LeRomanais

Agir local, penser global. L’internet local à Romans-sur-Isère et ses environs (Drôme).

Festival de Romans, mon bilan

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After FestivalHeureusement qu’il y a eu des rencontres – et des retrouvailles. C’est pour moi le seul intérêt de bien des manifestations : rencontrer des gens, confronter son expérience, échanger, discuter. S’il n’y avait qu’une chose à garder, ce sont les discussions que nous avons eu les uns les autres. C’était amusant de voir des gens que j’ai déjà croisé ailleurs, ici, chez moi. Cela reste étonnant de voir, quelques semaines après l’évènement, tout ces billets – et leurs commentaires, ceux-ci notamment, qui ne sont plus aussi parodiques qu’au début -, ces photos, ces vidéos qui parlent d’ici, qui montrent un autre visage de notre ville, une autre réalité.

Photo de Jean-FabienPour moi, blogueur local Romanais, qui a pourtant contribué avec Lionel Dujol à faire que ce Festival se tienne chez nous, le bilan du Festival de Romans est assez mauvais. Nous nous étions pourtant mobilisé dès l’origine, travaillant à ce que Christophe Ginisty soit accueillit par la Ville, la Communauté de commune, le Département et la Région : afin que tout le monde soit mobilisé sur cet évènement. Autant vous dire que personnellement cela ne m’a rien rapporté – ce n’était pas le but d’ailleurs, au contraire. Je ne l’ai pas fait pour cela, mais pour cette ville qui a besoin de projets. Je pense et continue a clamer qu’elle a des atouts et que le numérique peut aussi en tenir lieu, la salade romanaise qui accueille chaque semaine de nouveaux blog en est la preuve éclatante.

C’est pour cela que nous avons continué à nous mobiliser. En essayant de développer et d’organiser des actions autour de ce Festival.

Photo de Charles NouyritNous avons essayé d’alerter l’organisateur et la Ville sur la nécessité d’élargir l’évènement pour qu’il mobilise toutes les strates de la société numérique – et pas seulement les créateurs. En vain. Cet évènement n’a donné lieu à aucune mise en valeur économique de notre territoire (pourtant les start-up existent à Romans, à Valence, à Grenoble, à Lyon…). La Ville ayant même affirmé n’avoir pas les compétences pour se faire – autant vous dire que c’est un discours qui m’est resté coincé en travers de la gorge et que je ne cesserais de trouver inadmissible.

Photo de Chalres NouyritNous avons travaillé également sur la nécessité d’élargir l’impact de l’évènement aux Romanais eux-mêmes, cherchant à prolonger par là-même l’animation d’une communauté électronique sur laquelle nous travaillons depuis plus de 3 ans désormais. Mais l’organisateur n’a pas souhaité que cet élargissement soit confondu avec son Festival. La Ville a pourtant ici répondu présente, certainement attirée par la promesse de quelques subventions, et a donné son soutien à la création d’un Festival Off qui a donné lieu à l’organisation de 4 formations (dont 3 menées par l’AIR qui ont du être annulées, faute de relais d’annonce dans les délais) et 4 table-rondes (dont 2 organisées par l’AIR) et une rencontre entre des collégiens et Christophe Ginisty (sic). Autant dire que ce Festival Off n’a pas rempli son but : faire la connexion entre tout ceux qui, localement, d’une manière où d’une autre, travaillent ou souhaiteraient travailler avec l’internet.

Photo de Charles NouyritAvec l’AIR, Nous avons mené plusieurs actions – peut-être trop – dont beaucoup ont du être annulées : le travail réalisé avec le Dauphiné Libéré et qui semble être tombé de cheval un peu brusquement a déçu beaucoup de participants et montré que le DL avait peut-être pris ce travail un peu à la légère ; les formations que nous n’avons pas relayé suffisamment, pensant que la communication de la Ville suffirait, ont certainement été trop audacieuses ; les tables rondes que nous avons essayé d’animer sont resté confidentielles (à l’image de ce Festival d’ailleurs), celles de l’AIR ayant même été programmées en même temps que d’autres évènements du Festival (bizarre, ce n’était pas le cas de la table-ronde sur la démocratie participative ou celle sur les logiciels libres toutes deux organisées par la Ville : cette double programmation n’était peut-être pas volontaire, mais elle montre bien l’absence de considération pour le travail local réalisé). Le seul point positif, a été la participation à la cartographie en ligne – grâce au relais de quelques-uns d’entre nous – merci Karim notamment -, même si l’outil choisit a montré ses limites.

