LeRomanais

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WebFestival de Romans : où va-t-on ?

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Christophe Ginisty a enfin dévoilé – notamment lors de la conférence de presse d’hier à Paris et de ce matin à Romans – les premiers éléments du « Festival de Romans », le festival de la création sur internet, qui se déroulera les 1, 2 et 3 février prochains à Romans-sur-Isère. La plupart des éléments connus à ce jour, vous les trouverez dans le dossier de presse (.pdf) proposé par l’organisateur ainsi que sur le blog du Festival.

Un festival pour consacrer les amateurs
Comme annoncé, l’idée du festival est d’être un lieu de rencontre entre des individus qu’internet a permis de révéler, des diffuseurs de talents et des technologies qui facilitent la création. Le Festival a pour objectif de récompenser les meilleurs talents du web en proposant aux internautes de voter pour élire, dans 8 catégories représentant la quintessence de la création amateure en ligne, les 10 meilleurs auteurs, musiciens, vidéastes, comédiens, dessinateurs, photographes, citoyens et programmeurs d’émissions révélés par le web.

Cette sélection va privilégier ceux qui sauront le mieux animer leur réseau pour qu’il vienne voter pour eux – sur le modèle de la plupart des concours du net d’ailleurs, et c’est dommage. J’aurais trouvé l’idée d’un jury tout puissant, pouvant recueillir des suggestions de participation, mais libre de sa sélection, bien plus pertinent et original… Néanmoins au final, pour chaque catégorie, des mini-jury (composé d’une star de sa catégorie, d’un journaliste et d’un professionnel du net) éliront le meilleur des 10 finalistes choisis par les internautes. Un grand prix du festival couronnera l’un des 8 gagnants.

L’idée d’un prix régional (sur la région Rhône-Alpes donc) a été émise, sans qu’il ait été précisé comment il pourrait s’organiser. Le festival a été ouvertement annoncé comme étant international (l’inscription sera disponible également en anglais) et pourra consacrer quiconque s’inscrira au concours. Néanmoins encore une fois, le vote des internautes privilégiera l’effet de masse, plutôt que que la dispersion.

On regrettera l’absence d’autres catégories de créateurs comme les artistes numériques et les webdesigners.

Que va-t-il se passer ?
Mercredi 1er novembre : ouverture du site d’inscription en ligne et vente en ligne des entrées au Festival.

Vendredi 1er décembre : clôtures des inscription, ouverture des votes aux internautes pour déterminer les finalistes dans les 8 catégories.

Samedi 20 janvier : clôture des votes.

Jeudi 1er février : l’organisation dévoilera les 10 finalistes des huit catégories.

Vendredi 2 février : la journée est consacrée aux technologies qui permettent de libérer la création sur l’internet avec des ateliers de démonstrations de nouveaux services que les festivaliers pourront tester et une session plénière sur la création sur l’internet.

Samedi 3 février : des professionnels, des chercheurs de talents, des directeurs de castings, des éditeurs, viendront expliquer comment ils sélectionnent ce qui les intéresse. En fin de journée, la cérémonie de remise des prix consacrera le palmarès avant la soirée de gala.

Et pour les Romanais ?
Trois événements sont pour l’instant prévus à destination des non festivaliers.

– Une nuit de la création est prévue pour le jeudi soir. Le concept semble encore un peu flou. L’idée est d’ouvrir plusieurs ateliers où les gens pourront venir découvrir des services, créer, participer… La réalisation concrète semble pourtant encore difficile à imaginer. Qui va animer, préparer, organiser ces ateliers ? Organiser cela sous des tentes est-ce bien une bonne idée en plein mois de février ?

– Un ou des concerts sont envisagés le vendredi soir.

– Un Forum citoyen le samedi après-midi. Imaginé pour l’instant comme un lieu de débat ouvert sur des questions de création ou de technologie… Je pense que l’organisation sera réceptive à des propositions formalisées de non festivaliers ou de festivaliers pour mettre en place des débats, apporter leurs intervenants, organiser la discussion… et en prendre en charge ces forums.

