LeRomanais

Agir local, penser global. L’internet local à Romans-sur-Isère et ses environs (Drôme).

Romans magazine, novembre 2005

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La couverture de Romans magazine de novembreA l’image de sa couverture, voilà un bien piètre numéro de Romans Mag. Pour nous réconforter et nous remettre du baume au cœur après la débacle de Kélian et Jourdan, le dossier de ce numéro essaye de faire le tour des atouts économiques romanais. L’occasion d’égrainer bien des poncifs, et de constater, combien, de numéros en numéros, cette image de Romans tourne en rond.

L’un des premiers atout mis en avant est l’emplacement géographique de Romans, forcément au centre de tout, puisqu’à la croisée de tous les chemins. Pourtant, notre force principale dans ce pays toujours centralisé, n’est pas tant d’être entre Grenoble et Lyon, engorgées et donc toujours plus éloignées, que d’être à 2 heures de Paris. Or Paris n’est pas même cité dans cet argumentaire. Quand à la relance de l’aéroport Valence-Chabeuil avec l’exploitation de la ligne par une compagnie Low Cost, comme défendu par l’Association pour la sauvegarde de l’aérodrome de Valence-Chabeuil, il faudrait peut-être mieux miser sur le fait que nous sommes à un quart d’heure de Satolas Saint-Exupéry, un aéroport international, qui, si nous étions doté d’une desserte plus régulière, mettrait l’Europe aux portes de Romans. Encore une fois, le constat géographique que font les élus ne me semble pas le bon. Romans aurait plus a gagné à se présenter comme une banlieue parisienne au cadre de vie exceptionnelle, que comme un rond point entre Lyon et Grenoble.

Parmi les pièces du puzzle qu’assemble la communication municipale, il y a encore les autres industries porteuses : agroalimentaire, nucléaire, plasturgie, bâtiment et bois, une litanie dont les exemples manquent pourtant de renouveau. On voudrait bien voir arriver de nouvelles entreprises dans ces secteurs dits porteurs. Quand est-ce que Romans se mettra à miser sur les services et les petites entreprises, premiers employeurs locaux ?

Le dossier met en avant la locomotive commerciale de Marques Avenues, qui est, je pense un succès, à tout le moins au-delà de Romans, et qui attire de nombreux visiteurs pensant profiter là de prix exceptionnels sur des articles de marque – bof, payer moins cher des articles invendus depuis quelques saisons, pour notre part, on a arrêter de fréquenter l’endroit. Même si sa force et sa faiblesse est d’être commercialement isolé des grands centres commerciaux valentinois. La vente de la galerie Fanal en centre ville à Alain Salzman, le promotteur de Marques Avenues (pour 414 000 euros, auquel il faut ajouter les 195 000 euros des Halles qui sont au rez-de-chaussée du même bâtiment) va certainement accentuer le côté « ville commerciale » agréable de Romans. Reste à réussir l’équation du transport entre le haut de la ville et le bas et à ouvrir des parkings pour se rendre aux commerces du centre ville qui deviennent inatteignables.

Tout en la dénonçant, le dossier revient sur le fait que, malgré la crise, Romans reste la capitale de la chaussure de luxe, alors qu’elle s’émiette de toute part. Romans continue à s’accrocher à son slogan comme si c’était sa seule bouée de communication. Or, quand vous parlez de la chaussure à l’extérieur, la première image qui en ressort est négative, car elle est associée à la crise que le secteur ne cesse de traverser. L’équation est simple : Romans = chaussure. La chaussure va mal. Donc, Romans va mal. On ne sortira pas de cette spirale sans vouloir construire une nouvelle image pour notre ville.

Toujours dans le dossier qui prend des accents lyriques : « Lorsque l’on demande à un nouvel arrivant ce qui l’a poussé à venir s’installer ici, la réponse, dans la majorité des cas, est sans hésiter le cadre de vie ». Excusez-moi, mais quand on s’installe quelque part, on connaît mal le cadre de vie. Les romanais ne sont pas particulièrement conviviaux. Et la qualité de vie, on la découvre surtout en explorant la région. La raison majeure qui fait exploser l’arrivée de nouveaux romanais, n’est pas le fait d’être à côté du Vercors ou à deux pas de l’Ardèche, mais bien d’être à un Carrefour économique qui permet d’être relié facilement à des grands centres urbains pour appuyer le développement de son activité.

