LeRomanais

Agir local, penser global. L’internet local à Romans-sur-Isère et ses environs (Drôme).

Bornes d’accès publiques fermées

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borne bruxelloise, si je ne me trompe
Vous connaissez certainement ces bornes d’information connectées à l’internet qu’on trouve de plus en plus dans les lieux publics (dans le métro à Paris par exemple, les Cyberkiosques satellitaires de La Poste et autres produits des sociétés Cityspace, Borne System ou CyberDeck par exemple).

Via @Brest, l’excellent magazine de Philippe Allard, E-administration.be relate dans sa dernière livraison l’implémentation de bornes i+ dans les espaces publics d’Ixelles en Région bruxelloise (j’en profite pour faire un appel pour réaction ?).

Le problème avec bien des bornes proposées aux collectivités et donc ensuite au public – sous couvert de réduction de la fracture numérique ou d’élargissement et d’ouverture de l’accès public -, tient qu’en fait, ces bornes ne proposent qu’un faux accès au web. La plupart des modules proposés – mais ce n’est pas le cas de tous, soulignons-le tout de même, il y a là un choix technique et politique – limitent l’accès à certains sites : en fait, les internautes qui utilisent ce type de bornes ne peuvent accéder qu’à des sites sélectionnés (par qui ? sur quel critères ? cela n’est jamais transparent !). La plupart du temps, l’internaute n’aura accès qu’à des sites officiels et établis (mais avec un maire Putoléen ou un maire à la tête d’une entreprise privée, on pourrait imaginer également que ce type de borne ne donne pas accès à la concurrence ou à beaucoup d’autres services). En fait d’information publique, on n’a accès qu’a la communication officielle locale. Les sites alternatifs, contestataires, citoyens ou de partis politiques locaux peuvent en être très facilement bannis – mais aussi les sites associatifs, les sites de commerçants ou d’entreprises privées – sauf si vous faites partis de l’union commerciale peut-être 😉 …

En fait, le problème ne repose pas tant sur le fait que certains sites ne soient pas accessibles – on pourrait comprendre qu’une municipalité par exemple souhaite légitimement y défendre son point de vue et ne pas exposer l’avis des autres. Mais, ces raisons là, ne sont jamais avancées d’une manière transparentes. Les raisons de la censure, les motivations des choix restent opaques pour le citoyen. Mais surtout, quelle conception de l’internet se cache derrière cette conception technique ? Plutôt que d’être dans une vision ouverte de l’internet, on est encore dans une vision fermée de celui-ci : on établi des jardins clos (comme on dit en jargon technique) qui sont l’inverse de l’essence du net.

En tout cas, plutôt que de parler de bornes d’information publique, ne devrait-on pas plutôt les appeler les bornes de propagande municipale – mais cela devrait être imputé alors au budget communication de la ville 😉 ? En tout cas, je ne pense qu’on puisse développer les usages – même pour permettre l’accès à des populations éloignées (et je doute fortement que ces bornes répondent à ce type de besoin) – avec de tels systèmes qui ne montrent qu’un bout de l’internet.

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Written by leromanais

9 juin 2004 à 8 h 56 mi

Publié dans Internet, Réflexion

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