LeRomanais

Agir local, penser global. L’internet local à Romans-sur-Isère et ses environs (Drôme).

Bienvenue à Romans-sur-Isère

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Mercredi 7 décembre, j’ai déjeuné avec Jean-Marie Chausson conseiller municipal Vert qui vient de se faire confier la responsabilité des nouvelles technologies, Jean-David Abel, 3e adjoint délégué à l’environnement et Emmanuel Dubreucq, responsable de la communication de la ville de Romans.

C’est moi qui ait demandé à ce que Jean-David – que j’ai le plaisir de connaître un petit peu – organise ce déjeuner. Mon objectif était d’attirer l’attention du chargé de communication de la Ville sur l’importance (toute relative, je vous l’accorde) du phénomène des blogs à Romans et voir s’il était possible pour la Ville de l’accompagner un peu mieux (en signalant mieux les formations existantes et en encourageant les associations à se mettre à ces outils plutôt que de voir le site de la ville proposer des outils que tout le monde aura du mal à habiter et à assumer, comme elle le projette).

Toutes les communes de France n’ont pas la chance d’avoir une communauté électronique qui se met en place localement : avec des blogs locaux associatifs, citoyens. Au jour d’aujourd’hui, la communauté électronique romanaise est certes balbutiante, elle n’en est pas moins reconnue et observée. Les villes où il se passe quelque chose sur l’internet localement sont encore assez rares. Dans ce petit concert (où émergent Brest et Puteaux, pour des raisons radicalement différentes), Romans aurait une carte à jouer me semble-t-il, si elle prenait le choix de miser sur ce développement, de l’encourager, plutôt que de faire comme si il n’existait pas.

Mon objectif était donc assez simple : demander à la ville d’encourager cette appropriation locale, par des actions simples : signaler les formations existantes (Accès, maison de quartier, Espaces multimédias, etc.) et en encourageant les associations locales à utiliser ces outils (plutôt que de développer des outils qui vont générer des coûts de traitement élevés pour la Ville).

Emmanuel Dubreucq avait à mon égard un peu de ressentiment. Je vous résume ses 2 principales critiques :

– Que mon slogan « agir local, penser global » ne voulait rien dire Pour lui, je n’ai aucune action à Romans et je ne pense pas autrement que subjectivement.

Comme j’ai essayé de le lui expliquer, il me semble important de souligner que j’ai une action à Romans, certes pas sur des terrains d’action traditionnels. Modestement, j’essaye d’amener et d’accompagner l’usage de l’internet localement. Les formations, le temps que je passe à bloguer, à expliquer, à aider certains à monter leur blogs est une action concrète dont le but est de permettre aux acteurs locaux d’être autonomes. Penser global, car mon but est d’amener localement le meilleur de ce qui se fait globalement en matière de nouvelle technologies. Le moteur de recherche local (qu’avec l’aide de Lionel et Jean-Yves notamment, on va essayer d’améliorer) en est un bon exemple. Et aussi, parce que mon blog se veut le reflet de tout ce qui se passe localement sur l’internet romanais, en dépassant – un peu – les clivages, même si ma subjectivité reste de mise.

– Je ne peux pas être un partenaire parce que je suis critique.

Mes critiques sont pourtant bien tendres et – je l’espère – toujours constructives (c’est-à-dire que j’essaye qu’elles proposent toujours une solution ou une évolution). Je comprends tout à fait que ce ne soit pas agréable de s’entendre dire « ce mois-ci ton magazine n’est pas formidable coco » : mais, je pense que cela ne fait que souligner des accidents qui nous arrivent à tous et dont, j’en suis sûr, ils sont les premiers conscients. Et puis, si les encouragements font du bien, la critique permet toujours de se remettre un peu en cause et d’avancer. En tout cas, qu’on se comprenne bien, je n’attends pas de reconnaissance personnelle de la ville de Romans (je n’en ai cure), je voudrais juste que le mouvement vers les blogs soit encouragé, parce qu’il me semble pouvoir être un atout pour cette ville qui en manque. Il ne me semble pas qu’on puisse construire quoi que ce soit avec des gens qui ne sont pas un minimum lucides donc critiques. Visiblement, c’est aussi là dessus qu’à achoppé l’appropriation associative du dernier forum : la ville refusant finalement qu’il y ait un débat associatif monté par des associations, qui puisse donner une image de la ville qu’elle ne maîtrise pas. En tout cas, critique, Emmanuel l’a été particulièrement, ce n’est pas pour autant que je n’ai pas envie de mettre quelques-unes de mes compétences à sa disposition s’il juge en avoir besoin.