Devenir festivalier
Le prix de la participation n’a pas été dévoilé, mais on nous a assuré qu’il serait bien inférieur à 500 euros et supérieur à 10 euros. 100 euros par jours pourraient être une bonne estimation. A mon avis, le prix à la journée va être plus faible que le Pass de trois jours car je pense que Christophe Ginisty aura à coeur de favoriser le fait que les gens passent plutôt qu’ils ne restent, afin de démultiplier le buzz, le passage… Ajoutez votre aller-retour parisien (160 euros maxi si vous réservez au dernier moment) et quelques nuit d’hôtel (80 euros en moyenne). Ce qui est sûr, c’est que connaissant la capacité hotelière romanaise et la taille des salles, les places seront rares et les premiers arrivés seront les premiers servis, pour ne pas dire les seuls.

Et la Ville de Romans ?
La page présentant la ville de Romans ajoutée au dossier de presse est proprement scandaleuse. Plutôt que de parler des atouts économiques de notre région, elle a commis sa sempiternelle présentation culturelle, reposant sur la chaussure et la raviole – alors que le maire signalait lui-même ce matin que c’était une occasion de nous sortir d’une telle image. Etait-ce le bon message à faire passer ? Ne fallait-t-il pas plutôt souligner l’importance des nouvelles technos dans notre région, dans notre bassin de vie ? Cela aurait bien sûr demander à la ville de dépasser son égotisme légendaire pour évoquer la Drôme, l’Ardèche, l’Isère même. Et de parler d’économie, une compétence qu’elle a délégué, rappelle-t-elle à l’envie, à la Communauté de communes. L’organisateur a été obligé d’ajouter une page pour rappeler que Romans était à 2 heures de Paris, à la grande surprise paraît-il des journalistes parisiens.

Lors de la conférence de presse, Jean-Marie Chosson a été le seul à faire part d’un réel soucis sur l’animation économique liée au festival, sans savoir encore comment favoriser vraiment cela. Là où le maire, comme il l’a déjà exprimé, semblait ne vouloir voir qu’une possible opportunité, Jean-Marie Chosson défendait l’idée d’un événement économique pour mettre en valeur le territoire, son potentiel dans le domaine des nouvelles technologies. En tout cas, c’est visiblement cette piste qu’était venue défendre Véronique Kleck, conseillère technique du cabinet du président de la région Rhône-Alpes.
Et encore ?
Ginisty a été opportuniste et a demandé aux 5 principaux partis parlementaires de venir présenter le volet internet de leur programme. Tous (UMP, PS – les responsables internet des 3 candidats en lice -, UDF, Verts et PC) ont dit qu’ils seraient présents, nous a rapporté Ginisty. Le rapport avec la création est très lointain… et il y a un réel risque de brouiller les messages, mais je pense que Christophe Ginisty est tout à fait assez grand pour assumer -il sait que cela sera un moyen supplémentaire de faire parler de son événement.

La ville sera couverte en Wi-Fi et les patrons de bars et d’hôtels seront sensibilisés au programme pour mieux accueillir les festivaliers.

Pour ceux qui n’auront pas de place, il y aura une diffusion en direct et en différé de la plupart des moments du Festival.
Au jour d’aujourd’hui, il semble que le programme soit ouvert aux idées et aux initiatives de toutes sortes. Le sponsoring est également modulaire et peut s’adapter à différentes types entreprises selon une grande granularité d’affichage m’a assuré le GO.

Mon sentiment
Pour avoir été le premier élément à relayer cette idée jusqu’ici, je continue à penser que c’est une belle occasion pour Romans de faire parler d’elle un peu autrement. Et je trouve assez malin d’avoir placé la marque du festival sur le nom de de la Ville.