Photo de Jean-FabienDonc autant dire, que le bilan de ces très nombreuses soirées passées à travailler ou à donner des coups de fils est loin d’être positif. J’en assume complètement certains torts, dont celui d’avoir très mal mesuré notre incapacité à sortir notre audience des réseaux électroniques et la difficulté à rassembler autour de nous des partenaires solides alors que nous ne sommes pas un lieu de pouvoir. Mais nous n’en portons pas tous les torts. La Ville nous a demandé de participer à l’organisation d’un Festival Off sans relayer aucune de nos actions – dans Romans mag de janvier, alors qu’elle était au courant de notre programme entier depuis la mi-novembre, la Ville n’a communiqué que sur la journée sur les logiciels libres, ignorant avec un certain dédain, la cartographie interactive par exemple ou les formations, voire, pire, le Festival lui-même. Nous avons tissé un partenariat dans un seul sens, puisqu’il ne nous a associé à rien…

Au final, la seule contrepartie a été d’offrir 5 Pass à l’Association des internautes romano-péageois (on nous les a attribué le mercredi et nous devions donner des noms pour le jeudi matin à la première heure : ils sont allés à Enneite, Karim Bouras, Jean-Marie Gilbert, Lionel Dujol et Nevercors).

Photo de Jean-FabienAutant vous dire que j’ai l’impression d’avoir dépensé beaucoup d’énergie pour pas grand chose ces derniers mois. Pour parler de l’internet à des gens qui ne partagent pas la même vision que la mienne : qui le voit comme un outils de com, alors que je pense qu’il est surtout un outils de partage et de mise en réseau entre les gens.

les lauréatsAlors oui, le Festival a connu plein de couacs – dont certains assez innacceptables -, plein de choses auraient pu être beaucoup mieux comme l’ont très bien dit tout ceux qui sont venus (notamment ici). Je suis tout de même content qu’il se soit tenu à Romans – même si la ville n’a pas su pleinement exploiter cet évènement. Et j’espère qu’il y aura d’autres éditions, nombreuses, que son audience ira croissante, qu’il s’imposera comme un évènement qui compte dans le monde de l’internet. Il y a encore du travail, c’est sûr. A Christophe Ginisty de montrer qu’il peut faire mieux, qu’il peut associer les bonnes volontés et donner une place à ceux qui souhaitent le rejoindre : pour autant qu’il leur fasse une vraie place en les associant dans l’organisation, la préparation, la communication…

Photo de Charles NouyritComme il faut tirer des enseignement de ses expériences, pour ma part, cette expérience m’a montré toutes les limites d’essayer de faire quelque chose avec la Ville de Romans. Personnellement, mes rapports sont restés extrêmement distants – on a joué aux chiens qui s’ignorent, un jeu qui est certainement appelé à durer tant que cette équipe municipale sera en place – à ‘image des rapports que la Ville entretien avec nombre d’associations locales comme le souligne Michel Woelfflé de l’association Deuxième souffle : « Mais prenons un exemple : Demain ouverture du « festival de la Création sur internet ». Quelles associations et acteurs culturels locaux ont été contactés pour participation à cette manifestation ? Que veut dire cette confusion entre partie payante et partie publique gratuite ? A qui s’adresse internet et cette manifestation en est-elle le reflet. C’est bien souvent que l’on a le sentiment (désagréable) que la « culture » n’est qu’un des éléments de la vitrine politique. Ca n’est pas nouveau comme attitude je sais bien, mais justement on attendait autre chose de ce que l’on nomme encore « la gauche ». ».

Démocratie Participative, le débatAlors, que faire avec ce Festival ? Remettre le couvert en 2007 ? J’avoue que je n’en ai pas très envie. Pas avec la Ville en tout cas. Peut-être faudra-t-il essayer plus avant de faire des choses directement avec l’organisateur ? La seule chose qui m’a intéressé et qui m’intéresse encore dans ce projet, ce n’est pas le Festival en tant que tel. Cet évènement, c’est à son organisateur de faire de manière à ce qu’il soit le plus réussit possible – et à la Ville d’aider et d’accompagner dans la mesure d’un financement et d’une délimitation des taches claire et organisée – Tiens, au fait : qu’en est-il du bilan financier du Festival pour la Ville ? On aimerait bien le connaitre ? Combien on couté les affiches ? Combien ont couté les programmes : était-ce vraiment utile d’éditer des programmes une semaine avant l’évènement ?

La salle Jean Vilar par Christophe GrébertOui, il y a beaucoup de choses à améliorer. Les Festivaliers ont déjà fait remonté beaucoup de suggestions que l’organisateur a même entendu et qui me semblent plutôt intéressantes.

les dessinateurs en train de réaliser la FresqueIl me semble pour ma part qu’il faudrait que la Ville et l’organisateur se concentrent à réussir la communication de l’évènement et à la désolidariser de son organisation même, qui sont deux chantiers radicalement distincts. Pour mener à bien un projet, il faut que quelqu’un lui soit dédié, l’organise, le relaie, le fasse vivre, l’anime, le prépare et notamment sur le terrain réel de la commune et sur son double virtuel. Or, l’information locale n’est jamais sortie de l’Hôtel de Ville et l’information en ligne est restée chapeautée par le seul organisateur. C’est cette coordination là qui a certainement le plus manqué au Festival de Romans – et les délais très courts qui ont été les siens pour des raisons opportunistes qui se sont révélées sans fondement.