J’espère malgré ces quelques divergences de point de vue que nous arriverons à travailler un peu mieux ensemble (et même à tenter quelques expériences, comme des interviews vidéos). Mon but étant d’aider les uns et les autres à utiliser l’internet au mieux de leurs besoins et de montrer qu’il est un outil formidable qui peut répondre à bien des besoins pour autant qu’on prenne le temps de se l’approprier un peu (et ce temps est de plus en plus court). Si chacun se responsabilise sur l’internet, tout le monde y gagne. Et surtout, ça permet à la Ville de se concentrer sur les passerelles, sur le développement d’outils pour optimiser le tout, comme le moteur de l’internet romanais ou le Fil RSS d’affichage des contenus (dont je vous parlerais prochainement).

J’espère que la Ville prendra mieux la mesure de ce que ce mouvement pourrait apporter à son image (Romans, fière de son passé démocratique, aurait là les moyens de redorer un peu son image en l’associant à l’image progressiste des nouvelles technologies, plutôt qu’à celle un peu écornée de la crise de l’industrie de la chaussure). J’espère qu’Emmanuel et Jean-Marie auront compris qu’on a tous à y gagner en responsabilisant les gens de leur communication plutôt qu’à les assister – tout en s’ajoutant un travail que la Ville n’a pas forcément à faire. Sans compter qu’en évoquant cette assistance, la Ville se projette déjà dans des problématiques de censure et de chartes, toujours difficile à mettre en place et qui risque surtout d’ajouter des critiques plutôt que de faciliter les initiatives.

Aujourd’hui, pourtant, il est très facile à une association, même sportive, de confier à l’un de ses adhérents la mise à jour d’un blog (je suis sûr que dans l’équipe locale de rugby, de foot ou de basket, on trouvera un petit jeune pour s’occuper du site, mettre à jour résultats, photos et vidéos) et mettre en place une passerelle pour publier directement par e-mail (comme ça existe déjà sur la plupart des plateformes de blogs) pour que le Président du club, qui peut être mal à l’aise avec ce type d’outil, puisse poster des informations facilement. Ca me semble quoiqu’il en soit la seule finalité intéressante. Amener les acteurs locaux à être responsables de leur communication. Leur permettre de prendre la parole, sur les sujets qui sont les leurs.

Bref, j’espère qu’Emmanuel va se mettre surtout à regarder ça, ça ou ça… plutôt que les critiques de Romans Mag. Ce sont ces actions là qui ont aujourd’hui une visibilité qui font qu’elles sont reprises dans Libération, Le Monde, les sites internet de France 2 et France 3, etc.

______
PS 1 : j’espère que ce billet ne sera pas mal interprété. Je l’ai fait dans une volonté de transparence qui est pour moi importante. Je pense qu’elle est importante dans le phénomène qui nous intéresse aujourd’hui, de l’expression citoyenne d’internautes. Et surtout parce que je crois et j’espère qu’il y aura toujours plus de blogs romanais, donnant une autre image, un autre visage à notre ville.

PS 2 : Emmanuel m’expliquait la Ville refuse systématiquement de répondre aux tribunes publiées parfois dans la presse locale (contrairement à Bourg-de-Péage 🙂 ). Ca peut se défendre afin de couper court aux polémiques, mais c’est une conception que j’ai bien du mal à comprendre pour ma part, parce que ne pas répondre c’est laisser à tous (lecteurs comme promoteurs de ces réponses), la possibilité de croire des choses fausses. C’est bien d’ailleurs le contraire que nous dit le mouvement de fond du journalisme citoyen et des blogs : les gens veulent des réponses individualisées. Comme le souligne les théories et pratiques politiques de la délibération (que la Ville connaît bien dans les réunions publiques), ce n’est qu’en répondant que les débats progressent, que les idées s’enracinent, que les contre-exemples prennent du poids Encore une fois, on fait bien plus progresser ses idées en les discutant, qu’en laissant les autres dire des âneries. Non ?

PS 3 : J’ai tout de même appris une chose : Tout opérateur et tout débit confondus, 1 romanais sur 5 à l’accès à l’internet. Je suis preneur de chiffres plus précis Emmanuel.