Je n’ai pas d’inquiétude sur le festival en tant que tel, Ginisty a choisit son créneau, certes d’une manière peut-être un peu autocratique. La Ville semble avoir du mal à être force de proposition – c’est dommage parce que je pense qu’elle est entourée de gens à même d’en faire, mais encore faut-il vouloir les écouter ou discuter avec eux. Tout cela manque un peu de participatif à mon goût et le festival concrétise un peu trop le parcours de 2 égos, celui de Ginisty et de la Ville, qui se sont visiblement bien trouvés.

J’ai des doutes encore sur sa réalisation concrète : tant qu’il n’y aura pas d’annonce de sponsors ou de partenaires importants, la faisabilité du festival restera fragile – Christophe semblait confiant, il se défendait en expliquant qu’il n’avait pas voulu brouiller les messages et qu’il annoncerait des partenaires lors du prochain point presse… Soit, je l’espère de tout coeur pour lui, malgré tout pour avoir l’habitude de participer à des montages de projets de ce type, une absence d’annonce de partenaire n’est jamais un bon signe… L’absence d’autres collectivités territoriales est en un sens inquiétant également. Bien sûr elles ont été interpellées, mais pourquoi ne sont-elles pas déjà dans la boucle, alors qu’il y a quelques mois, à la première venue de Christophe Ginisty à Romans, on m’avait rapporté qu’elles étaient toutes autour de la table… ? La capacité de la ville d’exclure les autres partenaires locaux est tout de même assez remarquable. Visiblement Christophe Ginisty n’a pas compris que c’était une faiblesse plutôt qu’une force.

Il reste encore beaucoup d’inconnus dans ce programme, des zones de flous, mais on n’avance qu’en marchant. Cependant, les délais sont courts, très courts maintenant et prévoir des débats, des animations prend du temps… Il serait peut-être temps d’être un peu plus transparent sur les besoins, d’engager des discussions ouvertes avec ceux qui ont déjà signalé leur intérêt et leur disponibilité, pour ne pas laisser retomber le soufflé.

Il serait peut-être temps pour la ville d’engager un vrai chef de projet [et elle en a un tout trouvé] pour mettre tout cela en oeuvre, mieux délimiter son territoire de celui de Ginisty et mieux mettre en avant leurs complémentarités… pour dépasser les seuls effets de communication et entrer dans le concret de la réalisation et des partenariats. Encore une fois, 3 mois c’est très court.

Alors il ouvre quand le wiki du festival ? Le lieu où ceux qui proposent de faire des choses peuvent s’acoquiner avec d’autres ? Le lieu ou les projets des uns peuvent s’améliorer des idées des autres ? A quand passe-t-on au WebFestival 2.0 ?

Mise à jour : Lyzeo en a fait toute une vidéo, pour ceux qui le souhaitent.

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Written by leromanais

18 octobre 2006 à 17 h 51 mi

Publié dans Actualité

8 Réponses

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  1. Une chose que j’ai oublié, rapport aux motivations des uns et des autres à se rejoindre sur ce projet, moins importante, mais qui me fait tiquer sérieusement.

    Christophe Ginisty a souligné qu’une vingtaine de villes se seraient porté candidates à son appel de la ville, publié le 7 février 2006 et relayé le 9 et le 10 par mes soins et ceux de Lionel. J’aurais bien aimé connaître ces villes que Romans a battu à plat de couture, mais je dois reconnaître que j’ai beaucoup de mal à croire à ce que j’estime être un bobard énorme – et je ne comprends pas pourquoi il le défend. J’en veut au moins un indice : à aucun moment, sur son blog, l’intéressé n’a parlé d’une visite à une autre ville que Romans.

    C’est pas grave. Cela montre que Romans a eu une chance de réagir à une conjonction assez extraordinaire, qui nécessitait d’abord qu’un service compétent, pouvant avoir l’écoute municipal, puisse trouver cette information (si Christophe Ginisty est lu par des blogueurs et des pros de la com, je suis moins sûr qu’il soit une lecture des responsables de collectivités locales), la relayer, la soutenir, la faire comprendre et entendre à des gens pour qui tout cela ne signifiait rien jusqu’à lui donner une concrétisation… Ca a été tout le travail de Lionel Dujol, qu’il en soit remercié.

