LeRomanais

Agir local, penser global. L’internet local à Romans-sur-Isère et ses environs (Drôme).

L’action muncipale, doucement

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Après de très longues tergiversations et des difficultés à coordonner nos agendas, la semaine dernière, j’ai enfin réussi – presque un an après son lancement -, a porter la pétition sur la circulation à Bourg-de-Péage à notre maire, Jean-Félix Pupel – il l’avait certainement lu depuis un moment, mais nous sommes encore ainsi en France, pour faire les choses, il faut les valider officiellement, démonstrativement.

Mon propos, encouragé par quelques 70 signatures, n’avait pas bougé : Qu’est-ce que la mairie envisageait de faire pour limiter la vitesse de la circulation sur l’Est péageois ?

En guise de réponse, monsieur le maire m’a longuement expliqué la problématique de la voirie péageoise. Avec un budget de 700 000 euros annuels et des opérations souvent lourdes et coûteuses (« il n’y a pas que le revêtement, il y a aussi les canalisations, l’assainissement… »), la marge de manoeuvre municipale est faible car la plupart des projets sont déjà déroulés depuis plusieurs mois. Tout y est passé, des projets de pistes cyclables (non protégées, mais c’est déjà ça, notamment prévues sur la RD149, c’est-à-dire l’avenue du Général de Gaulle et au-delà…), à ceux d’aménagement des carrefours (à proximité de la clinique la Parisière qui devrait être dotée d’un nouveau carrefour et de la citadelle Mosant afin de permettre au flot de véhicules de sortir de ce nouvel espace commercial qui sera bientôt inauguré)… Jean-Félix m’expliquait que sa conception de l’urbanisme était passée de l’idée de devoir faire des routes larges pour le confort de tous, à celle de devoir réaliser des routes plus étroites, pour limiter la vitesse et endiguer les flots. Fort bien.

– Oui, mais concrètement ?… Avenue des Patriotes, rue Antonin Vallon, avenue du Général de Gaulle et Georges Pompidou, … on fait quoi ?

On pourrait envisager des dos d’ânes une fois que les routes seront vraiment terminées, répondait le maire souhaitant montrer son désir d’aller dans le même sens que les pétitionnaires…

Soit, mais c’est quand une route terminée ? L’avenue des patriotes a été couverte de bitume en juin 2005 et depuis, plus rien ? C’est terminé ou c’est pas terminé ?, aurions-nous été tenté de lui demander…

« La procédure de marquage au sol est prévue… » Je retenais un mais quand ?, comprenant bien tout le désarroi que cette question risquait de faire peser sur nos épaules. « On pourrait peut-être vous mettre pendant une semaine un panneau mobile qu’on a là. C’est bien ça, ça permet aux gens de se rendre un peu compte de la vitesse à laquelle ils roulent… On le laisse une semaine et puis… C’est bien ça ! »

Pas facile d’être maire m’expliquait-on : entre les délais de décision qui s’allongent, le cycle des vérifications juridiques, de la validation des appels d’offres qui ne cessent de progresser… « Dans un mandat, on prévoit plus de choses que l’on n’en réalise », conclua-t-il, réaliste.

Alors que compte faire la mairie de cet épineux problème… ? J’avoue que je ne pourrais pas vous répondre précisément. Notre maire a trouvé intéressant que des citoyens se mobilisent sur un sujet de proximité. Il a dit qu’il en tiendrait compte. Soit, on peut tout à fait légitimement l’espérer. Reste à savoir quand. Et sur cette question qui est restée en suspension, il m’a semblé que nulle n’était capable d’apporter une réponse.

Je ne savais pas trop comment conclure, piteux, ce modeste et rapide compte rendu… Alors je suis allé chercher un exemple diamétralement opposé à TED, l’une des grande conférence internationale autour de l’innovation qui vient d’avoir lieu à Monterey en Californie. L’éditorialiste Bruno Guissani rapporte les propos de Jaime Lerner (Wikipédia), maire de Curitiba au Brésil et gouverneur de l’Etat du Parana que je souhaitais mettre en parallèle avec ce bel exercice d’immobilisme que m’a servit monsieur Pupel. Jaime Lerner est architecte et urbaniste dans la vie (ça aide). Il a imaginé et développé de nombreuses solutions innovantes aux problèmes que connaît sa ville pour en faire une des villes au développement le plus soutenable de la planète. Il a transformé son vieux réseau d’autobus en en un réseau rapide et efficace (en allongeant les bus, en leur créant des voies dédiées et en créant des bases d’embarquement qui accélèrent le chargement des voyageurs) dont il a assuré le succès en transformant les tickets de transports en tickets de loterie. Il a transformé des marécages en parcs, et il a limité la dissémination des ordures en proposant leur échange contre de la nourriture, etc. etc.