Parmis les projets prometteurs, le magazine municipal axe encore ses espoirs sur Rovaltain, si « long à mûrir », et les 8,53 millions d’euros promis pour le contrat de site du bassin Romanais. Au final, le dossier donne plutôt l’impression que Romans cherche désespérément ses atouts et rabâche les mêmes arguments un peu éculés.

*

Le magazine consacre aussi une double page, plutôt lyrique, aux marchés romanais, sans vraiment mettre l’accent sur leurs diversités me semble-t-il : le marché du quartier de la Monnaie – qui est le seul événement à attirer les habitants de Romans dans ce quartier – est certainement l’un des moins cher de la Drôme, tout le contraire du marché du centre ville du dimanche matin qui est plutôt rédhibitoire pour le portefeuille. La CCPR a fait réalisé une enquête par Aid Observatoire, qui remarque qu’un tiers de la clientèle réside hors de Romans, et que la ville offre 400 emplacements ce qui semble relativement important par rapport à d’autres villes de taille similaire. Intéressant ?…
Mais non, l’étude que nous payons avec nos impôts locaux n’est pas disponible sur le site de la CCPR.

*

Au chapitre vie sociale, le magazine revient sur le projet de développement social sur le quartier de la Monnaie et notamment sur la réorganisation en cours des structures du quartier. Le discours d’Eric Le Marec est clair : « Le diagnostic pointe un empilage des structures et des actions, note un déficit de pilotage et met en évidence une insuffisance des actions et des dispositifs en direction des ados et des jeunes adultes, de la famille et des jeunes femmes ». Pour autant, le projet avance toujours à couvert. Le projet municipal est visiblement de redistribuer les cartes sur la Monnaie, de mettre fin à des actions dont les résultats ont visiblement été jugé insuffisants par l’équipe municipale pour mettre en place une structure qui soit mieux reliée aux habitants. L’idée est certainement d’implanter une maison de quartier pour piloter et centraliser les actions sociales, parce que le modèle semble concluant sur d’autres quartiers de Romans.

Au chapitre vie sociale encore, un bel article sur les Restos du Cœur qui s’apprêtent à rouvrir dès le 5 décembre. En 2004/2005, le centre de Romans est venu en aide à 433 familles, soit un millier de personnes.

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Une pleine page pour le premier roman de Jessica L. Nelson. Il y a des chroniqueuses télé qui savent y faire… Tous les futurs auteurs de premiers romans romanais seront-ils traités sur le même pied d’égalité ?

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Que faire du bâtiment de la Banque de France ? Comme la ville semble se poser la question, je vous propose de déposer vos suggestions en commentaire, nous en ferons un petit sondage dans les jours qui viennent pour l’aider à y voir clair sur comment employer ce superbe bâtiment situé en plein centre ville (racheté 600 000 euros par la ville). Visiblement, la ville souhaite ouvrir le parc au public et utiliser le bâtiment pour y rapatrier des services municipaux éparpillés.

Pour ma part, plutôt qu’un parc public qui sera vite dans l’état d’abandon dans lequel on trouve les autres, j’y verrais bien un jardin pour les enfants du quartier : avec un espace jeu, un espace jardin potager et une grande pelouse pour y courir l’été. Un projet qui pourrait être associé à la maison de quartier Saint-Nicolas… Qu’en pense Francis Maquin ? Faites des suggestions !

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Written by leromanais

25 novembre 2005 à 11 h 46 mi

Publié dans Actualité, Réflexion

14 Réponses

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  1. Des appartements pour les sans abris et les mal logés de Romans ! J’ai dit une bêtise ?

    Jean-Yves

    25 novembre 2005 at 14 h 40 mi

  2. Pour le parc de la banque de france je vois mal comment il pourrait rester fermer au public sachant qu’il est entré dans le patrimoine municipal. Si celui ci a pour destinée de devenir public, il faut s’en donner les moyens, en cela je rejoints les critiques soulevées par l’article du Romanais. J’ai proposé, par l’intermédiaire de Christiane Laffond, que soit interpellés les habitants, par le biais d’un collectif, comme il en a été fait pour la place Maurice Faure. PLacé en centre ville,il est peu envisageable qu’il soit uniquement destiné aux enfants du dit centre. Le souci d’amménagement ne concerne pas que ce parc, il a la restauration du dernier lavoir romanais jouxtant la MdQ St Nicolas, la sécurisation de la rue St Nicolas de la rue Pêcherie etc..Je propose donc qu’un collectif d’habitants s’empare de ces questions, de faire des suggestions à la ville et d’en accompagner les réalisations retenues.
    Francis Maquin

    Maquin Francis

    29 novembre 2005 at 10 h 00 mi

  3. Je suis assez d’accord pour dire que les habitants doivent être les premiers acteurs du développement et de l’aménagement de leur quartier. Mais cela ne peut pas se faire par l’exclusion des autres romanais, Francis. Leurs suggestions ne sont pas à rapporter seulement à la ville, mais aussi à tous les romanais.

