Written by leromanais

20 juillet 2008 à 10 h 41 mi

Publié dans Actualité

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