LeRomanais

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Le Forum des associations romanaises

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La salle du Forum, plongée dans le noir...Vendredi soir avait donc lieu le premier forum associatif romanais, salle Jean Vilar, en présence d’Henri Bertholet, maire de Romans, d’Eric Le Marec, 1er adjoint délégué à la sécurité, aux travaux, à la jeunesse et aux anciens combattants, et de Jean-Pierre Béraldin, adjoint délégué aux finances et aux marchés publics (ainsi que de nombreux autres élus romanais comme Jean-David Abel, Christiane Laffont, Gérard Willmann, Christiane Hennetin…). Etant arrivé avec un peu de retard, je ne vous retranscrirai pas toutes les annonces municipales, mais si l’un de vous était présent et veut compléter en commentaire ou sur son site, il est le bienvenue…

Le moral n’était pas au beau fixe. Même si les élus se sont félicités de la dynamique associative romanaise, le maire a surtout rappelé qu’elle coûtait chère à la ville, d’abord et avant tout, parce que la moitié du public de ces associations n’est pas romanais. Et de renvoyer encore le sempiternel message de Romans qui assume le budget d’une ville centre sans en avoir les recettes… D’ailleurs, l’essentiel du message de la municipalité était plus un avertissement aux restrictions budgétaires à venir, qu’un satisfecit de l’action accomplie.

De son côté, le public était plutôt avide d’éclaircissement sur le dédale des aides locales, départementales ou régionales dont il pouvait tirer parti. Pour beaucoup d’associations, la difficulté dans les rapports municipaux réside avant tout à trouver des compétences pour demander une subvention, un local, une aide ou plus prosaïquement la ligne budgétaire où faire entrer son activité…

Jean-Pierre Béraldin et le maire de RomansBeaucoup de questions ont ainsi portées sur les critères d’attributions des subventions ou des locaux et sur l’absence de plus en plus fréquente des élus aux conseils d’administration des associations. A 99 %, les associations romanaises ne payent pas de loyers dans les locaux municipaux qui les hébergent a rappelé le maire et si les services municipaux commencent à demander aux associations de participer à l’entretien des locaux, les obligations des associations en retour sont visiblement loin d’être exigeantes… Visiblement, s’il est toujours facile de trouver un bout de local même dans des bâtiments municipaux vétustes, il l’est moins de trouver des créneaux horaires dans une salle de sport que doivent se partager de nombreuses associations… Sur la question de la proximité des élus dans certains CA, Jean-David Abel a rappelé la nécessité d’autonomie des associations et que la ville ne pouvait être juge et parti.

La municipalité est restée vague sur les critères d’obtention de locaux comme de subventions, renvoyant les demandeurs vers son service vie associative chargé de gérer toutes les demandes : visiblement, cela dépend plus de relations, d’une ancienneté, d’une histoire que de critères précis et écrits. Le maire a reconnu d’ailleurs, qu’il avait entendu lors de cette soirée le besoin de clarté des représentants d’association sur les critères d’éligibilité aux subventions ou aux locaux et sur le besoin d’accompagnement pour les démarches de soutien. Espérons que des progrès seront faits…

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La salle du Forum...Le mot blog est apparu plusieurs fois au cours de la soirée, et c’est en soi un évément. D’abord, cela rappelle pour ceux qui en douteraient que des romanais les lisent. Ensuite que le phénomène local n’est pas invisible, même si pour l’instant tout le monde s’ingénie à ne pas en parler. En tout cas, s’il en était besoin, la soirée a été l’occasion, pour ceux qui en douteraient encore, de constater que les blogs romanais sont dans le scope de la majorité municipale (et pas que d’eux). L’absence de réponse de l’équipe municipale sur la plupart des débats qui y ont lieu n’en est que plus assourdissante :).

Jean-David Abel a rappelé que l’un des objectifs d’une municipalité envers des associations n’était peut-être pas que dans l’apport de soutiens financiers ou immobiliers. La mise en réseau, la formation et les blogs sont peut-être un moyen de densifier la vie locale associative, pour parvenir à faire mieux, mais pas nécessairement avec plus d’argent. Le besoin d’espace d’information sur le site municipal ou dans Romans magazine s’est fait entendre, même s’il n’y a visiblement pas conscensus entre l’autonomie associative locale que prônent certains et l’assistance municipale que semble plutôt défendre le cabinet du maire. J’espère qu’on aura l’occasion d’en reparler.