    Ceci dit, mon soucis est de dire qu’il faudrait tenter l’expérience de ne pas en faire un parc comme les autres. C’est en cela que j’imaginais qu’il puisse devenir un jardin un peu différent qui implique mieux les enfants et les habitants. Si la terrasse de la maison de quartier était les pieds dans l’herbe, ça serait pas mal aussi, non ?

    Mais si c’est pour en faire un parc comme celui qui est au-dessus de la mairie, réservé aux crottes de chiens et aux détritus, cela n’a pas beaucoup d’intérêt.

    En attendant, les propositions sont toujours les bienvenues.

    hubert

    29 novembre 2005 at 15 h 00 mi

  4. J’ai l’impression que mon idée de logements sociaux n’attire pas les foules !

    Je vais mettre tout le d’accord : on fait des logements sociaux ET un jardin. Comme ça, les enfants des familles hebergées ont un jardin à eux, comme les autres. Bonne idée, non ?

    Hubert, tu parles d’un jardin qui implique mieux les habitants ; mais tous les jardins publics impliquent les habitants ; c’est pour ça qu’on les appelle « publics ».

    Un jardin devient TOUJOURS ce que les habitants ont voulu qu’il devienne : celui-ci, pour les merdes de chiens et celui-là, reste propre pour les enfants.

    Et c’est partout pareil.

    Jean-Yves

    30 novembre 2005 at 14 h 00 mi

  5. Pas complétement d’accord Jean-Yves. Un jardin public dont la gestion est en partie confié à un collectif d’habitant n’a pas la même vocation qu’un parc mitoyen : dans lequel je n’ai pas le droit de planter une fleur.

    Mon idée n’est pas de proposer un parc ouvert à tout vent, au contraire. Les entrées, les accès dépendraient d’une ou plusieurs structures afin de mieux responsabiliser ceux qui y auraient accès.

    Quant à ton idée, je suis désolé que LeRomanais n’ait pas les 25 commentaires quotidien que son flot de visiteur devrait l’autoriser.

    hubert

    30 novembre 2005 at 14 h 23 mi

  6. Et qui sont « ceux qui y auraient accès » ? Quels seraient les critères de tri et de droit d’entrée ? Souhaites-tu un jardin réservé aux enfants des familles aisées du centre-ville ? Une sorte de « jardin cadres-sup », comme il existe des « jardins ouvriers » à l’écart des centre-ville ?

    Jean-Yves

    30 novembre 2005 at 16 h 17 mi

  7. Décidémment, je dois avoir l’air d’un affreux bonhomme de droite aujourd’hui.

    Pourquoi donc proposerais-je d’en faire un jardin pour enfants de cadres supérieurs ?, je te le demande un peu. Les cadres supérieurs, comme tu dis, ont bien souvent de quoi acheter leurs jardins. Mais non, on ne demande pas la feuille d’imposition à l’entrée d’un jardin public, pas plus qu’on ne te la demande à l’entrée d’une bibliothèque.

    Le jardin est ouvert à tous, comme la terrasse de la maison de quartier. C’est un lieu où les mamans peuvent venir avec leurs enfants à la sortie de l’école, c’est un lieu où le mercredi, on peut venir jardiner avec le jardinier en chef, c’est un lieu de cours de jardinage le samedi matin avec l’université populaire… etc.

    Le jardin serait sous la responsabilité des parcs et jardins de la ville, de la maison de quartier et d’un collectif d’habitant pour le jardin (une association renouvelable). Les habitants et les structures pourraient faire des demandes pour l’utiliser (y donner et y recevoir des cours de jardinage le samedi matin par exemple, etc.).

    hubert

    30 novembre 2005 at 16 h 53 mi

  8. Pourquoi dis-tu que tu dois avoir l’air d’un affreux bonhomme de droite aujourd’hui ?

    Tu n’avais pas tout expliqué et maintenant que tu l’as fait, ton idée parait beaucoup plus sympathique. En tous cas, j’y adhère personnellement.