    Hubert Guillaud

    18 octobre 2006 at 22 h 58 mi

  2. Hubert,

    Je suis très surpris que vous me traitiez de menteur sur une intuition bancale. Je n’ai pas à me justifier vis à vis de vous, mais je citerais malgré tout quelques unes des villes qui m’ont contactées suite à ma note : Boulogne Billancourt (pas vraiment besoin de faire un billet sur mon déplacement local), Mandelieu la Napoule (là où habite mes parents et où je me rends plusieurs fois par an), Rouen (j’ai « blogué » une rencontre avec le club de la presse local qui fut l’occasion de discuter de la canidature), Pau (j’ai pu discuter avec son maire au sénat avant qu’il ne décède), Issy les moulineaux (je connais bien le Maire de cette ville de la région parisienne),… Dois-je continuer ? Je ne le pense pas. En tout cas je n’en ai pas envie. Je suis vraiment désolé que vous ayez cru bon mettre ma loyauté en doute.

    Christophe Ginisty

    Christophe Ginisty

    19 octobre 2006 at 22 h 38 mi

  3. Il va falloir t’habituer à ce genre de critique de la part de Hubert.
    Je comprends que cela est difficile à accepter surtout quand la démarche initiée est transparente, honnête et constructive. Mais voilà, Hubert juge, interprète, et ramène ses commentaires de façon systématique à ce que lui aurait fait. Une sorte d’incontournable. Cela est d’autant plus dommage qu’à mon sens il gache son talent à se comporter de la sorte. Mais c’est là la dure loi de la libre expression via les blogs. cela n’emêche que je comprends ta frustration et la partage.

    Manou

    20 octobre 2006 at 19 h 01 mi

  4. […] Hubert a fait un bonne synthèse de la conférence pour ceux qui ont pas envie de regarder la vieo en entier. […]

  5. Christophe, si je t’avais traité de menteur, je l’aurais écrit et j’aurais avancé des preuves à mes propos. Ce n’est pas très poli de faire dire aux gens ce qu’ils n’ont surtout pas dit. 😉

    L’intuition n’est pas si bancale que ça. Pour avoir bataillé déjà sur des projets de ce type, je sais très bien que ce n’est pas simple… et que 6 villes ne font pas 20. Et une discussion avec le maire dans un couloir ne fait pas un festival, pas même forcément une ville candidate… Tu ne m’en voudras pas donc si je garde mes doutes.

    Dans une discussion nous ne sommes pas toujours obligé de tomber d’accord, ce sera sur d’autres choses, j’en suis certain.

    Hubert Guillaud

    23 octobre 2006 at 8 h 51 mi

  6. « ce que j’estime être un bobard énorme – et je ne comprends pas pourquoi il le défend. »

    Pour moi, c’est l’affirmation claire que vous me traitez de menteur. Et les villes citées dans mon commentaires ne sont que des exemples, pas une liste exhaustive.

    Gardez vos doutes. Mais apprenez aussi que la confiance a priori est une vertu assez porteuse.

    Christophe Ginisty

    28 octobre 2006 at 15 h 52 mi

  7. S’il n’y avait pas eu une confiance a priori, je n’aurais pas relayé ton appel de la ville Christophe, alerté quelques élus, motivé quelques troupes, et, tout à fait modestement je le reconnais volontiers, contribué au fait que le webfestival se déroule à Romans – comme je ne travaillerais pas depuis plusieurs semaines à développer des animations autour de ton événement.

    Oui, la confiance a priori est une vertu porteuse. Ce n’est pas pour autant qu’elle doit être aveugle.

    Hubert Guillaud

    1 novembre 2006 at 17 h 01 mi

  8. Bon, les gars, on enterre la hache de guerre et on s’en portera mieux.
    On fera tout pour que le festival soit une réussite, les grenoblois sont là pour y contribuer.
    Serrez-vous la pogne, le festival a besoin de vous deux (entre autres 😉 )
    A+
    Icy

    Icy

    8 novembre 2006 at 23 h 28 mi


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