Hormis cette incartade, il a été peu question de fédération associative locale : si Francis Maquin, directeur de la Maison de quartier Saint-Nicolas a appelé à « faire ensemble », force est de constater que la soirée n’a pas donné l’impression qu’il y avait une volonté municipale ou associative pour cela. Hormis le tract distribué en sortie de Forum pour un appel à la création d’un collectif d’associations locales pour agir ensemble et se mettre en réseau (réunion le 10 novembre à la Boucherie Chevaline sur l’invitation des Maisons de quartier, de Romans d’amour, d’ASTIR, d’Aiire et de la MJC Robert Martin), les questions ont plus porté sur le nerf de la guerre (l’argent) que la mise en réseau de l’intelligence des acteurs. Dommage.

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Eric Le Marec, Jean-Pierre Béraldin et Henri BertholetIl a pourtant fallu attendre que Francis Maquin de la Maison de quartier Saint-Nicolas invite l’équipe de la MJC Monnaie à débattre, pour que le problème qui a cristallisé la semaine romanaise éclate un peu – bien modéremment, il faut le reconnaître. Néanmoins, cela a été l’occasion d’en comprendre plus sur les intentions municipales et les griefs de la MJC Monnaie. Si tout le monde semble d’accord pour lancer une réflexion pour la mise en place d’un projet global sur le quartier de la Monnaie, les participants ne sont visiblement pas d’accord encore sur les modalités. Tout semble être parti du retrait de la Caisse d’allocation familiale du Centre social, posant la question de trouver une solution sur l’accueil des petits au Centre de loisirs. Afin de trouver un réponse globale, la mairie a entamée une réflexion de fond sur l’animation sociale du quartier qui est une responsabilité de la ville a souligné l’équipe municipale. Visiblement, l’une des idées qui semble préoccuper l’équipe municipale est de développer une maison de quartier sur La Monnaie.
Eric Le Marec a pourtant rappelé, sèchement, que « le dialogue ne doit pas être confisqué par des poids lourds » et que les nouvelles associations et les habitants ont leur mot à dire dans le projet à venir.

Pour Patrice Sautreau, directeur de la MJC Monnaie, le projet ORU qui a commencé à bouleverser le quartier de la Monnaie, va modifier la géographie et la vie sociale du quartier. Si tout le monde est d’accord sur le besoin de réflexion, tout le monde ne l’est pas sur la municipalisation en cours. Si l’on en croit les informations dispensées, le directeur de la MJC Monnaie – et celui de la MJC Robert-Martin – sont sur la selette : ils ont appris par la fédération des MJC, que leur contrat ne serait pas renouvelé après 2006.

Henri Bertholet, maire de RomansJe ne sais pas si les intervenants se remettront à la table des négociations. Ce qui est sûr c’est que l’objectif municipal est encore bien flou et ambigü. Il n’est visiblement pas que question de répondre à quelques désirs simples (accueil des enfants, salles et animations pour les jeunes, sorties pour les mamans…), mais bien de structurer la responsabilité municipale, visiblement sous un format qui a fait ses preuves, celui des maisons de quartiers. Reste à savoir si l’action municipale veut construire quelque chose de toute pièce faisant table rase des actions passées. Dit autrement, que vient faire dans cette restructuration en discussion l’option avancée de supprimer les MJC Robert Martin et Monnaie ? Que leur rôle soit redistribué, leur financement, leur fonctionnement… on peut l’entendre. Mais leur suppression ? Envisager cette possibilité signifie certainement que l’équipe municipale a déjà fait des choix qu’elle ne nous dit pas…

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Au final, j’ai trouvé la soirée un peu décevante. Les gens ont plutôt fait montre que leurs préoccupations ne dépassait pas vraiment l’horizon de leurs petits budgets et du cercle relationnel qu’ils ont patiemment bâti jusque là. Il a certainement manqué quelque chose pour dépasser les constats. Le maire a renvoyé les 170 participants, dont la moyenne d’âge semblait plutôt se situer entre 50 et 60 ans, à un prochain salon des associations, l’année prochaine ou un prochain forum – pas avant deux ans, pour celui-ci, a-t-il laissé entendre.