PS 4 : La Ville de Romans prépare une distribution de CD d’outils bureautiques libres. Nous vous tiendrons au courant de cette initiative, qui me paraît excellente (ça va donner du travail aux animateurs multimédias).

PS 5 : Emmanuel connaît très bien tous les blogs romanais, jusqu’aux commentaires qu’on peut laisser un peu partout. Je précise cela à titre d’information pour les autres blogueurs locaux qui se posent souvent des questions sur leur écoute. Comme dirait un autre : continuer à égrainer vos messages, ils arrivent !

PS 6 : Après la Sauvegarde du patrimoine, Emmanuel m’a enfin autorisé à reprendre le contenu de la page histoire de Romans pour alimenter l’encyclopédie libre Wikipédia. Je vous tiens au courant de sa mise à jour, faut juste que je trouve un peu de temps (et vous avez du voir que j’étais un peu charette ces derniers temps).

PS 7 : Excusez ce titre piteux, il n’a pas d’autre fonction que de faire grimper mon référencement dans les moteurs de recherche. 🙂

PS 8 : Faut que j’arrête d’être aussi long surtout après être resté silencieux trop longtemps (désolé, beaucoup de boulot).

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Written by leromanais

21 décembre 2005 à 12 h 36 mi

4 Réponses

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  1. Quand le romanais a fini d’hiberner, ça déménage. Cependant, l’attitude de la ville, dans cet entretien, laisse transparaître un positionnement politique que l’on a remarqué par ailleurs : un dénigrement des propositions lorsqu’elles viennent d’autres
    un refus des critiques, ce refus allant souvent jusqu’à de la vexation lorsqu’elles sont appuyées.

    FR

    21 décembre 2005 at 17 h 14 mi

  2. Je n’ai pas discuté avec la Ville, mais surtout avec son chargé de communication ce qui signifie que ça ne me semble pas être un positionnement politique de la Ville en tant que tel.

    Et je reconnais qu’Emmanuel pouvait être énervé et qu’il avait besoin de me le dire. J’espère maintenant que, ceci dit, ce sera l’occasion d’avancer.

    hubert

    21 décembre 2005 at 18 h 12 mi

  3. Dans responsable de la communication il y a communication, qui n’inclus apparemment pas la réception des messages mais seulement l’émission, ils n’avaient plus assez d’argent pour se payer des écouteurs à la mairie? De plus le concept de feedback a déjà un bon demi-siècle d’existance, il serait temps que la ville s’y mette, ça mettrai un peu de cyber dans Romans.

    FranckL

    22 décembre 2005 at 12 h 11 mi

  4. Lorsqu’on a connu une autre ville comme par exemple une des villes du pays basque, il est très difficil de revenir à romans et surtout de supporter sa population…
    En effet quand on traverse la ville en voiture, il reigne une certaine tension et un climat très désagréable dû à ces groupes qui traînent à ne rien faire toute la journée sur les trottoirs et aux terrasses des cafés.
    Ces gens là font ressentir à ceux qui ont fait leur vie à romans et qui  ont décidés de partir, un sentiment de malaise qui n’est cependant pas tolérable.
    Dans ce commentaire, je vise une population particulière qui se reconnaîtra et que d’autres lecteurs sauront très bien ciblée.
    Une société multi-culturelle, oui!….mais que tout le monde tire dans le même sens pour atteindre des objectifs communs à tous les habitants de la ville.
    Afin de parvenir à ces objectifs, peut être qu’une politique un peu plus cohercitive serait appropriée.
    Je vous remercie de l’attention que vous venez de porter à ce mail, et apprécierai, si vous en exprimez l’envie, un commentaire de votre part, que vous partagiez ou non mon point de vue.
    Merci

    Ps: discutons en afin d’améliorer la situation.

    Ah bon, parce que vous supportez les Basques vous ?… Trève de plaisanterie, car j’ai bien peur que vous ne l’appréciez peu. Vivian, on aura compris ou nous enmène votre commentaire. Regarder le monde depuis derrière les vitres de sa voiture est une conception particulière de la façon dont on souhaite y vivre. Ce n’est pas la mienne. Et la seule solution, à mon avis, est de faire sortir les gens comme vous de leur voiture qui nous conduit droit dans le mur… d’une manière coercitive peut-être. – Hubert

    vivian

    8 septembre 2006 at 13 h 50 mi


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