les dessinateurs en train de réaliser la FresqueMais ce qui m’intéresse et la raison pour laquelle, avec Lionel, nous avons travaillé pour que cet évènement ait lieu ici, c’est qu’il puisse être relié à tout ce qu’il se passe sur l’internet local, départemental, régional… Qu’il soit un moment pour animer l’internet des acteurs locaux (économie, culturel, social…), qu’il rassemble autour d’un même objet, des pratiques différentes. Un tel festival est un très bon outils pour mobiliser la communauté éducative autour de projets internet (et la belle histoire qui est arrivée à anymagic est un modèle pour motiver cette communauté). Un tel festival est un très bon outils pour mobiliser la communauté business locale (et elle existe à Grenoble, à Valence… !) et l’interconnecter avec d’autres programmes… Un tel festival est un très bon outils pour permettre à des structures sociales et associatives de mettre l’accent sur ce type d’outils et accompagner des publics en difficulté à leur découverte. Un tel Festival est une formidable opportunité pour mobiliser des réseaux différents sur la pratique qui nous rassemble tous : celle de l’internet. C’est auprès de ces publics que j’ai envie d’aller, dans le prolongement du travail qu’on accomplit déjà avec l’AIR.

les dessinateurs en train de réaliser la FresqueSoit cet idéal est compatible avec ceux de l’organisateur et de la Ville, soit il ne l’est pas. Cette première édition a plutôt montré qu’il ne l’était pas. Si la seconde montre des signes que cela peut en être autrement, je suis partant pour rejoindre le comité de pilotage qui se monte, mais sinon, ça sera sans moi. Pour m’a part, la seule chose qui m’anime est de continuer à faire de l’animation autour des questions de l’internet local et de faire se rejoindre des réseaux de pratiques différents, afin qu’ils fertilisent les uns les autres. Soit le Festival est un moyen de faire des choses autour de l’internet localement et auquel cas nous avons tous à gagner qu’il existe et qu’il satisfasse ceux qui y participent. Soit il ne l’est pas, auquel cas, que son organisateur et la ville qui l’accueille se débrouillent.

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Written by leromanais

13 février 2007 à 19 h 55 mi

Publié dans Internet, Réflexion

3 Réponses

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  1. Bin dis donc ça valait le coup d’attendre pour avoir un compte-rendu de Festival de cet acabit.
    Tu m’avais dit qu’il serait assassin, il l’est mais tout ce que tu dis est vrai.
    Ce que j’aime chez Lionel et toi, ce que ce qui vous interesse est de faire avancer les choses et pas seulement de se montrer comme certains. Comme Olivier et moi pour Mon Saint-Egrève.
    Honnêtement, je ne pense pas que la parisianisme priamaire qui anime l’organisateur et son équipe puisse d’une année sur l’autre disparaître d’un coup de baguette magique. Donc vous risquez d’être encore déçu par les prochaiens éditions.
    Mais je ne souhaite qu’une chose : me tromper dans cette prévision et voir enfin les locaux être intégrés pleinement dans l’organisation.
    Amitiés.

    Dominique

    Dominique

    14 février 2007 at 0 h 11 mi

  2. Je comprends ta relative déception Hubert…
    Il est vrai qu’il semble qu’il n’y ait aucune osmose entre la ville, le département ( ?) et l’organisateur….
    Il fallait profiter de cet évènement non-parisien pour mieux communiquer et démontrer qu’en dehors de Paris, internet vit !

    Confusion entre le gratuit et le payant, notamment avec l’organisation de manifestations au meme moment qui ne laissent que peu de choix aux présents.. aller à une manifestation que l’on a payé ou se rendre à une table ronde gratuite ? ( et ainsi perdre de l’argent…)

    J’ai pris contact avec l’organisateur pour participer à ce fameux comité de pilotage afin de démontrer que les internautes régionaux peuvent aussi apporter leur saovir faire à ce festival !

    Quelque soit la suite donnée à cette manifestation, merci à toi hubert, merci lionel et merci l’AIR … il est malheureux de devoir « se battre » pour s’imposer chez soi mais l’adage ne dit-il pas que « nul n’est prophète en son pays » ?

    A tres bientot les romanos..euh les romanais ( fallait bien que je termine par ce petit trait d’humour, non ?? lol)

    weetabix

    16 février 2007 at 17 h 24 mi

  3. Pour l avoir aussi essuiyé dans d autres projets …et pour lequel j ais appris.. que dans tout projet …faut d abord compter que sur soit meme… c est apres avoir réussit que dans certain cas cela peu interesser des collectivités.
    deuxiement … la diversité des individus rends tout projet… pas évident… qui vise t on? comment , avec qui etc…..regarde concernant.. le tiré a part qui devait paraitre dans le dauphiné….non aboutit…. un élement parmli d autres…..je me positionne … aucunement une critique …une difilculté.. de faire … bonne continuation…. pour ma part sans etre unspecialiste je trouve votre travaille …particulierment interessant … domage que les associations ne se servent plus degoogle agenda pour communiquer en plus de leur blog pour annoncer leurs evenements

    fournier

    23 juillet 2007 at 12 h 30 mi


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