La ville de Romans semble un peu enferré dans ses contradictions et n’arrive pas à dépasser ses objectifs, qui, comme ses moyens, sont tous revus à la baisse. Pourtant, ce n’est pas parce qu’on a des moyens en berne, que les objectifs ne doivent pas aller de l’avant. Pour dépasser la contradiction d’être une ville centre, Romans devrait co-organiser un prochain forum plus important, avec l’aide de la Communauté de commune du Pays de Romans, voir en partenariat avec celle du canton de Bourg-de-Péage. Ce pourrait être au moins une passerelle pour que les associations se rencontrent, se structurent, tissent des relations. Romans et les institutions locales partenaires pourraient même encourager financièrement les associations qui se fédèrent, qui se mettent en réseau (en demandant que ces mises en réseaux soient visibles, comme l’exige la ville de Brest qui demande que les associations subventionnées ouvrent une page internet pour dire à tous ce qu’elles font de l’argent public qui leur a été attribué). Inviter les associations à se regrouper, à travailler ensemble serait incontestablement bénéfique à tous : tant en terme d’économie que de force d’impact. Pourtant, c’est un peu le contraire. Aujourd’hui, ici comme ailleurs, il vaut mieux avoir 2 associations sur des sujets proches pour essayer d’obtenir deux fois une subvention que le contraire…

Voilà en tout cas des critères d’éligibilité aux subventions et à la mise à disposition de locaux qui pourraient être intéressants à proposer, non ?

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Written by leromanais

17 octobre 2005 à 22 h 25 mi

Publié dans Réflexion, Société

5 Réponses

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  1. Hubert,

    un grand merci pour ce commentaire pertinent et très intéressant de la soirée.
    Non pas que j’apprenne grand chose des uns et des autres, cela permet de se tenir à jour de l’avancé du débat associatif…
    J’ai l’envie d’en raconter plus mais le temps me manque… Peut-être à reprendre à mon retour.
    Encore merci pour cet oeil !
    Et j’ai bien aimé le flou de la mairie !! au propre et figuré !

    Romain

    18 octobre 2005 at 4 h 38 mi

  2. Comme tu vois, il avance à pas de souris. C’est souvent le cas quand il n’y a pas d’impulsion.

    Mais, j’espère que tu viendras nous en raconter plus à ton retour.

    On pense à toi.

    hubert

    18 octobre 2005 at 9 h 05 mi

  3. c’est vrai que cette soirée était un peu « molle » et qu’il n’y a pas eu de débat de fond , mais elle a eu le mérite d’exister et peut être donnera t elle envie aux uns et aux autres d’aller plus loin,
    sous forme d’ateliers ou de table ronde en plus petit groupe,autour d’un thème, ….suggestion parmi tant d’autre…

    martial gaffet

    22 octobre 2005 at 11 h 17 mi

  4. Oui, on peut dire ça Martial… Pour la suite, je pense que ce sera au moins le 10 novembre à la Boucherie, et je l’espère, sur l’internet.

    hubert

    25 octobre 2005 at 9 h 14 mi

  5. Comme beaucoup, j’ai trouvé cette soirée trés consensuelle. Comment se mettre en conflit avec une ville qui finance à ce point les associations? La preuve est faite que le nombre d’associations, n’est pas gage de démocratie et de débat populaire. Ce forum a eu le mérite d’exister, certes. Mais il a été surtout une occasion, pour la municipalité de faire valoir sa politique en la matière. Dans le contexte budgétaire d’aujourd’hui comment en pouvait-il en être autrement.
    Les associations doivent politiser le social et le culturel, c’est aujourd’hui pour le culturel, de la programmation et pour le social, la gestion de la pénurie.
    En ce qui concerne ma question sur les projets de la Monnaie, j’étais stupéfait de ne pas entendre la MJ monnaie, surtout aprés son article dans le journal.
    Il a existé, pour la Monnaie, la volonté de tous les acteurs de l’éducation populaire de travailler sur un projet de développement social, il serait interressant de poser la question à Patrice Sautreau du devenir de cette volonté ?
    Le « faire ensemble » dépend d’une volonté et d’une conscience politique. Il faut faire un choix: son intérêt ou l’intérêt général.
    Je vous laisse méditer cette phrase de Gandhi « tout ce que vous faites pour moi, sans moi, vous le faite contre moi »

    Francis Maquin

    Maquin Francis

    10 novembre 2005 at 10 h 01 mi


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