    Et le batiment ? Des logements sociaux ? (Le type qui insiste)…

    PS: On va y arriver aux 25 commentaires / jour, aujourd’hui 🙂

    Jean-Yves

    30 novembre 2005 at 17 h 12 mi

  9. Pour les logements sociaux, pourquoi pas, oui.

    J’espère encore que d’autres romanais feront des propositions…

    hubert

    30 novembre 2005 at 18 h 39 mi

  10. Chers amis, j’ai le regret de vous dire que ce débat tourne drôle. Premièrement si vous aviez visité la banque de france vous sauriez qu’il est impossible d’en faire des logement sociaux si ce n’est à un coût qui devient vite un autre sujet de polémique. Faisons en sorte déjà que l’office fasse son travail de bailleur social, il y a à ce sujet bien des critiques à émettre.
    Pour le parc, la question réelle reste le cadre de vie pour chacun. C’eszt à dire qu’il faut cesser d’amuser les habitants avec la gestion d’un par, il faut les impliquer dans une réflexion plus globale, plus politique. Nous habitants nous sommes toujours chargés de nous concertés sur la couleurs des pots de fleurs ou la forme des lampadaires. Les collectifs d’habitants que nous voulons f

    Maquin Francis

    1 décembre 2005 at 9 h 58 mi

  11. Suite à une interruption intempestive. Les collectifs que nous voulons faire vivre porte sur une réflexion globale d’amménagement, de sa

    Maquin Francis

    1 décembre 2005 at 10 h 00 mi

  12. Suite..interruption intempestive.
    Les collectifs d’habitants que nous voulons faire vivre doivent à terme être capables de s’investir dans les politiques locales: santé, culture éducation, urbanisme… Pour ce faire nous utilisons les aménagements, comme outils d’apprentissage. Il faut rompre avec la poltique des pots de fleurs, c’est-à-dire le questionnement minimaliste aux habitants. Les questions de fond seraient réservés aux élites. La démocratie locale exige une coconstruction, une coélaboration. En faisant une proposition de logement social dans labanque de France, nous ridiculisons notre position et fragilisons nos arguments. Notre rôle est le contrôle du logement social dont la réalisation, est de la mission de la représentation municipale.
    Il en va de même pour le parc. Nous nous interressons au parc parce qu’il existe à cet endroit. Nous devons, au travers des collectifs, faire en sorte que l’expertise citoyenne, celle menée par les habitants, soit toute aussi valide que celle des professionnels. Nous avons élu nos concitoyens, non pas pour qu’ils nous fassent un parc plus ou moins public, mais pour qu’ils tranchent, dans l’intérêt général, sur l’ensemble des propositions présentées.
    Ouvrir le débat sur le parc, c’est ouvrir sur la représentation du citoyen dans la démocratie participative. Il faut entendre toutes les propositrions, même celles qui peuvent paraître insolites. Si nous présentons autant de projets qu’il y a d’habitants, je vous laisse imaginer le résultat. Inscrivons la destinée de ce parc dans un schéma général d’aménagement du centre ville, ceci dans le cadre d’une concertation populaire. Ouverte bien entendu à tous les romanais, car dans notre démarche, nous avons toujours considéré que notre projet de quartier n’avait de sens que dans un projet de ville.

    Maquin Francis

    1 décembre 2005 at 10 h 40 mi

  13. Pour ma part, impliquer les habitants dans la gestion d’un jardin est une manière de les impliquer dans une réflexion plus globale et plus politique sur le rôle que tout un chacun a à jouer dans la cité.

    Comme vous lisez ce site, vous savez que je ne pense pas que les habitants doivent seulement se concerter pour décider de la couleur des pots de fleurs ou le sens de circulation d’une rue. Mon but est bien d’apporter, quelques questions de fonds au débat local.

    Là ou vous êtes un peu contradictoire Francis, c’est que vous dites d’un côté qu’il faut entendre toutes les propositions, même les plus insolites et de l’autre, vous refusez d’emblée celle de Jean-Yves d’en faire des logements sociaux.

    Abstenons-nous de juger trop vite – tout en apportant des arguments contradictoires qui sont dans ce cas intéressant. Je pense que nous en sommes seulement aux propositions, aux premières idées. C’est en les confrontant qu’elles se construisent.

    Encore une fois, j’invite tous les romanais à venir faire leurs propostions ici, publiquement, comme je suis sûr et certain qu’ils en feront aussi à la maison de quartier et ailleurs.

    hubert

    1 décembre 2005 at 13 h 09 mi

  14. je pense que l’aeroport de chabeuil est indispensable dans la region en effet plusieurs grandes societes desire s’installer dans le departement et voudrais avoir de petites compagnies a disposition

    redontjackie@yahoo.f

    24 mai 2007 at 17 h 42 mi


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