LeRomanais

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Le PLU romanais arrive

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Le quartier de la gare à Romans
Comme dans la plupart des communes de France, le Plan Local d’urbanisme (PLU) vient remplacer le Plan d’occupation des sols (POS). Ce changement est une étape importante du développement urbain, comme le souligne avec raison la dernière livraison de Romans Mag. Le PLU fixe les orientations d’aménagement et les nouvelles règles de construction. Il est le moment, pour les propriétaires et les résidents, de faire entendre leurs voix : car c’est le moment où toutes les règles d’urbanisme de la hauteur des murs de clôtures à la surface habitable constructible (par rapport à la surface du terrain), en passant par le nombre et à la taille des parkings par habitation… peuvent être discutées. C’est souvent également un moment où le zonage urbain et les règles de construction qui lui sont attachées est redessiné. Bref, c’est le moment où, les citoyens d’un quartier peuvent réellement influer sur les règles d’urbanisme qui le caractérise, alors que la plupart du temps on nous répond qu’on ne peut pas changer les règles.


Pour autant, ne rêvons pas, sous couvert d’un discours de spécialistes et de nombreux experts, les citoyens sont assez peu à la fête lors des PLU. Or, ce devrait être l’occasion d’une réelle mobilisation citoyenne. Les règles d’urbanismes, les contraintes qui vont peser sur chacun d’entre nous se redéfinissent à ce moment là. Ce serait l’occasion vraiment pour exposer, pour chaque quartier, ce qui est à discuter, concrètement par rapport aux gens qui l’habitent. Ce n’est hélas jamais le cas et les rares alcartades qui ont lieu sont celles qui écharpent promoteurs ou gros propriétaires fonciers avec des aménageurs qui ont souvent déjà tout décidé.

Le premier document élaboré, le diagnostic territorial (tient, l’article ne nous dit même pas quel agence l’a réalisé, c’est pourtant toujours instructif comme information : apprenez donc qu’il est le fait de Citadia Conseil et d’Exalta) est souvent un document très général qui pointe les forces et faiblesses du territoires [comme d’habitude, le document n’est pas en ligne, des fois que des Romanais aient envie de le lire… oui oui. Il est disponible à la mairie pour ceux qui ont le temps de s’y rendre.]. Néanmoins, il dessine déjà les orientations qui, bien souvent, vont être prises – et oui, dans ces consultations publiques, il n’y a pas plusieurs avis qui sont demandés. Celui qui emporte le marché a parlé… et bien souvent, les élus suivent.


Après avoir abordé la situation géographique, le document fait, si l’on en croit Romans mag, un point de l’évolution démographique de Romans : « Si la population tend à se stabiliser, on observe un vieillissement et une fuite des jeunes ménages vers d’autres agglomérations. La politique de construction est dynamique, mais les produits proposés sont mal adaptés aux besoins, et la vacance, encore très forte dans le parc de logement, pénalise du coup l’offre en logements disponibles sur le territoire. » L’état des lieux se poursuit par une typologie du bâti qui visiblement souligne des bâtis hétérogènes selon les quartiers, un contraste prononcé entre Est et Ouest, des entrées de ville peu valorisées (ça veut déjà certainement dire qu’on va y travailler), un développement en tâche d’huile qui menace la plaine agricole (ce qui signifit déjà que le PLU va essayer de limiter l’extension géographique de Romans ? Est-ce la fin des nouveaux quartiers pavillonnaires qui depuis quelques années se bousculent aux limites de la ville ?). Sans compter les nouvelles opérations immobilières concernant l’habitat et les commerces.

Le quartier de la Monnaie et la cité Jules Nadi à Romans
Au final, le document semble déjà pointer quelques grands axes d’orientation : rééquilibrer le développement Est Ouest (tant économique que vis-à-vis de l’habitat : on a hâte de voir ce qui va être proposé, les maisons de l’Ouest romanais vont continuer à prendre la valeur, j’en ai peur…) ; limiter l’étalement urbain par la reconversion des friches industrielles et la requalification des quartiers pavillonnaires (les règles d’urbanisme devraient donc y changer, les immeubles denses devraient continuer à se multiplier sur les friches industrielles et la densité de l’habitat être resserré sur les quartiers pavillonnaires de la première périphérie) ; poursuivre la requalification du centre ancien et mieux prendre en compte l’attractivité récente de la ville (ce qui signifie certainement une augmentation des contraintes urbanistiques pour le centre déjà fortes du fait de la nécessaire autorisation des monuments historiques).

J’ai l’air critique. Mais c’est peut-être bien ce qu’il faut faire, je ne sais pas. J’ai tendance à penser que les règles urbanistiques ne laissent pas assez de place à la diversité privilégiant l’homogénéité et bien souvent les erreurs. La pôlarisation par quartier homogène est une invention d’urbaniste. Les colonies de petites maisons, construites en bataillon de lotissement sont pour moi une erreur manifeste. La diversité du bâti, à l’intérieur même des quartiers, est quelque chose de très important qu’on ne privilégie plus assez et que ces règles contraignantes ont tendance à vouloir faire disparaître pour imposer des zonages massifs. Comment influer positivement, sans détruire non plus leur spécificités, sur le zonage Est-Ouest romanais ? Va-t-on essayer de construire des beaux quartiers à l’Est et des usines à l’Ouest ? Est-ce vraiment une solution pertinente ? La mixité sociale ne doit-elle pas se travailler d’une manière plus fine ?

Le quartier Jaurès et la place de la gare à Roman
Souhaitons surtout que ce passage du POS au PLU ne soit pas l’occasion d’une multiplication des règles d’urbanisme comme c’en est trop souvent le cas. La complexification des règles sont souvent le plus visible résultat de ces consultations et expertises, là où la simplification devrait être de mise. Là où il n’y avait qu’une poignée de règles différentes entre les zones, on se retrouve bien souvent avec une dizaine ou une vingtaine de règles différentes, faisant la joie et le bonheur des cabinets d’experts plus que celle des citoyens. Un PLU devrait rester compréhensible pour un administré lambda. Espérons que nous élus n’oublierons pas cela…

Bon, il y avait une réunion publique le 28 mars dernier paraît-il mais je n’avais pas vu passer ça. C’était organisé en catimini non ? Remarquez, j’aurais pas pu venir… Souhaitons que les prochaines réunions soient mieux annoncées et surtout que les documents soient plus accessibles. Mais j’ai bien peur que ce soit là un voeu pieu. Souhaitons qu’un jour, l’un des nombreux élus qui vient lire ces pages réagissent positivement et pèse de leur poids pour rendre à ces documents la transparence qu’ils devraient avoir. Un simple .pdf ferait le bonheur de bien des internautes romanais. Est-ce un sujet si sensible qu’il faille qu’il soit si bien protégé des citoyens ?

En attendant, la procédure est lancée. Alors je le rappelle encore une fois, c’est dès à présent qu’il faut intervenir… avant la validation du Projet d’Aménagement et Développement Durable (PADD), qui selon le planning doit avoir lieu en septembre. C’est donc d’ici juillet que les Romanais doivent donner de la voix. Ensuite, les décisions seront figées et l’essentiel de la procédure ne fait plus que valider les premières options approuvées.

A bon entendeur…

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Written by leromanais

18 avril 2006 à 17 h 53 mi

Publié dans Actualité

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