Lerner voit les villes non pas comme des problèmes mais comme des solutions et croit fermement que la simplicité et la rapidité de décision sont les seuls remèdes aux problèmes urbains (il a décidé de transformer le centre ancien de Curitiba en zone pédestre en 72 heures).

« Toute ville dans le monde peut être améliorée en trois ans », dit-il. A vous de proposer un scénario et une conception que la majorité peut partager. A Curitiba, là où la densité est plus forte, il y a plus de transport publics. Une ville durable ou soutenable ne doit pas être construite sur l’énergie, les nouveaux matériaux ou les nouvelles technologies : mais bien sur la conception de la ville elle-même. Une ville doit-être multi-usage, souligne-t-il encore. « La créativité commence souvent quand vous réduisez votre budget à zéro ». A croire qu’il n’y a que dans l’adversité qu’on construit vraiment.

Ce parallèle, pour autant qu’il puisse avoir quelques valeurs, montre qu’un peu d’énergie sert parfois bien des projets. Lors de cette rencontre, malgré sa gentillesse et son amicale sympathie, Jean-Félix Pupel, à l’image de bien des maires de France, a montré qu’il n’en avait pas beaucoup. Ou alors pas la même. C’est quelque chose que je constate tout à fait dans bien des cas : comment les procédures semblent mises en place pour décourager bien des velléités plutôt que pour les sécuriser. Et je me dis que c’est cela pourtant qu’on devrait encourager : développer et favoriser les velléités au détriment des procédures.

Faudra-t-il que les habitants prennent eux-même le pot de peinture pour changer les marquages au sol et créer les couloirs de ralentissement qu’ils attendent ? Faudra-t-il qu’ils déclenchent des actions d’éclats comme des opérations escargots ou des barrages physiques sur les routes pour attirer l’attention des pouvoirs publics ? En fait, l’absence de réponses concrètes et immédiates montre bien les limites auxquelles sont réduits les citoyens pour agir. Comment trouver le levier d’action ? Comment faire bouger ? Comment les procédures peuvent-elles exister sans entraver les processus ou l’action ? J’aurais tendance à dire que c’est là que notre société aujourd’hui a un problème.

Mais c’est généraliser d’un bien petit exemple.

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Written by leromanais

15 mars 2007 à 15 h 09 mi

Publié dans Environnement

3 Réponses

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  1. Bonjour H G : nous habitons avenue San Feliu un peu avant Petite Ardoise. Les ralentisseurs existants ne servent à rien. Le chat de ma fille a été écrasé par un chauffard devant la maison. Je ne sais pas quoi faire contre la vitesse excessive : d’une part y a un travail de longue haleine (sensibilisation par pubs télé ? dans les écoles ?) mais aussi une urgence : comment agir ici, maintenant ?
    seulement 70 signatures ?!
    Tant de rond- points fleuris et si peu de respect de la vie !
    merci en tout cas pour votre énergie.
    L G

    lise golomb

    18 avril 2007 at 9 h 21 mi

  2. bonjour, tout d’abord un grand merci pour votre action. je voulais juste passer un petit message pour dire qu’il faut faire comprendre tout ceci aux gens. il y à un an je conduisais tranquillement ma voiture rue du docteur eynard, deux jeunes me suivaient en scooter en faisant des « lever » quand j’ai dus freiner d’un coup car un petit garçon venait de traverser en courant un des scooter m’a percuter… plus de peur que de mal… mais il faut faire comprendre aux gens que la route n’est pas un terrain de jeu ni une piste de course…

    cecile

    18 avril 2007 at 13 h 39 mi

  3. les voies …..des mairies … sont impénetrables, histoire de garder cun peu d humour .
    habitant Génissieux , dans un domaine un peu similaire il a fallut attendre 10 ans avant de seulement le faire budgetiser par la mairie … mais les travaux ne sont toujours pas commencer!!!!
    dans d autres villes
    ont attends un certain nombres de morts …. ainssi vas la france.
    bon courage

    fournier

    24 août 2007 at 8 h 24 mi


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